Pour la défense des CPGE
Pour la défense des CPGE
Le problème
Depuis quelques années, le Rectorat de Paris a entamé à bas bruit un processus visant les CPGE. Après la fermeture de l’Hypokhâgne du lycée Victor Hugo, après la fermeture des classes d’ECG 1ère et 2ème année au lycée Paul Valéry et au lycée Rodin, le Rectorat de Paris entend accélérer le processus de fermeture en ajoutant à la liste :
- au lycée Jacques Decour (9ème), les 2 classes de CPGE commerciales (ECG).
- au lycée Lamartine (9ème), la classe de CPGE littéraire (Hypokhâgne).
- au lycée Chaptal (8ème), une classe de CPGE littéraire (Khâgne).
- au lycée Pierre Gilles de Gennes - ENCPB (13ème), la classe d’ATS BIO (classe agro-véto).
En plus de ces annonces de fermetures, d’autres projets de fermeture sont déjà envisagés (notamment les classes de BCPST au lycée Chateaubriand de Rennes et les classes de PCSI et PC au lycée Carnot de Paris).
Auprès des professeurs qui enseignent dans ces structures, le DASEN adjoint a joué franc jeu : ces fermetures résultent d’arbitrages académiques et d’une volonté de redéploiement des finances publiques. Si d’autres classes ont été visées, les choix de fermetures témoignent d’une politique interne au Rectorat sans considération des élèves, des structures et des professeurs.
Nous refusons ces fermetures arbitraires de CPGE qui sont le fait du prince. Elles ne peuvent être comprises que pour ce qu’elles sont à savoir une attaque au modèle de réussite républicain des CPGE ainsi qu’une étape supplémentaire de désengagement de l’État dans l’enseignement supérieur public.
Parcoursup et loi ORE, outils de développement de l’enseignement supérieur privé
La loi ORE de 2018 met en place Parcoursup et instaure l’obligation pour tous les établissements privés délivrant un diplôme reconnu par l’État de recruter via Parcoursup. Il s’agit d’une publicité sans précédent pour toutes ces formations privées qui étaient jusque-là souvent ignorées par les familles.
On pouvait espérer que la procédure Parcoursup corrige les défauts d’APB. Au contraire, pour ce qui est de l’enseignement public, la procédure Parcoursup est considérée par les familles comme lente, stressante et aux résultats d’affectation incertains.
En mettant en place une procédure aussi peu efficace, l’État a aggravé le problème de l’affectation dans l’enseignement supérieur public tout en promouvant la solution du privé pour les familles. Dans le paysage de l’enseignement supérieur français sont alors apparus les bachelors : des formations onéreuses (qui peuvent atteindre 10 000 euros l’année voire bien plus) aux contenus parfois douteux et vantées à grand renfort de communication.
Les résultats ne se sont pas fait attendre : les effectifs du privé sont passés de 540 900 (rentrée 2018) à 766 800 (rentrée 2022), soit une augmentation de 42% des effectifs !
Les CPGE, un modèle vigoureux et une valeur refuge face à la montée du privé lucratif
La loi ORE a été une aubaine pour les établissements privés et un frein au recrutement dans l’enseignement public. On assiste cependant à un fort regain d’intérêt pour les CPGE comme en témoigne la hausse de leurs effectifs de 1,6% cette année et la hausse prévue de 2,5% pour la rentrée prochaine (note flash n°23 d’octobre 2023 du SIES). Cela établirait l’effectif en CPGE à 84600 élèves (+ 2600 élèves).
Par ailleurs, les chiffres fournis par le Recteur de Paris démontrent que les CPGE de l’académie sont pleines à craquer : avec près de 43 élèves en moyenne par classe, les CPGE parisiennes confirment leur forte attractivité alors que la concurrence dans le supérieur n’a jamais été aussi féroce et que le nombre d’étudiants du supérieur est en baisse (-0,5%).
La théorie des « places vacantes », rationalisation à l’extrême des flux
Le Recteur de Paris invente la théorie des « places vacantes » : une CPGE qui n’atteint pas 48 élèves (effectif maximal fixé par la loi) est considérée comme en sous-effectif. Une classe pleine à craquer de 43 élèves créerait ainsi 5 «places vacantes». En multipliant ce chiffre au nombre de CPGE de l’académie, on obtient 1565 «places vacantes» à Paris soit l’équivalent de 32 classes et autant de menaces de fermetures à l’avenir.
Cette théorie sans fondement amène le Recteur de Paris à fermer les classes pleines de Lamartine (46 élèves) et Decour (47 élèves) en considérant que les CPGE ne remplissent pas; à fermer la classe d’ATS Bio (classe agro-véto) de Pierre-Gilles de Gennes, filière scientifique avec un public féminin à hauteur de 76%, constituée d’élèves issus de BTS dont 42% de boursiers alors que le Recteur invoque la mixité sociale pour fermer des classes; à fermer enfin la classe d’ECG1 de Decour qui a classé 85% des dossiers reçus sur Parcoursup (980 dossiers classés pour seulement 170 écartés) alors que le Recteur pointe l’élitisme des CPGE.
Ces fermetures annoncées témoignent que les classes de toutes les filières sont menacées, les arbitrages menés au Rectorat permettant de fermer des classes pleines, à fort taux de boursiers, à public féminin important et qui jouent parfaitement leur rôle dans l’égalité des chances. Il s’agit de mettre en place la plus stricte politique de restriction budgétaire. On ferme des classes comme on ferme des lits dans les hôpitaux. On importe ainsi dans l’enseignement supérieur toutes les politiques de gestion de flux qui ont échoué à l’hôpital.
Pour une politique ambitieuse dans l’enseignement supérieur public
À une époque où :
- le niveau des élèves français apparaît en déclin dans les classements internationaux,
- M. le Ministre de l’Éducation Nationale a annoncé pleinement s’engager dans la bataille d’élévation générale du niveau par le «choc des savoirs»,
- les effectifs de CPGE augmentent,
- il y a pénurie dans des secteurs alimentés par les CPGE (notamment la formation d’ingénieurs),
la fermeture annoncée des CPGE apparaît comme anachronique.
En conséquence, nous demandons au ministère la mise en place d’une politique ambitieuse de soutien et développement de l’enseignement supérieur public. Cela passe notamment par le retrait du projet des fermetures de CPGE et le maintien d'un maillage national suffisant pour assurer la continuité du service public à l'aide de CPGE de proximité.
Nous invitons toutes et tous à se réunir et à manifester :
le 15 janvier 2024 à 13H place de la Sorbonne
pour défendre ce modèle de réussite républicain et démontrer au ministère que nous refusons que l’enseignement supérieur public ne devienne le terrain de jeu de gestionnaires ayant pour seul objectif les coupes budgétaires au sacrifice de la formation.
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Le problème
Depuis quelques années, le Rectorat de Paris a entamé à bas bruit un processus visant les CPGE. Après la fermeture de l’Hypokhâgne du lycée Victor Hugo, après la fermeture des classes d’ECG 1ère et 2ème année au lycée Paul Valéry et au lycée Rodin, le Rectorat de Paris entend accélérer le processus de fermeture en ajoutant à la liste :
- au lycée Jacques Decour (9ème), les 2 classes de CPGE commerciales (ECG).
- au lycée Lamartine (9ème), la classe de CPGE littéraire (Hypokhâgne).
- au lycée Chaptal (8ème), une classe de CPGE littéraire (Khâgne).
- au lycée Pierre Gilles de Gennes - ENCPB (13ème), la classe d’ATS BIO (classe agro-véto).
En plus de ces annonces de fermetures, d’autres projets de fermeture sont déjà envisagés (notamment les classes de BCPST au lycée Chateaubriand de Rennes et les classes de PCSI et PC au lycée Carnot de Paris).
Auprès des professeurs qui enseignent dans ces structures, le DASEN adjoint a joué franc jeu : ces fermetures résultent d’arbitrages académiques et d’une volonté de redéploiement des finances publiques. Si d’autres classes ont été visées, les choix de fermetures témoignent d’une politique interne au Rectorat sans considération des élèves, des structures et des professeurs.
Nous refusons ces fermetures arbitraires de CPGE qui sont le fait du prince. Elles ne peuvent être comprises que pour ce qu’elles sont à savoir une attaque au modèle de réussite républicain des CPGE ainsi qu’une étape supplémentaire de désengagement de l’État dans l’enseignement supérieur public.
Parcoursup et loi ORE, outils de développement de l’enseignement supérieur privé
La loi ORE de 2018 met en place Parcoursup et instaure l’obligation pour tous les établissements privés délivrant un diplôme reconnu par l’État de recruter via Parcoursup. Il s’agit d’une publicité sans précédent pour toutes ces formations privées qui étaient jusque-là souvent ignorées par les familles.
On pouvait espérer que la procédure Parcoursup corrige les défauts d’APB. Au contraire, pour ce qui est de l’enseignement public, la procédure Parcoursup est considérée par les familles comme lente, stressante et aux résultats d’affectation incertains.
En mettant en place une procédure aussi peu efficace, l’État a aggravé le problème de l’affectation dans l’enseignement supérieur public tout en promouvant la solution du privé pour les familles. Dans le paysage de l’enseignement supérieur français sont alors apparus les bachelors : des formations onéreuses (qui peuvent atteindre 10 000 euros l’année voire bien plus) aux contenus parfois douteux et vantées à grand renfort de communication.
Les résultats ne se sont pas fait attendre : les effectifs du privé sont passés de 540 900 (rentrée 2018) à 766 800 (rentrée 2022), soit une augmentation de 42% des effectifs !
Les CPGE, un modèle vigoureux et une valeur refuge face à la montée du privé lucratif
La loi ORE a été une aubaine pour les établissements privés et un frein au recrutement dans l’enseignement public. On assiste cependant à un fort regain d’intérêt pour les CPGE comme en témoigne la hausse de leurs effectifs de 1,6% cette année et la hausse prévue de 2,5% pour la rentrée prochaine (note flash n°23 d’octobre 2023 du SIES). Cela établirait l’effectif en CPGE à 84600 élèves (+ 2600 élèves).
Par ailleurs, les chiffres fournis par le Recteur de Paris démontrent que les CPGE de l’académie sont pleines à craquer : avec près de 43 élèves en moyenne par classe, les CPGE parisiennes confirment leur forte attractivité alors que la concurrence dans le supérieur n’a jamais été aussi féroce et que le nombre d’étudiants du supérieur est en baisse (-0,5%).
La théorie des « places vacantes », rationalisation à l’extrême des flux
Le Recteur de Paris invente la théorie des « places vacantes » : une CPGE qui n’atteint pas 48 élèves (effectif maximal fixé par la loi) est considérée comme en sous-effectif. Une classe pleine à craquer de 43 élèves créerait ainsi 5 «places vacantes». En multipliant ce chiffre au nombre de CPGE de l’académie, on obtient 1565 «places vacantes» à Paris soit l’équivalent de 32 classes et autant de menaces de fermetures à l’avenir.
Cette théorie sans fondement amène le Recteur de Paris à fermer les classes pleines de Lamartine (46 élèves) et Decour (47 élèves) en considérant que les CPGE ne remplissent pas; à fermer la classe d’ATS Bio (classe agro-véto) de Pierre-Gilles de Gennes, filière scientifique avec un public féminin à hauteur de 76%, constituée d’élèves issus de BTS dont 42% de boursiers alors que le Recteur invoque la mixité sociale pour fermer des classes; à fermer enfin la classe d’ECG1 de Decour qui a classé 85% des dossiers reçus sur Parcoursup (980 dossiers classés pour seulement 170 écartés) alors que le Recteur pointe l’élitisme des CPGE.
Ces fermetures annoncées témoignent que les classes de toutes les filières sont menacées, les arbitrages menés au Rectorat permettant de fermer des classes pleines, à fort taux de boursiers, à public féminin important et qui jouent parfaitement leur rôle dans l’égalité des chances. Il s’agit de mettre en place la plus stricte politique de restriction budgétaire. On ferme des classes comme on ferme des lits dans les hôpitaux. On importe ainsi dans l’enseignement supérieur toutes les politiques de gestion de flux qui ont échoué à l’hôpital.
Pour une politique ambitieuse dans l’enseignement supérieur public
À une époque où :
- le niveau des élèves français apparaît en déclin dans les classements internationaux,
- M. le Ministre de l’Éducation Nationale a annoncé pleinement s’engager dans la bataille d’élévation générale du niveau par le «choc des savoirs»,
- les effectifs de CPGE augmentent,
- il y a pénurie dans des secteurs alimentés par les CPGE (notamment la formation d’ingénieurs),
la fermeture annoncée des CPGE apparaît comme anachronique.
En conséquence, nous demandons au ministère la mise en place d’une politique ambitieuse de soutien et développement de l’enseignement supérieur public. Cela passe notamment par le retrait du projet des fermetures de CPGE et le maintien d'un maillage national suffisant pour assurer la continuité du service public à l'aide de CPGE de proximité.
Nous invitons toutes et tous à se réunir et à manifester :
le 15 janvier 2024 à 13H place de la Sorbonne
pour défendre ce modèle de réussite républicain et démontrer au ministère que nous refusons que l’enseignement supérieur public ne devienne le terrain de jeu de gestionnaires ayant pour seul objectif les coupes budgétaires au sacrifice de la formation.
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Pétition lancée le 9 janvier 2024