Pour la reconstruction à l’identique de la flèche de Notre-Dame !

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Le premier ministre Édouard Philippe a évoqué le mercredi 17 avril, deux jours après l’effroyable incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, la possibilité de reconstruire une flèche « adaptée aux techniques de notre temps ».
Si l’emploi de procédés modernes de construction semble évidemment raisonnable, les citoyens que nous sommes - et amoureux de cette Dame majestueuse - doivent faire entendre que la flèche elle-même doit être reconstruite à l’identique de celle qui s’est brisée.

L’émoi de tout un peuple, et même au-delà des frontières, lors de sa chute dramatique, en dit long sur l’attachement qui est le nôtre pour cette œuvre d’art.

Elle fut conçue et construite par l’architecte Viollet-le-Duc au XIXe siècle, mais en reprenant le principe d’une flèche gothique, comme celle qui trôna pendant de nombreux siècles, entre 1230 et le XVIIIe siècle, entre le règne de Louis IX et celui de Louis XV, une flèche qui vit Paris grandir, et devenir une des plus belles villes du monde, sous ses ornements.
Celle de Viollet-le-Duc, dont nous avons vu la tragique chute le cœur serré, a vu Napoléon III, la IIIe République et les suivantes, a survécu aux deux guerres mondiales, et continuait jusque-là de se tenir debout face à la tempête des épouvantables attaques terroristes récentes.
Il a fallu qu’un incendie, ô combien stupide si accidentel, en vienne à bout.

Couronnons à nouveau la cathédrale du peuple français, ce phare du monde, de sa coiffe élancée vers le ciel, avec les codes les plus sûrs de briller : ceux de l’art gothique, et du néo-gothique qui construisit voici cent-soixante ans cette couronne verticale, ceux qui la rendirent si admirable tout ce temps. Demandons que le visage de Notre-Dame ne soit pas gâché par une approximation contemporaine incohérente et anachronique pour l’ensemble, que l’on se doit de réserver aux nouvelles bâtisses seulement.

C’est grâce au respect de l’œuvre par les restaurateurs que les plus belles toiles du monde demeurent visibles de tous selon leur splendeur originale et inégalée. Imagine-t-on une Joconde restaurée avec les principes du cubisme ? Il ne s’agit guère de hiérarchie des courants artistiques, mais de cohérence et d’Histoire. Faisons de même pour Notre-Dame, que le monde puisse voir pour des siècles encore à quoi ressemblait la splendeur et le génie des bâtisseurs de cathédrales. Montrons que Notre-Dame, qui gardera probablement des cicatrices, n’en aura pas pour autant une balafre.

Construire à l’identique prouvera que Notre-Dame, comme le roseau de La Fontaine, « plie, mais ne rompt pas ». Construire à l’identique cette flèche qui a vu la France souffrir et triompher, inscrira plus que jamais cette cathédrale millénaire dans l’éternité : les générations passent, mais la Flèche demeure.


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(photographie : Guillaume Levrier)