Petition updatePour plus d'aliments bio et locaux dans les cantines scolaires de La Réunion ! 974A La Réunion, les sols meurent des pesticides
FAP 974
Feb 20, 2019

Bonjour à toutes et tous,

Nous avons été profondément choqués par une récente interview de monsieur Frédéric Vienne sur Zinfos974 - en tant que représentant de la FDSEA, élu depuis Président de la Chambre d'Agriculture de La Réunion - et la légèreté avec laquelle y sont traitées les questions soulevées par l'utilisation des pesticides, ses conséquences sur l'environnement et sur la santé des consommateurs via l'alimentation.

Bien malgré nous qui aurions préféré l'encourager pour son accession à la tête de cet organisme, nous ne pouvions pas laisser passer un tel déni de réalité sans réponse : le montage vidéo ci-dessous présente des extraits de cette interview compilés non pas avec nos propres réponses, mais des extraits d'autres journaux télévisés témoignant de l’ambiguïté des propos de monsieur Vienne.

Bien que peu documentée, il nous semble nécessaire aujourd'hui de dénoncer l'argument maintes fois entendu selon lequel la canne à sucre - comme tous les végétaux à racines et les arbres - prévient l'érosion naturelle, importante dans nos paysages en pente. Ceci est peut-être vrai sur des sols vivants mais qu'en est-il pour des sols mourants sous l'effet d'années de traitements pesticides, privés de leur faune (vers, coléoptères...), de leur matière organique et donc de leur capacité de rétention de l'eau ?

L'an dernier lors des tempêtes Fakir et Berguitta, des quartiers ont été inondés, des habitants évacués, aux Avirons un jeune couple est décédé sous une coulée de boue. Ces constats ont alerté l'ensemble des réunionnais sur ce qui semble être une accentuation de l'érosion des sols et plus que jamais, nous craignons le prochain phénomène météorologique.

Urbanisation mal pensée, artificialisation des sols, enlèvement des andains : autant de causes pointées du doigt, à raison. Mais l'une de ces causes de l'érosion a selon nous été oubliée : la mort des sols due à l'usage des pesticides.

"En empêchant la croissance de l'herbe entre les rangées de vigne, les herbicides totaux laissent le sol nu, exposé à la pluie et donc à l'érosion", indique Pierre Sabatier, chercheur au laboratoire « environnements, dynamiques et territoires de montagne » (CNRS-université de Savoie) (source https://www.la-croix.com/Archives/2015-01-06/Avec-l-erosion-les-pesticides-reapparaissent-a-la-surface-des-sols-2015-01-06-1263081).

Le reportage "Dégâts de Berguitta : une tranchée dans un champ de canne, les fortes pluies de Berguitta ont creusé une tranchée dans un champ de canne à Piton Saint-Leu et détruit 50km de chemins d’exploitation" de Réunion 1ère (https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/degats-berguitta-tranchee-champ-canne-551365.html) est un aperçu de ce qui nous attend. Croyez bien que nous souhaiterions avoir tort... 25 000 hectares soit plus de la moitié de la surface agricole utilisable à La Réunion est dédiée à la culture artificielle de la canne, culture d'exportation dispersée un peu partout dans les Hauts de l'île en amont des zones habitées.

Atrazine, diuron, TCA, chlorate de soude, 2,4-D, glyphosate... Il s'agit de quelques uns seulement des désherbants que les sols agricoles réunionnais ont successivement subi depuis des années tant pour la culture de la canne à sucre que des fruits et légumes. Entre 1999 et 2010, pas moins de 72 substances ont été détectées dans plus de 120 points d'eau à La Réunion (source : compilation BRGM).

Ajoutez à cela les panoplies d'engrais, de fongicides, d'insecticides y compris en zones résidentielles dans le cadre des démoustications.

Remplacer un produit par un autre produit ? Et poursuivre comme depuis plus de 60 ans le piège infernal de la pétrochimie qui obtient de bureaucrates dépassés des autorisations de mises sur le marché en dépit de tout principe de précaution, jusqu'aux scandales sanitaires et leur interdiction, à l'image de la chlordécone aux Antilles, qui avait pourtant été interdite aux Etats-Unis en 1976 ? Non, stop.

L'autre mauvaise nouvelle est que parmi ces produits mis sur le marché  puis interdits après des années d'utilisation compte tenu de leur nocivité, certains sont persistants dans l'environnement et le phénomène d'érosion est susceptible de faire remonter les molécules toxiques des entrailles de la terre (https://www.encyclopedie-environnement.org/sol/pesticides-enseigne-passe/).

Contrairement à ce qu'affirme monsieur Vienne, les pesticides et la canne ne sont pas indispensables à La Réunion. Et la seule alternative qui doive interpeler le Président de la Chambre d'agriculture est d'encourager à la reconversion les agriculteurs, en première ligne face aux conséquences des pesticides : l'implication des pesticides a été prouvée dans le syndrome Parkinson, reconnue maladie professionnelle en 2012 (source Legifrance) et dans de nombreuses autres pathologies, telles que cancer de la prostate ou lymphome (source Top Santé), elle est scientifiquement prouvée et actuellement débattue dans des procès intentés contre les firmes et l'Etat par des agriculteurs malades.

De même qu'actuellement, des dizaines de citoyens déposent plainte après avoir constaté la présence de glyphosate dans leurs urines, bien au-delà des limites fixées par l'Etat (source Linfo.re).

Il est plus que temps d'offrir aux petits réunionnais l'égalité d'une alimentation saine, sans traitements : quand une maison brûle ou qu'un bateau coule, les enfants d'abord !

Fap974

 

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