Pétition fermée

Pour une réévaluation de la disponibilité des médicaments codéinés

Cette pétition avait 155 signataires


Le 13 Juillet 2017, le Ministère de la Santé (et des solidarités) français à, par arrêté ministériel, soustrait aux patients français l'accès aux spécialités pharmaceutiques codéinées sans ordonnances. Depuis le 14 Juillet, toutes les spécialités contenant de la codéine et certaines molécules apparentées ne sont plus disponibles sans une ordonnance de votre médecin.

Cet arrêté vise à protéger un public jeune, qui par mésusage ou détournement d'une spécialité pharmaceutique se mets en danger, à savoir 2 morts et une quarantaine de cas d'hospitalisation depuis le début de l'année 2017.
D'une part, il serait bien plus judicieux, avant toute chose, d'enclencher un programme de prévention sérieux. C'est la règle dans ce genre de cas. On comprends bien sûr qu'un programme de prévention à l'intention des jeunes en âge de scolarisation soit compliqué à mettre en oeuvre pendant les vacances, mais quand bien même, la situation n'exige objectivement pas la "mise sous clef" d'une molécule largement utilisée en auto-medication par les adultes, au bénéfice, discutable, d'une minorité de consommateurs détournants mineurs.
Sur le point de la mise sous ordonnance, il n'est absolument pas certain qu'elle freine sensiblement les consommations des mineurs, à qui elle est déconseillée de toutes manières. Il semble que la responsabilité en incomberait plus aux médecins et aux pharmaciens qu'à l'Etat directement. D'autre part, ladite molécule étant largement prescrite aux adultes, l'éventuel approvisionnement de la population ciblée n'en serait que réduit, d'une manière difficilement mesurable convenons-en, mais certainement pas coupé. Il serait encore plus inquiétant de voir se développer un marché noir, comme on peut le connaitre avec d'autres produits, dont la mise sous ordonnance n'est pas un frein. Dans cette optique, il serait d'autant plus fâcheux de provoquer malgré nous une redirection de ces jeunes vers un marché illégal, avec tous les risques que cela comporterait.

Cette décision est probablement, de ce point de vue, une mauvaise solution pour s'assurer du fait que nos jeunes n'aient plus accès à cette molécule. D'autant plus qu'en l'absence d'informations objectives sur une pratique à risques, les accidents ne pourraient que se multiplier.

La codéine était vendue sans ordonnance, sous certaines conditions, depuis plus de cinquante ans. Ses effets et les risques de sa consommation sont connus de tous. Il s'agit d'un anti-douleur très efficace et les effets "secondaires" de la spécialité sont utilisés à des fins thérapeutiques dans de nombreux autres cas. Pour les patients qui en sont privés en auto-medication, cela suppose soit de passer à des molécules plus lourdes, de rentrer dans des protocoles plus longs ou plus invasifs, voire à s'en faire prescrire à des doses plus élevées, alors que la disponibilité en auto-medication les satisfaisaient pleinement, manifestement. En effet, au vu des chiffres, les spécialités à base de codéine disponibles sans ordonnance sont largement consommées par les français, avec un taux d'accident quasi nul. La codéine fait partie de la pharmacopée des français depuis toujours, on en trouve dans chaque foyer, et ses qualités et ses dangers sont connus de tous. Cet arrêté pénalise donc une énorme majorité de citoyens et de patients, pour qui elle était efficace et sans danger, au bénéfice, discutable encore une fois dans les conditions présentes, d'une très petite partie de la population.

Population qui, rappelons-le encore, mériterait une véritable campagne de prévention et d'éducation, voire une prise en charge globale, plutôt que rien.

Cela pose aussi la question de la responsabilité des médecins et des pharmaciens. Si les pharmaciens ne peuvent que proposer deux produits aux effets comparables en terme d'indication et d'efficacité en terme de douleur, par exemple, quelle est leur place et le sens de leur métier ? Les pharmaciens font leur travail depuis toujours, ils conseillent, orientent et bien sûr sont libres de refuser de vendre une spécialité à qui ils le désirent. Ils ont d'ailleurs, très certainement, toujours refusé de vendre des médicaments potentiellement dangereux pour les patients qui le leur demandaient. On sait que la codéine est déconseillée avant 16 ans, il serait étonnant qu'elle aie été vendue massivement à des adolescents ou des pré-adolescents. On observe d'ailleurs que dans les cas dramatiques qui ont été médiatisés, la majorité des spécialités incriminées étaient, déjà, inaccessibles sans prescription.

Pour finir, il existe l'usage "historique" que font les toxicomanes de la codéine. Elle est utilisée par les dépendants aux opiacés pour combattre le syndrome de manque. Cette situation à ete laissée en l'état par de nombreux gouvernements pour une raison simple : c'est un filet de sécurité, salvateur pour les usagers et pour le reste de la société. Les affres du sevrage sont bien connus, on se rappelle encore d'une époque, pas si lointaine, ou les pharmacies étaient tout autant cambriolées que les banques. Il existe bien sûr depuis des programmes de substitution qui on fait et font merveille, pour l'ensemble de la société, mais ces solutions ne sont pas une panacée qui réponds à toutes les situations. La vente sans ordonnance de certaines spécialités était considérée par les institutions impliquées, à juste titre, comme un des outils de la prise en charge des toxicomanies et de la réduction des risques, un arc aussi important que sont les diverses structures impliquées dans cette vaste problématique sociale.

Pour toutes ces raisons, il apparait que cet arrêté, en plus d'être brutal et de générer bien des complications, soit probablement contre-productif en ce qui concerne nos jeunes et soit plus néfaste à l'ensemble de la population que bénéfique



Florian compte sur vous aujourd'hui

Florian CONSTAND a besoin de votre aide pour sa pétition “Patients, citoyens: Pour une réévaluation de la disponibilité des médicaments codéinés”. Rejoignez Florian et 154 signataires.