Organisation de l'Examen du Barreau en C.I. - Stop au Génocide Professionnel !


Organisation de l'Examen du Barreau en C.I. - Stop au Génocide Professionnel !
Le problème
- Cher Maitre, avez-vous un dernier mot pour les futurs avocats ?
- Le jour de ma première audience, j’ai pleuré comme un enfant parce que j’avais perdu le procès. Ça m’a beaucoup découragé. Celui contre lequel j’avais plaidé qui était un avocat très ancien, un européen qui est rentré maintenant, m’a dit : « jeune confrère, ne vous découragez pas parce que la route est longue ». Et j’ai gardé la leçon. Il n’y a que par le travail qu’on peut avancer. Mais autant je me souviens de ce premier jour où j’ai versé des larmes, autant je me souviens des moments exaltants où des gens, à la salle des pas perdus, comme un enfant, m’ont soulevé par les pieds et m’ont jeté en l’air. Ça n’a pas de prix ce genre de moment. Ça n’a pas de prix de voir que vous apportez un peu de bonheur dans une famille qui, à l’occasion d’un procès vous est reconnaissant. On ne peut pas l’expliquer. Il faut le vivre. (…) Donc moi, je ne peux que conseiller aux jeunes de venir à la profession d’avocat s’ils veulent être de bons serviteurs du droit(...) Si vous avez cette vocation, alors n’ayez pas peur. »
Entretien avec le bâtonnier Me Adje Luc pour la Revue Universitaire des Etudiants des Lagunes (R.U.E.L), Mai 2014.
Cette ode à la profession d’avocat et cette invitation lancée à la jeunesse par une figure emblématique du paysage juridique ivoirien sont aujourd’hui surannées. En effet, avant que la jeunesse ne puisse venir à la profession d’avocat, il faudrait déjà qu’on lui donne les moyens de le faire.
Nous sommes en 2023 et nous avançons vers une triste cinquième année sans examen du barreau. Ainsi, 2018 a été la dernière année ayant vu le lancement de l’examen du barreau sanctionné par la délivrance du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA), au grand dam de tous les juristes désireux d’intégrer la profession.
Depuis la crise postélectorale de 2010, la mythification de l’examen s’est amplifiée et il est dorénavant organisé avec une irrégularité déconcertante. En 12 années, il n’y a eu que quatre sessions alors que la Côte d’Ivoire a cruellement besoin d’Avocats.
Les chiffres sont consternants. Notre pays compte environ 500 avocats pour une population d'environ 28.000.000 d'habitants, soit 1 avocat pour 56.000 personnes et 1 seul et unique barreau. En guise de comparaison, la France compte environ 70.000 avocats pour une population d'environ 67.000.000 d'habitants, soit 1 avocat pour 957 personnes. Elle compte 164 barreaux répartis sur son territoire. Le barreau de Paris ayant à lui seul 30.000 avocats.
Ainsi, l’évolution du nombre d’avocats en Côte d’Ivoire par décennies depuis 1990 témoigne de la criticité de la situation :
De 1990 à 2000 : 232 avocats inscrits et une moyenne de 23,2 avocats/an (232/10)
De 2001 à 2010 : 222 avocats inscrits et une moyenne de 22.2 avocats/an (222/10)
De 2011 à 2019 119 avocats inscrits et une moyenne de 11.9 avocats/an (119/10)
Combien sont-ils ceux qui ont vu ou voient le système écraser et piétiner leurs aspirations et vocations profondes de manière inique du fait de la non-organisation ou de l’intermittence injustifiée et inexpliquée de l’examen du barreau ? Dans notre propre pays, les cabinets d'avocats comblent le manque d'avocats en recrutant des avocats venant de l'extérieur. Cela est inqualifiable et inadmissible lorsque de nombreux ivoiriens n'ont plus la chance d'intégrer la profession depuis 2018.
L’Etat de Droit et la justice sociale sont les fers de lance de la Démocratie.
La justice est indubitablement un service public qui doit être en constante amélioration.
Cela passe également par une organisation juste, équitable et transparente de l’examen du barreau et en rendant à la profession d’Avocat en Côte d’Ivoire son caractère libéral qu’elle n'aurait jamais dû perdre.
Mieux encore, avec la crise de l’emploi, l’un des leviers d’action devrait être notamment les professions libérales.
Enfin, des avocats en nombre suffisant permettraient de décentraliser la profession vers les villes de l’intérieur du pays, éventuellement créer d’autres barreaux et faciliter l’accès a la représentation judiciaire pour tous les justiciables.
C’est la raison pour laquelle nous lançons cette pétition pour interpeller le Président de la République, le Premier Ministre et le gouvernement, ainsi que la société civile sur cette situation précaire qui n’honore pas notre pays.
Saint Paul disait ceci : “une communauté saine est comme le corps humain. Ses membres se soutiennent et s’entraident mutuellement les uns les autres.”
Quel que soit votre domaine d’activité professionnelle, nous vous prions de nous aider à rendre notre justice et par ricochet notre communauté meilleures en signant et partageant cette pétition.
L’Ordre des Eléphants Blancs de Cote d’Ivoire (OEBCI)
Le problème
- Cher Maitre, avez-vous un dernier mot pour les futurs avocats ?
- Le jour de ma première audience, j’ai pleuré comme un enfant parce que j’avais perdu le procès. Ça m’a beaucoup découragé. Celui contre lequel j’avais plaidé qui était un avocat très ancien, un européen qui est rentré maintenant, m’a dit : « jeune confrère, ne vous découragez pas parce que la route est longue ». Et j’ai gardé la leçon. Il n’y a que par le travail qu’on peut avancer. Mais autant je me souviens de ce premier jour où j’ai versé des larmes, autant je me souviens des moments exaltants où des gens, à la salle des pas perdus, comme un enfant, m’ont soulevé par les pieds et m’ont jeté en l’air. Ça n’a pas de prix ce genre de moment. Ça n’a pas de prix de voir que vous apportez un peu de bonheur dans une famille qui, à l’occasion d’un procès vous est reconnaissant. On ne peut pas l’expliquer. Il faut le vivre. (…) Donc moi, je ne peux que conseiller aux jeunes de venir à la profession d’avocat s’ils veulent être de bons serviteurs du droit(...) Si vous avez cette vocation, alors n’ayez pas peur. »
Entretien avec le bâtonnier Me Adje Luc pour la Revue Universitaire des Etudiants des Lagunes (R.U.E.L), Mai 2014.
Cette ode à la profession d’avocat et cette invitation lancée à la jeunesse par une figure emblématique du paysage juridique ivoirien sont aujourd’hui surannées. En effet, avant que la jeunesse ne puisse venir à la profession d’avocat, il faudrait déjà qu’on lui donne les moyens de le faire.
Nous sommes en 2023 et nous avançons vers une triste cinquième année sans examen du barreau. Ainsi, 2018 a été la dernière année ayant vu le lancement de l’examen du barreau sanctionné par la délivrance du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA), au grand dam de tous les juristes désireux d’intégrer la profession.
Depuis la crise postélectorale de 2010, la mythification de l’examen s’est amplifiée et il est dorénavant organisé avec une irrégularité déconcertante. En 12 années, il n’y a eu que quatre sessions alors que la Côte d’Ivoire a cruellement besoin d’Avocats.
Les chiffres sont consternants. Notre pays compte environ 500 avocats pour une population d'environ 28.000.000 d'habitants, soit 1 avocat pour 56.000 personnes et 1 seul et unique barreau. En guise de comparaison, la France compte environ 70.000 avocats pour une population d'environ 67.000.000 d'habitants, soit 1 avocat pour 957 personnes. Elle compte 164 barreaux répartis sur son territoire. Le barreau de Paris ayant à lui seul 30.000 avocats.
Ainsi, l’évolution du nombre d’avocats en Côte d’Ivoire par décennies depuis 1990 témoigne de la criticité de la situation :
De 1990 à 2000 : 232 avocats inscrits et une moyenne de 23,2 avocats/an (232/10)
De 2001 à 2010 : 222 avocats inscrits et une moyenne de 22.2 avocats/an (222/10)
De 2011 à 2019 119 avocats inscrits et une moyenne de 11.9 avocats/an (119/10)
Combien sont-ils ceux qui ont vu ou voient le système écraser et piétiner leurs aspirations et vocations profondes de manière inique du fait de la non-organisation ou de l’intermittence injustifiée et inexpliquée de l’examen du barreau ? Dans notre propre pays, les cabinets d'avocats comblent le manque d'avocats en recrutant des avocats venant de l'extérieur. Cela est inqualifiable et inadmissible lorsque de nombreux ivoiriens n'ont plus la chance d'intégrer la profession depuis 2018.
L’Etat de Droit et la justice sociale sont les fers de lance de la Démocratie.
La justice est indubitablement un service public qui doit être en constante amélioration.
Cela passe également par une organisation juste, équitable et transparente de l’examen du barreau et en rendant à la profession d’Avocat en Côte d’Ivoire son caractère libéral qu’elle n'aurait jamais dû perdre.
Mieux encore, avec la crise de l’emploi, l’un des leviers d’action devrait être notamment les professions libérales.
Enfin, des avocats en nombre suffisant permettraient de décentraliser la profession vers les villes de l’intérieur du pays, éventuellement créer d’autres barreaux et faciliter l’accès a la représentation judiciaire pour tous les justiciables.
C’est la raison pour laquelle nous lançons cette pétition pour interpeller le Président de la République, le Premier Ministre et le gouvernement, ainsi que la société civile sur cette situation précaire qui n’honore pas notre pays.
Saint Paul disait ceci : “une communauté saine est comme le corps humain. Ses membres se soutiennent et s’entraident mutuellement les uns les autres.”
Quel que soit votre domaine d’activité professionnelle, nous vous prions de nous aider à rendre notre justice et par ricochet notre communauté meilleures en signant et partageant cette pétition.
L’Ordre des Eléphants Blancs de Cote d’Ivoire (OEBCI)
Victoire
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Les décisionnaires
Pétition lancée le 10 janvier 2023
