jean claude RUFFIERChoisy-le-roi, France
Oct 11, 2018

Nous sommes en plein mois d’Octobre, et il fait beau avec des températures estivales. C’est agréable mais aussi inquiétant.
Les éleveurs le savent, puisque cela fait depuis au moins 2 ou 3 mois qu’ils ont entamé leurs réserves de foins pour l’hiver. Et puis, ce n’est pas bon, parce que les cultures ont besoins de pluies, il est bon de rappeler que rien ne pousse dans une terre desséchée.

Il fait aussi très beau pour Mme la Maire qui a reçu avec une joie immodérée l’avis favorable du commissaire enquêteur.
Une forme de reconnaissance de l’intelligence de son projet de construire 50 logements en secteur inondable, sur un espace boisé en pleine zone dense polluée et bruyante.
Mme la Maire accorde plus d’importance à ce quitus donné par un commissaire enquêteur, un Monsieur à la retraite, qui n’habite pas la ville, qui ne sera jamais impacté par les constructions sur notre bois.
Son avis compte plus pour Mme la Maire que l’avis des 200 personnes qui ont exprimé leur opposition au projet et qui habitent le quartier et la ville.

Il fait beau pour Monsieur le commissaire enquêteur, qui a réalisé l’exploit de rendre un avis favorable malgré une participation record de la population, et qui a estimé que toutes les observations formulées contre le projet comme les différents contentieux lancé contre les projets d’urbanisation du bois Grignon, le risque inondation, la construction sur un espace boisé, la qualité de vie des habitants, la sauvegarde des espaces naturels ou encore la recommandation de l’ACNUSA de ne plus construire en zone C du PEB,…tout cela relevait de l’insignifiant et ne justifiait pas la remise en cause d’un projet porté par un institutionnel qui par définition a toujours raison.

Il fait beau pour les institutionnels qui sont censés agir pour nous, et souvent malgré nous, parce qu’eux savent. Même si cela fait plus de 40 ans qu’ils passent leur temps à reconstruire les villes de banlieue parce que ce qu’ils produisent génèrent mal être, échecs pauvreté et violence.

Il fait beau chez les officiels, mais ce beau temps n’est que relatif, il ne profite qu’à eux, car leur beau temps assèche la démocratie et la citoyenneté comme le soleil assèche la terre.
Savent-ils seulement ce qu’ils font lorsque le message qu’ils renvoient, en réduisant à rien l’expression des citoyens, constitue plus une remise en cause de leur fonction qu’une leçon donnée à la population ?
Ils assèchent la terre dont ils tirent leur légitimité et leur pouvoir.

Nous leur souhaitons de bien profiter du beau temps, mais de ne pas s’étonner quand à la place d’un paysage verdoyant, ils verront souffler sur leur visage un vent de poussière rejetée par la terre craquelée.
S’ils avaient gardé un peu de bon sens paysan, certes, il fait beau, mais de cette sorte de chaleur hors saison, il faut s’en inquiéter.

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