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En savoir plus : Les conséquences de cette réforme sur les enseignements artistiques

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Montreuil, France

Feb 14, 2019 — 

 
Les conséquences de cette réforme sur les enseignements artistiques

 
 La réforme du lycée et du baccalauréat, décidée sans aucune concertation et imposée dans la précipitation, suscite une opposition générale car :

  • elle met fin au diplôme national, de même valeur pour tous ;
  • elle dégrade les conditions d’étude en augmentant le nombre d’élèves par classe et en diminuant les moyens permettant les dédoublements d’effectifs ;
  • alors qu’on prétend offrir plus de choix aux élèves, on restreint leur choix et on appauvrit de fait leur formation.

En particulier, cette réforme, telle qu’elle est prévue pour la rentrée 2019, altère et menace de disparition les enseignements artistiques (thÉÂtre, danse, cinÉma-audiovisuel, musique, arts plastiques, histoire des arts et arts du cirque) pour les raisons suivantes :

1/ Contrairement à ce qui est annoncé, cette réforme restreint le choix des élèves :

  • Choix réduit à une seule option facultative en Seconde, contre deux possibles jusqu’à présent.
  • Obligation pour les élèves d’abandonner une spécialité en Terminale et d’amputer ainsi une part importante de leur choix. La réforme encourage les élèves à abandonner leurs pratiques artistiques au profit de matière dites « utiles » pour le processus d’orientation. Que signifie une « spécialité » étudiée pendant la seule année de première ?
  • Certains recteurs d’académie ont déjà décidé qu’aucune dérogation ne serait plus accordée, interdisant ainsi aux élèves de s’inscrire dans un autre lycée que celui de leur secteur pour y suivre un enseignement de spécialité de leur choix.
  • Les lycées seront contraints de regrouper au maximum les élèves et donc de supprimer certaines spécialités, limitant là encore les élèves dans leur choix. Les recteurs risquent d’exiger des seuils pour ouvrir les enseignements de spécialité.

 

2/ Le financement des heures d’enseignement artistique n’est plus assuré :

  • Actuellement, les interventions artistiques en options facultatives sont financées par le Rectorat et le ministère de la Culture. Avec la réforme, les lycées risquent de devoir financer ces interventions alors qu’ils financent déjà les heures des professeurs avec une marge d’autonomie insuffisante déjà consacrée aux dédoublements, à l’accompagnement personnalisé, et au soutien… Sans texte prescriptif, les chefs d’établissements pourront supprimer les options artistiques ou les réduire à une peau de chagrin. D’ailleurs, la fermeture de nombreuses options facultatives a déjà été annoncée pour la rentrée prochaine !
  • Jusqu’à présent, ces spécialités artistiques étaient entérinées par une commission interministérielle (Éducation - Culture) pour une durée pérenne. Désormais, les spécialités artistiques seront remises en cause chaque année dans les lycées et pourront être jugées moins rentables que d’autres en raison de leurs effectifs nécessairement plus réduits.

 

3/ Le travail des élèves n’est plus gratifié :

  • Pour toutes les options facultatives il n’y aura plus d’épreuve au baccalauréat. Ces options ne seront plus évaluées que dans le cadre du bulletin scolaire, et (sauf le latin et le grec), n’apporteront plus de points supplémentaires pour le baccalauréat. Avec cette réforme, la note obtenue en option facultative ne comptera plus que pour 1% de la note finale du baccalauréat contre 5% actuellement. 
  • Avec Parcoursup, les élèves se trouveront dans la nécessité de « rentabiliser » leurs choix de spécialités. Or les universités ne pourront exiger comme pré-requis d’avoir suivi une spécialité rare. Seuls désormais les élèves se destinant à des métiers artistiques (le savent-ils déjà ?) auraient « intérêt » à  choisir une spécialité artistique ; mais ils ne le pourront pas, puisqu’il sera souvent impossible de demander une dérogation pour s’inscrire dans un lycée proposant une spécialité rare ! Pourtant, l’enseignement artistique est un enseignement transversal qui œuvre pour un développement de l’élève dans toutes ses dimensions, quels que soient ses projets professionnels.

4/ La spécificité des enseignements artistiques n'est pas reconnue dans les propositions de mise en œuvre des options : 

  • En option facultative de théâtre, l'enseignement est dénaturé et sa qualité altérée : les nouveaux programmes ne garantissent plus le partenariat artistique qui n'est que suggéré et plus systématique. Actuellement ce partenariat garantit la qualité des enseignements artistiques par la présence d’artistes qui transmettent aux élèves leurs compétences et la diversité de leurs esthétiques. De nombreux artistes et directeurs de structures culturelles se mobilisent contre cet aspect de la réforme. Ils rappellent tous les bienfaits que ces enseignements artistiques leur ont apportés dans leur propre parcours.
  • En spécialité, les nouveaux horaires réduisent à 4 heures l’enseignement en classe de Première (contre cinq heures jusqu’à présent) : cette réduction, dictée par la mise en cohérence des spécialités, ne permettra plus de maintenir une double exigence théorique et pratique. C'est pourquoi nous demandons le maintien des cinq heures d'enseignement de spécialité en classe de première et l'assurance sur l'ensemble du cycle terminal d'une pratique artistique en partenariat à hauteur de trois heures hebdomadaires. 
  • L’exigence du regroupement d’un maximum d’élèves pour maintenir une spécialité va à l’encontre de la qualité et de la possibilité même d’une pratique artistique.

 

Pourtant, comme l’affirme le Ministère de l’Education Nationale, « l'éducation artistique et culturelle est indispensable à la démocratisation culturelle et à l'égalité des chances ».

Les enseignements artistiques produisent des effets remarquables et remarqués sur les élèves, et représentent pour eux une clé de réussite. C’est pourquoi ces enseignements artistiques doivent être protégés et avec eux la démocratisation culturelle et l’égalité des chances.


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