"Pas touche au cours Dajot, espace protégé !"

Le problème

Aux riverains du cours Dajot et à tous les amoureux sans frontières de notre patrimoine brestois,

Il y a deux ans, vous avez déjà été très nombreux à vous émouvoir et à vous mobiliser contre le projet immobilier visant à remplir tout l'espace existant entre les immeubles des rues Neptune (nos 1, 3, 5, 7), Voltaire (nos 5, 7) et Traverse (nos 2, 4).

Deux ans après le refus d'un premier permis de construire, une nouvelle demande a été déposée en mairie le 29 juillet par le même promoteur pour une construction similaire.

En pleine aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine que la ville de Brest a définie et s'est engagée à protéger dans le cadre du label "Ville et Pays d'Art et d'Histoire" obtenu en 2017, le nouveau et insensé projet envisage de coller une verrue sur l'hôtel Caradec et la villa Crosnier, tous deux d'époque antérieure ou proche de 1900 et identifiés spécifiquement par la ville comme "constructions remarquables et marqueurs identitaires du patrimoine brestois".

Brest, presque entièrement détruite après la seconde guerre mondiale, ne compte pas beaucoup d'immeubles anciens. Et pourtant, deux des tous derniers immeubles rescapés des bombardements et rares témoins du Brest d'avant-guerre verront leur unité architecturale rompue, leur histoire commune effacée.

Il n'y aura plus d'"ensemble remarquable du patrimoine" au cours Dajot, comme l'AVAP en revendique la défense, ni d'"immeubles remarquables" dont l'AVAP au-delà même de leur préservation, édicte que "Toute intervention sur ces bâtiments doit conduire à maintenir ou à rétablir les dispositions architecturales d’origine"

Quant à ces stigmates de la guerre, ces traces de balles visibles aujourd'hui sur les deux immeubles situés côte a côte, il n'y aura plus d'histoire à raconter par les guides touristiques, un immeuble moderne en maladroit "pastiche" y faisant obstacle…

Les modalités d'obtention du label "Ville et Pays d'Art et d'Histoire" sont pourtant claires :

https://www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/Label-Ville-et-Pays-d-art-et-d-histoire

Elles exigent ainsi de la ville qui postule, sous couvert d'une possible radiation en cas de non respect :

Un réel engagement politique des collectivités candidates à faire de la culture, de l’architecture et du patrimoine un projet local de développement.
La définition d'un périmètre pertinent fondé à partir de critères de cohérence historique, géographique, démographique et culturelle ;
Des moyens mis en œuvre par la collectivité candidate pour assurer la connaissance, la conservation, la protection et la valorisation du paysage, de l’architecture et du patrimoine ainsi que la capacité à respecter dans le temps les engagements liés à l’attribution du label en termes matériel, financier et humain.

Un tel projet de construction en pleine zone protégée du cours Dajot porte en outre directement préjudice aux habitants des rues Neptune (nos 1, 3, 5, 7), Voltaire (no 7), Traverse (nos 2, 4) qui verront leur habitation "étouffée" et considérablement dépréciée (aveuglement des fenêtres, obstruction de la vue et augmentation de l'humidité) au bénéfice d'un promoteur ravi en ce qui le concerne de s'enrichir par la vente de quelques appartements de luxe.

Toute excavation dans le sol brestois en général et celui du cours Dajot en particulier (qui s'apparente en fait à celui d'un gruyère) est de surcroit, en dépit de toutes les techniques modernes brandies par les constructeurs, facteur grave de risques avérés de fissuration ou d'effondrement des immeubles anciens adjacents. Les seules fondations de l'immeuble envisagé ainsi que le creusement d'un parking souterrain mettraient dangereusement en péril tout l'ensemble patrimonial protégé.

Que le promoteur contracte une assurance pour se prémunir contre de tels risques est une chose, que les seuls immeubles rescapés des bombes de la seconde guerre mondiale se fissurent voire s'effondrent est une calamité à peine imaginable.

Le terrain choisi pour cette construction n'a de plus jamais comporté de bâti (Il est resté depuis au moins 1900 un jardin, seulement converti après la dernière guerre en espace de garages) et le maintien de sa constructibilité après la promulgation de l'AVAP ne devait logiquement servir qu'à l'entretien de ces garages.

Des travaux d'au moins deux ans amèneraient enfin impérativement le blocage de l'avenue de Denver durant au moins deux ans, avec tous les tracas imaginables en résultant : déviation du trafic automobile, perte de places de stationnement, tout cela à proximité immédiate du Palais de Justice ! Le bruit du chantier, les vibrations des outils de terrassement, le ballet des camions et des bulldozers, la poussière générée, l'emprise inévitable sur les allées du cours Dajot (Algecos etc...) : personne ne peut sans frémir imaginer l'impact de ce projet délirant sur la tranquilité d'un quartier connu pour son agrément.

L'Association de Défense du Patrimoine Architectural et Historique du Cours Dajot, association loi 1901, demande aujourd'hui instamment la ville de Brest de se prononcer définitivement contre toute tentative de réalisation d'un projet immobilier à objet mercantile entre l'immeuble Caradec et la maison Crosnier, opération spéculative en totale contravention avec les prescriptions et dispositions parfaitement explicites de l'AVAP de Brest.

Association de Défense du Patrimoine Architectural et Historique du Cours Dajot

20 rue Denver

29200 Brest

defensepatrimoinebrest@gmail.com

avatar of the starter
Marie TALEBLanceur de pétition

1 221

Le problème

Aux riverains du cours Dajot et à tous les amoureux sans frontières de notre patrimoine brestois,

Il y a deux ans, vous avez déjà été très nombreux à vous émouvoir et à vous mobiliser contre le projet immobilier visant à remplir tout l'espace existant entre les immeubles des rues Neptune (nos 1, 3, 5, 7), Voltaire (nos 5, 7) et Traverse (nos 2, 4).

Deux ans après le refus d'un premier permis de construire, une nouvelle demande a été déposée en mairie le 29 juillet par le même promoteur pour une construction similaire.

En pleine aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine que la ville de Brest a définie et s'est engagée à protéger dans le cadre du label "Ville et Pays d'Art et d'Histoire" obtenu en 2017, le nouveau et insensé projet envisage de coller une verrue sur l'hôtel Caradec et la villa Crosnier, tous deux d'époque antérieure ou proche de 1900 et identifiés spécifiquement par la ville comme "constructions remarquables et marqueurs identitaires du patrimoine brestois".

Brest, presque entièrement détruite après la seconde guerre mondiale, ne compte pas beaucoup d'immeubles anciens. Et pourtant, deux des tous derniers immeubles rescapés des bombardements et rares témoins du Brest d'avant-guerre verront leur unité architecturale rompue, leur histoire commune effacée.

Il n'y aura plus d'"ensemble remarquable du patrimoine" au cours Dajot, comme l'AVAP en revendique la défense, ni d'"immeubles remarquables" dont l'AVAP au-delà même de leur préservation, édicte que "Toute intervention sur ces bâtiments doit conduire à maintenir ou à rétablir les dispositions architecturales d’origine"

Quant à ces stigmates de la guerre, ces traces de balles visibles aujourd'hui sur les deux immeubles situés côte a côte, il n'y aura plus d'histoire à raconter par les guides touristiques, un immeuble moderne en maladroit "pastiche" y faisant obstacle…

Les modalités d'obtention du label "Ville et Pays d'Art et d'Histoire" sont pourtant claires :

https://www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/Label-Ville-et-Pays-d-art-et-d-histoire

Elles exigent ainsi de la ville qui postule, sous couvert d'une possible radiation en cas de non respect :

Un réel engagement politique des collectivités candidates à faire de la culture, de l’architecture et du patrimoine un projet local de développement.
La définition d'un périmètre pertinent fondé à partir de critères de cohérence historique, géographique, démographique et culturelle ;
Des moyens mis en œuvre par la collectivité candidate pour assurer la connaissance, la conservation, la protection et la valorisation du paysage, de l’architecture et du patrimoine ainsi que la capacité à respecter dans le temps les engagements liés à l’attribution du label en termes matériel, financier et humain.

Un tel projet de construction en pleine zone protégée du cours Dajot porte en outre directement préjudice aux habitants des rues Neptune (nos 1, 3, 5, 7), Voltaire (no 7), Traverse (nos 2, 4) qui verront leur habitation "étouffée" et considérablement dépréciée (aveuglement des fenêtres, obstruction de la vue et augmentation de l'humidité) au bénéfice d'un promoteur ravi en ce qui le concerne de s'enrichir par la vente de quelques appartements de luxe.

Toute excavation dans le sol brestois en général et celui du cours Dajot en particulier (qui s'apparente en fait à celui d'un gruyère) est de surcroit, en dépit de toutes les techniques modernes brandies par les constructeurs, facteur grave de risques avérés de fissuration ou d'effondrement des immeubles anciens adjacents. Les seules fondations de l'immeuble envisagé ainsi que le creusement d'un parking souterrain mettraient dangereusement en péril tout l'ensemble patrimonial protégé.

Que le promoteur contracte une assurance pour se prémunir contre de tels risques est une chose, que les seuls immeubles rescapés des bombes de la seconde guerre mondiale se fissurent voire s'effondrent est une calamité à peine imaginable.

Le terrain choisi pour cette construction n'a de plus jamais comporté de bâti (Il est resté depuis au moins 1900 un jardin, seulement converti après la dernière guerre en espace de garages) et le maintien de sa constructibilité après la promulgation de l'AVAP ne devait logiquement servir qu'à l'entretien de ces garages.

Des travaux d'au moins deux ans amèneraient enfin impérativement le blocage de l'avenue de Denver durant au moins deux ans, avec tous les tracas imaginables en résultant : déviation du trafic automobile, perte de places de stationnement, tout cela à proximité immédiate du Palais de Justice ! Le bruit du chantier, les vibrations des outils de terrassement, le ballet des camions et des bulldozers, la poussière générée, l'emprise inévitable sur les allées du cours Dajot (Algecos etc...) : personne ne peut sans frémir imaginer l'impact de ce projet délirant sur la tranquilité d'un quartier connu pour son agrément.

L'Association de Défense du Patrimoine Architectural et Historique du Cours Dajot, association loi 1901, demande aujourd'hui instamment la ville de Brest de se prononcer définitivement contre toute tentative de réalisation d'un projet immobilier à objet mercantile entre l'immeuble Caradec et la maison Crosnier, opération spéculative en totale contravention avec les prescriptions et dispositions parfaitement explicites de l'AVAP de Brest.

Association de Défense du Patrimoine Architectural et Historique du Cours Dajot

20 rue Denver

29200 Brest

defensepatrimoinebrest@gmail.com

avatar of the starter
Marie TALEBLanceur de pétition
Soutenir maintenant

1 221


Les décisionnaires

Rima Abdul Malak
Rima Abdul Malak
ministre de la Culture
Brigitte Macron
Brigitte Macron
Première Dame de France
Mises à jour sur la pétition

Partager la pétition

Pétition lancée le 8 juillet 2020