Pas de tapis rouge pour le pape !

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Le problème

La République doit-elle mettre ses institutions et ses moyens au service du chef de l'Église catholique ?

Du 25 au 28 septembre, le pape Léon XIV sera en France. Mais ce qui nous préoccupe n'est pas la venue d'un dignitaire religieux. C'est la place que les pouvoirs publics lui accordent.

Dès son arrivée à Orly, le pape fera l'objet d'un accueil officiel. Il sera reçu à l'Élysée par Emmanuel Macron et s'adressera aux autorités françaises, à la société civile et au corps diplomatique. Sa visite se poursuivra notamment à l'UNESCO, à Notre-Dame de Paris, au Stade de France, sur la place de la Concorde et les Champs-Élysées, puis à Lourdes et à Metz.

Autrement dit : ce n'est pas seulement l'Église qui organise la venue du pape. L'État et les collectivités sont directement impliqués dans son déroulement.

Car il ne s'agit pas ici d'une simple question de protocole. La France est une République laïque. La loi de 1905 pose un principe clair : la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Alors pourquoi les institutions de la République accordent-elles une telle place au chef de l'Église catholique ?

Pourquoi l'Élysée ? Pourquoi cette réception officielle ? Pourquoi cette mobilisation exceptionnelle des moyens de l'État ? Pourquoi cette mise à disposition de l'espace public pour des événements liés à cette visite ?

Nous demandons :

  • la publication de l'ensemble des dépenses publiques engagées à l'occasion de cette visite ;
  • la publication des effectifs et moyens matériels mobilisés par l'État et les collectivités ;
  • qu'aucune dépense publique ne serve à organiser, promouvoir ou financer les cérémonies religieuses ;
  • qu'aucun avantage particulier ne soit accordé à l'Église catholique par les pouvoirs publics ;
  • la fin de toute mise en scène institutionnelle donnant à un chef religieux un statut privilégié ;
  • le strict respect de la neutralité de l'État.


Cette exigence est d'autant plus légitime que le rapport de la CIASE a estimé à environ 216 000 le nombre de personnes qui, alors qu'elles étaient mineures, ont subi des violences sexuelles commises par des prêtres, religieux ou religieuses depuis 1950. En incluant les auteurs laïcs intervenant dans des institutions ou activités liées à l'Église, l'estimation atteint environ 330 000 victimes.

Face à l'ampleur de ce scandale, la République doit-elle participer à la mise en scène institutionnelle du chef de cette Église ?

Nous pensons que non.

Il ne s'agit pas d'interdire une visite. Il ne s'agit pas d'empêcher une religion d'exister.

Il s'agit de rappeler à l'État ses propres obligations.

La République n'a pas de religion.

Elle ne doit en privilégier aucune. Elle ne doit en financer aucune. Et elle ne doit pas mettre ses institutions au service d'une Église.

L'État protège les citoyens. L'État garantit la liberté de conscience. L'État ne sert aucun culte.

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Olivier LAMYLanceur de pétition

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