Pour l'amélioration des conditions de travail des agent.es d'entretien à Sciences Po
Pour l'amélioration des conditions de travail des agent.es d'entretien à Sciences Po
Le problème
Renouvellement des marchés du nettoyage : pour une intégration digne des travailleur·euses dans la communauté de SciencesPo
[English version below]
En mars 2025, Sciences Po Paris changera de prestataire d’entretien pour ses locaux parisiens, suite à la rupture anticipée du contrat qui liait l’école à la Société Atalian Propreté. Les agent·es d’entretien, par le biais de leurs représentant·es syndicaux, alertent sur les conditions de travail qui sont les leurs et le risque de leur détérioration avec cette nouvelle échéance. Syndicats du personnel, des étudiant.es et des enseignant.es, associations, collectifs et étudiant·es, nous soutenons leurs revendications et demandons à la Direction d’y faire droit.
Dans un courrier du 12 septembre 2024 adressé au Directeur de notre école et à son Directeur des services et moyens généraux (DSMG), et resté jusqu’ici sans réponse, les représentants syndicaux des agent·es d’entretien alertent sur la “situation critique des agent·es de nettoyage de [n]os locaux, conséquence directe de choix contractuels et budgétaires”, “incompatible” avec les obligations et revendications affichées par Sciences Po en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE).
En effet, depuis avril 2018, la Société Atalian Propreté - multinationale de 2,003 milliards de chiffre d'affaires en 2023 - assure l’entretien des locaux de Sciences Po à Paris. Ce contrat a été rompu de manière anticipée pour mars 2025, en raison de difficultés économiques invoquées qui seraient dûes à “l’augmentation des coûts salariaux” et à “une sous-évaluation initiale des besoins réels lors de l’appel d’offre de 2018”. Ces éléments mettent en lumière une faille structurelle dans l’élaboration des appels d’offres de l’école dont les conséquences pénalisent injustement les salarié·es des entreprises sous-traitantes. Leurs représentant·es dénoncent “une dégradation systématique des conditions de travail et des rémunérations des agent·es de nettoyage”, qui se traduit notamment par la réduction des heures travaillées prévues au contrat pour une surface équivalente et qui rend impossible un travail respectueux des normes d’hygiène, de sécurité, et de dignité des salarié·es. Cette dégradation, et l’absence d’intégration de ces travailleur·euses à la politique sociale de SciencesPo, se traduit donc notamment par des cadences insoutenables, une forte pression managériale, des locaux et vestiaires indignes, et de nombreux manquements au droit du travail.
Au regard de ces éléments, le nouveau contrat d’appel d’offre, dont la gestion a été confiée à l’UGAP, doit a minima intégrer les trois revendications de garanties concrètes demandées par les 77 salarié·es du campus de Paris, et reprises ci-dessous telles qu’elles. Nous y ajoutons, au regard de la responsabilité démontrée de la sous-traitance dans la dégradation des conditions de travail de personnes pourtant au cœur du fonctionnement de notre école, la demande de réalisation d’une enquête sur les bénéfices potentiels de la ré-internalisation des agent·es. Le DSMG et la Directrice de l'Engagement et Vice Présidente pour la soutenabilité et la vie de campus s’y étaient déjà engagé·es dans la perspective de ce renouvellement de contrat lors d’une rencontre avec un collectif d’étudiant·es, personnel d’administration et professeur·es du 26 octobre 2023, et la Présidente de la FNSP, s’y était également déclarée favorable lors d’une rencontre consécutive. Pour que ces engagements se concrétisent, la communauté de Sciences Po, réunie dans sa diversité, vous demande :
- Que l’offre de contrat inclut un volume d’heures de travail réaliste et respectueux, réintégrant les 700 heures supprimées.
- Que des améliorations des conditions salariales alignent ces emplois sur les standards de dignité et de respect, notamment par :
La mise en place d’une clause d’indexation automatique des prestations sur les augmentations de branche et légales ;
L’octroi d’un 13e mois et d’une prime de vacances de 350 € pour tous les agents ;
L’augmentation de la prime panier à 10 € nets (actuellement 6,80 € brut), pour garantir un accès à une alimentation saine ;
L’instauration d’une prime de salissure de 20 € par mois ;
La requalification des salarié·es en fonction de leur niveau réel de responsabilité (ASP/ASC à ASCS, ATQS1 à ATQS3, CE1 à CE3).
La requalification des CDD sur site en CDI. - Que soit réalisée une étude sur les bénéfices potentiels en matières financières, matérielles (dans la qualité des prestations réalisées) et sociales de la ré-internalisation des agent·es d’entretien, de sécurité et des technicien·nes de maintenance. Cette internalisation reviendrait à intégrer les agent·es d’entretien de SciencesPo, à l’instar des salariés permanents. Sciences Po dispose des compétences pour réaliser une telle étude en interne, grâce aux connaissances cultivées par nos chercheur·euses au sein des différents centres de recherche. Sciences Po pourrait ainsi se placer aux côtés des universités d’excellence qui ont fait le choix de réinternaliser leurs salarié·es, à l’image de la London School of Economics, et contribuer ainsi de manière concrète à son objectif annoncé “d’améliorer la société” en incarnant les valeurs d’inclusivité et de justice sociale au sein de sa communauté.
Co-Signataires:
Le Collectif du Lien
Solidaires étudiant-e-s IEP Paris
Unef Sciences Po
Union étudiante Sciences Po
Force Ouvrière autonomes Sciences Po
SGEN Cfdt
Pour vous renseigner sur les conditions de travail des agent.e.s d'entretien et suivre leur mobilisation, rendez-vous sur le linktree du Collectif Du Lien en cliquant sur ce lien.
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English version:
In march 2025, SciencesPo will change the current cleaning contractor for their facilities based in Paris following an early closure of the current contract with the contractor Atalian Propreté. Through their union representatives, the cleaning staff draws the attention to the conditions of their work and their future deterioration caused by these changes. The union representatives, students, teachers, association and student initiatives support their demands and call to SciencesPo administration to respect them.
In their letter from the 12th of september to the director of our university and the director of management and services, left without an answer until now, the unions’ representatives point out the “critical situation of the cleaning staff in Sciences Po’s facilities, a direct consequence of the administration’s budget and contract policies”, deemed “incompatible” with the social and environmental obligations and principles claimed by Sciences Po.
Indeed, since April 2018, the contractor Atalian Propreté - a multinational company with a two billion Euro turnover in 2023 - is charged with the maintenance of the university’s facilities. This contract was broken prematurely for march 2025 due to economical difficulties, supposedly a consequence of the “wage expenses” and an “initial underestimation of the real requirements during the call for tender in 2018”. These events display structural flaws in how the university’s call for tenders has been designed and now unjustly punish the workers employed by the subcontracted companies. The staff representatives report “systematic degradation of their working conditions and their salaries”, such as through the reduction of working hours for an equivalent surface, making decent work according to hygiene and security standards and to the staff’s dignity impossible. In absence of the worker’s integration into Sciences Po’s social policy, these degradations become visible though unbearable working hours, pressure from the contractor’s side, deplorable facilities and numerous breaches of labour legislation.
In the light of these events, the new call for tenders, now carried out by the UGAP, has to respect at least the three concrete guarantees called for by the 77 employees of the Paris campus, elaborated below. In view of the obvious responsibility of the subcontracting-system for the degradation of working conditions of those, who actually are at the very heart of our university’s functioning, we demand that a study be conducted about the potential benefits of the employees’ integration into Sciences Po’s salary-policy. The director of management and services as well as the vice president for campus-life did already express their support during a meeting with student associations, administration-staff and teachers the 26th october 2023, followed by the support from the President of the FNSP. In order for their commitments to be respected, the Sciences Po community, united in its diversity, demand:
- That the call for tenders include reasonable and decent working hours, including once again the 700 hours removed before
- That improvements to the working conditions be done in accordance with the standards of dignity and respect, notably through:
The introduction of a clause automatically indexing benefits to industry and legal increases;
The granting of a 13th month and a vacation bonus of €350 for all agents;
An increase in the basket bonus to €10 net (currently €6.80 gross), to guarantee access to healthy food;
The introduction of a dirty-work bonus of €20 per month;
The reclassification of employees according to their actual level of responsibility (ASP/ASC to ASCS, ATQS1 to ATQS3, CE1 to CE3).
On-site fixed-term contracts to be converted to open-ended contracts. - That a study about the potential financial, material (concerning the quality of the services lent) and social benefits of the reintegration of the cleaning-staff, security agents and maintenance teams into Sciences Po’s salary-policy be conducted. This would mean that the agents become permanent employees of Sciences Po. Our university has the competences and resources needed for such a study thanks to our excellent academic staff. Sciences Po could therefore join the ranks of world-class universities, having already made the choice to reinegrate their employees, such as the London School of Economics and, thus, contribute to its goal to “improve society”, embodying the values of inclusiveness and social justice.
Co-Signers:
Le Collectif du Lien
Solidaires étudiant-e-s IEP Paris
Unef Sciences Po
Union étudiante Sciences Po
Force Ouvrière autonomes Sciences Po
SGEN Cfdt
To find out more about the working conditions of the cleaning staff and to follow their mobilisation, go to the linktree of the Collectif Du Lien by clicking on this link.
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Le problème
Renouvellement des marchés du nettoyage : pour une intégration digne des travailleur·euses dans la communauté de SciencesPo
[English version below]
En mars 2025, Sciences Po Paris changera de prestataire d’entretien pour ses locaux parisiens, suite à la rupture anticipée du contrat qui liait l’école à la Société Atalian Propreté. Les agent·es d’entretien, par le biais de leurs représentant·es syndicaux, alertent sur les conditions de travail qui sont les leurs et le risque de leur détérioration avec cette nouvelle échéance. Syndicats du personnel, des étudiant.es et des enseignant.es, associations, collectifs et étudiant·es, nous soutenons leurs revendications et demandons à la Direction d’y faire droit.
Dans un courrier du 12 septembre 2024 adressé au Directeur de notre école et à son Directeur des services et moyens généraux (DSMG), et resté jusqu’ici sans réponse, les représentants syndicaux des agent·es d’entretien alertent sur la “situation critique des agent·es de nettoyage de [n]os locaux, conséquence directe de choix contractuels et budgétaires”, “incompatible” avec les obligations et revendications affichées par Sciences Po en matière de responsabilité sociale et environnementale (RSE).
En effet, depuis avril 2018, la Société Atalian Propreté - multinationale de 2,003 milliards de chiffre d'affaires en 2023 - assure l’entretien des locaux de Sciences Po à Paris. Ce contrat a été rompu de manière anticipée pour mars 2025, en raison de difficultés économiques invoquées qui seraient dûes à “l’augmentation des coûts salariaux” et à “une sous-évaluation initiale des besoins réels lors de l’appel d’offre de 2018”. Ces éléments mettent en lumière une faille structurelle dans l’élaboration des appels d’offres de l’école dont les conséquences pénalisent injustement les salarié·es des entreprises sous-traitantes. Leurs représentant·es dénoncent “une dégradation systématique des conditions de travail et des rémunérations des agent·es de nettoyage”, qui se traduit notamment par la réduction des heures travaillées prévues au contrat pour une surface équivalente et qui rend impossible un travail respectueux des normes d’hygiène, de sécurité, et de dignité des salarié·es. Cette dégradation, et l’absence d’intégration de ces travailleur·euses à la politique sociale de SciencesPo, se traduit donc notamment par des cadences insoutenables, une forte pression managériale, des locaux et vestiaires indignes, et de nombreux manquements au droit du travail.
Au regard de ces éléments, le nouveau contrat d’appel d’offre, dont la gestion a été confiée à l’UGAP, doit a minima intégrer les trois revendications de garanties concrètes demandées par les 77 salarié·es du campus de Paris, et reprises ci-dessous telles qu’elles. Nous y ajoutons, au regard de la responsabilité démontrée de la sous-traitance dans la dégradation des conditions de travail de personnes pourtant au cœur du fonctionnement de notre école, la demande de réalisation d’une enquête sur les bénéfices potentiels de la ré-internalisation des agent·es. Le DSMG et la Directrice de l'Engagement et Vice Présidente pour la soutenabilité et la vie de campus s’y étaient déjà engagé·es dans la perspective de ce renouvellement de contrat lors d’une rencontre avec un collectif d’étudiant·es, personnel d’administration et professeur·es du 26 octobre 2023, et la Présidente de la FNSP, s’y était également déclarée favorable lors d’une rencontre consécutive. Pour que ces engagements se concrétisent, la communauté de Sciences Po, réunie dans sa diversité, vous demande :
- Que l’offre de contrat inclut un volume d’heures de travail réaliste et respectueux, réintégrant les 700 heures supprimées.
- Que des améliorations des conditions salariales alignent ces emplois sur les standards de dignité et de respect, notamment par :
La mise en place d’une clause d’indexation automatique des prestations sur les augmentations de branche et légales ;
L’octroi d’un 13e mois et d’une prime de vacances de 350 € pour tous les agents ;
L’augmentation de la prime panier à 10 € nets (actuellement 6,80 € brut), pour garantir un accès à une alimentation saine ;
L’instauration d’une prime de salissure de 20 € par mois ;
La requalification des salarié·es en fonction de leur niveau réel de responsabilité (ASP/ASC à ASCS, ATQS1 à ATQS3, CE1 à CE3).
La requalification des CDD sur site en CDI. - Que soit réalisée une étude sur les bénéfices potentiels en matières financières, matérielles (dans la qualité des prestations réalisées) et sociales de la ré-internalisation des agent·es d’entretien, de sécurité et des technicien·nes de maintenance. Cette internalisation reviendrait à intégrer les agent·es d’entretien de SciencesPo, à l’instar des salariés permanents. Sciences Po dispose des compétences pour réaliser une telle étude en interne, grâce aux connaissances cultivées par nos chercheur·euses au sein des différents centres de recherche. Sciences Po pourrait ainsi se placer aux côtés des universités d’excellence qui ont fait le choix de réinternaliser leurs salarié·es, à l’image de la London School of Economics, et contribuer ainsi de manière concrète à son objectif annoncé “d’améliorer la société” en incarnant les valeurs d’inclusivité et de justice sociale au sein de sa communauté.
Co-Signataires:
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Solidaires étudiant-e-s IEP Paris
Unef Sciences Po
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Force Ouvrière autonomes Sciences Po
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In march 2025, SciencesPo will change the current cleaning contractor for their facilities based in Paris following an early closure of the current contract with the contractor Atalian Propreté. Through their union representatives, the cleaning staff draws the attention to the conditions of their work and their future deterioration caused by these changes. The union representatives, students, teachers, association and student initiatives support their demands and call to SciencesPo administration to respect them.
In their letter from the 12th of september to the director of our university and the director of management and services, left without an answer until now, the unions’ representatives point out the “critical situation of the cleaning staff in Sciences Po’s facilities, a direct consequence of the administration’s budget and contract policies”, deemed “incompatible” with the social and environmental obligations and principles claimed by Sciences Po.
Indeed, since April 2018, the contractor Atalian Propreté - a multinational company with a two billion Euro turnover in 2023 - is charged with the maintenance of the university’s facilities. This contract was broken prematurely for march 2025 due to economical difficulties, supposedly a consequence of the “wage expenses” and an “initial underestimation of the real requirements during the call for tender in 2018”. These events display structural flaws in how the university’s call for tenders has been designed and now unjustly punish the workers employed by the subcontracted companies. The staff representatives report “systematic degradation of their working conditions and their salaries”, such as through the reduction of working hours for an equivalent surface, making decent work according to hygiene and security standards and to the staff’s dignity impossible. In absence of the worker’s integration into Sciences Po’s social policy, these degradations become visible though unbearable working hours, pressure from the contractor’s side, deplorable facilities and numerous breaches of labour legislation.
In the light of these events, the new call for tenders, now carried out by the UGAP, has to respect at least the three concrete guarantees called for by the 77 employees of the Paris campus, elaborated below. In view of the obvious responsibility of the subcontracting-system for the degradation of working conditions of those, who actually are at the very heart of our university’s functioning, we demand that a study be conducted about the potential benefits of the employees’ integration into Sciences Po’s salary-policy. The director of management and services as well as the vice president for campus-life did already express their support during a meeting with student associations, administration-staff and teachers the 26th october 2023, followed by the support from the President of the FNSP. In order for their commitments to be respected, the Sciences Po community, united in its diversity, demand:
- That the call for tenders include reasonable and decent working hours, including once again the 700 hours removed before
- That improvements to the working conditions be done in accordance with the standards of dignity and respect, notably through:
The introduction of a clause automatically indexing benefits to industry and legal increases;
The granting of a 13th month and a vacation bonus of €350 for all agents;
An increase in the basket bonus to €10 net (currently €6.80 gross), to guarantee access to healthy food;
The introduction of a dirty-work bonus of €20 per month;
The reclassification of employees according to their actual level of responsibility (ASP/ASC to ASCS, ATQS1 to ATQS3, CE1 to CE3).
On-site fixed-term contracts to be converted to open-ended contracts. - That a study about the potential financial, material (concerning the quality of the services lent) and social benefits of the reintegration of the cleaning-staff, security agents and maintenance teams into Sciences Po’s salary-policy be conducted. This would mean that the agents become permanent employees of Sciences Po. Our university has the competences and resources needed for such a study thanks to our excellent academic staff. Sciences Po could therefore join the ranks of world-class universities, having already made the choice to reinegrate their employees, such as the London School of Economics and, thus, contribute to its goal to “improve society”, embodying the values of inclusiveness and social justice.
Co-Signers:
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Pétition lancée le 31 janvier 2025