Opposition à la candidature éventuelle du Rwanda à un poste de direction au sein de l'OIF


Opposition à la candidature éventuelle du Rwanda à un poste de direction au sein de l'OIF
Le problème
Mesdames, Messieurs les Représentants,
Nous, citoyens, organisations de la société civile, intellectuels et membres engagés de l'espace francophone, profondément attachés aux valeurs fondamentales inscrites dans la Charte de la Francophonie, tenons par la présente à exprimer notre plus vive inquiétude et notre opposition catégorique à toute candidature du Rwanda à un poste de leadership au sein de l'OIF.
Notre position, loin d'être arbitraire, s'appuie sur un corpus substantiel de preuves et de rapports accablants émanant d'instances internationales respectées, qui documentent le rôle du gouvernement rwandais dans la perpétuation d'un conflit qui ravage le premier pays francophone du monde, la République Démocratique du Congo (RDC).
I. Le dévoiement des principes fondamentaux de la Charte de la Francophonie
La Charte de la Francophonie, dans son Préambule et ses articles, réaffirme l'engagement irrévocable des États membres à :
· La promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l'Homme.
· La prévention des conflits et le renforcement de l'État de droit.
· La solidarité, le développement durable et la coopération au service des peuples.
L'éventuelle candidature d'un État dont les actions contredisent frontalement ces principes serait une trahison de l'idéal francophone.
II. L'argumentaire factuel : Les preuves documentées de la déstabilisation de la RDC
De multiples sources indépendantes et onusiennes établissent de manière constante et détaillée l'implication du Rwanda dans les atrocités commises à l'Est de la RDC.
A. Les Rapports du Groupe d'experts de l'ONU sur la RDC : Des preuves accablantes et récurrentes
Le Groupe d'experts des Nations Unies sur la RDC, mandaté par le Conseil de Sécurité, a, année après année, documenté le soutien du Rwanda au groupe armé M23 et à d'autres factions.
· Dans son rapport final de 2022, le Groupe d'experts a établi que "le Rwanda a fourni un soutien militaire au M23", incluant des renseignements, des équipements, des conseillers militaires et le déploiement de membres des Forces Rwandaises de Défense (RDF) sur le territoire congolais.
· Le rapport de 2023 est tout aussi explicite, notant des "preuves de soutien direct" du Rwanda au M23, notamment des "interventions directes des troupes rwandaises sur le sol congolais" pour soutenir les offensives du groupe armé.
· Ces rapports documentent également le financement du M23 grâce au trafic illicite des ressources naturelles congolaises (or, coltan), une exploitation qui alimente le conflit et prive le peuple congolais de son patrimoine.
B. Les rapports d'ONG internationales de défense des droits de l'Homme
· Amnesty International, dans son rapport de 2023 intitulé "République démocratique du Congo : Il faut mettre fin aux atrocités et garantir l’accès humanitaire dans le Nord-Kivu", a documenté les crimes de droit international commis par le M23, y compris des massacres de civils, des pillages systématiques et des violences sexuelles. Le rapport souligne que ces crimes sont rendus possibles par le soutien externe dont bénéficie le groupe.
· Human Rights Watch (HRW) alerte régulièrement sur la situation. Dans un communiqué de 2023, HRW pointait du doigt les "atrocités" du M23 et le fait que "les dirigeants rwandais devraient cesser de soutenir le groupe rebelle du M23, responsable de massacres et de viols". L'ONG a recueilli des témoignages directs impliquant des soldats rwandais aux côtés des combattants du M23.
C. La crise humanitaire : Un bilan catastrophique pour le peuple congolais
Cette ingérence militaire a des conséquences humaines directes et dramatiques :
· Plus de 6,9 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays (selon l'OIM), un record mondial, dont une majorité dans l'Est du pays à cause de l'activité des groupes armés soutenus par le Rwanda.
· Des centaines de milliers de civils contraints de fuir les violences perpétrées par le M23.
· Un accès humanitaire gravement entravé pour des millions de personnes dans le besoin.
· Un système de violence sexuelle utilisé comme arme de guerre à grande échelle.
III. La contradiction insoutenable : Diriger la Francophonie tout en déstabilisant sa nation phare
La République Démocratique du Congo, avec ses près de 100 millions d'habitants, est le cœur démographique de la Francophonie. Elle en incarne l'avenir, le potentiel et la diversité.
Comment un État dont les actions militaires et politiques contribuent directement à déstabiliser, saigner, appauvrir et diviser la nation francophone la plus peuplée pourrait-il prétendre incarner et diriger la famille francophone ? Une telle perspective est :
· Une insulte morale aux millions de victimes congolaises de ce conflit.
· Une incohérence politique qui saperait la crédibilité de l'OIF sur la scène internationale.
· Une trahison de la solidarité qui doit être le ciment de notre communauté.
IV. Nos demandes solennelles
En conséquence, forts de ces éléments factuels, nous, signataires de cette pétition, appelons solennellement :
1. Les États et gouvernements membres de l'OIF à s'opposer par tous les moyens diplomatiques à toute candidature du Rwanda à un poste de haut niveau au sein de l'Organisation, tant que ce pays n'aura pas :
· Mis un terme définitif et vérifiable à tout soutien, direct ou indirect, aux groupes armés opérant en RDC.
· Respecté scrupuleusement l'intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC.
· Pleinement souscrit aux principes de la Charte de la Francophonie, non seulement en parole, mais en actes.
2. La Secrétaire générale de l'OIF à user de son autorité morale pour porter haut la voix de la raison et des valeurs, et pour que l'Organisation adopte une position claire, ferme et sans équivoque en faveur de la paix et de la souveraineté en RDC.
3. L'ensemble de la communauté francophone – parlements, médias, société civile – à se saisir de ce débat crucial. La Francophonie ne peut pas, au nom de la realpolitik, sacrifier ses principes fondateurs et la sécurité du peuple congolais.
Nous resterons vigilants et continuerons à nous mobiliser pour que la Francophonie soit et demeure une communauté de langue, mais surtout une communauté de valeurs partagées, défendues avec courage et sans compromission.
Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs les Représentants, l'expression de notre profond respect et de notre attente d'une action responsable de votre part.
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Le problème
Mesdames, Messieurs les Représentants,
Nous, citoyens, organisations de la société civile, intellectuels et membres engagés de l'espace francophone, profondément attachés aux valeurs fondamentales inscrites dans la Charte de la Francophonie, tenons par la présente à exprimer notre plus vive inquiétude et notre opposition catégorique à toute candidature du Rwanda à un poste de leadership au sein de l'OIF.
Notre position, loin d'être arbitraire, s'appuie sur un corpus substantiel de preuves et de rapports accablants émanant d'instances internationales respectées, qui documentent le rôle du gouvernement rwandais dans la perpétuation d'un conflit qui ravage le premier pays francophone du monde, la République Démocratique du Congo (RDC).
I. Le dévoiement des principes fondamentaux de la Charte de la Francophonie
La Charte de la Francophonie, dans son Préambule et ses articles, réaffirme l'engagement irrévocable des États membres à :
· La promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l'Homme.
· La prévention des conflits et le renforcement de l'État de droit.
· La solidarité, le développement durable et la coopération au service des peuples.
L'éventuelle candidature d'un État dont les actions contredisent frontalement ces principes serait une trahison de l'idéal francophone.
II. L'argumentaire factuel : Les preuves documentées de la déstabilisation de la RDC
De multiples sources indépendantes et onusiennes établissent de manière constante et détaillée l'implication du Rwanda dans les atrocités commises à l'Est de la RDC.
A. Les Rapports du Groupe d'experts de l'ONU sur la RDC : Des preuves accablantes et récurrentes
Le Groupe d'experts des Nations Unies sur la RDC, mandaté par le Conseil de Sécurité, a, année après année, documenté le soutien du Rwanda au groupe armé M23 et à d'autres factions.
· Dans son rapport final de 2022, le Groupe d'experts a établi que "le Rwanda a fourni un soutien militaire au M23", incluant des renseignements, des équipements, des conseillers militaires et le déploiement de membres des Forces Rwandaises de Défense (RDF) sur le territoire congolais.
· Le rapport de 2023 est tout aussi explicite, notant des "preuves de soutien direct" du Rwanda au M23, notamment des "interventions directes des troupes rwandaises sur le sol congolais" pour soutenir les offensives du groupe armé.
· Ces rapports documentent également le financement du M23 grâce au trafic illicite des ressources naturelles congolaises (or, coltan), une exploitation qui alimente le conflit et prive le peuple congolais de son patrimoine.
B. Les rapports d'ONG internationales de défense des droits de l'Homme
· Amnesty International, dans son rapport de 2023 intitulé "République démocratique du Congo : Il faut mettre fin aux atrocités et garantir l’accès humanitaire dans le Nord-Kivu", a documenté les crimes de droit international commis par le M23, y compris des massacres de civils, des pillages systématiques et des violences sexuelles. Le rapport souligne que ces crimes sont rendus possibles par le soutien externe dont bénéficie le groupe.
· Human Rights Watch (HRW) alerte régulièrement sur la situation. Dans un communiqué de 2023, HRW pointait du doigt les "atrocités" du M23 et le fait que "les dirigeants rwandais devraient cesser de soutenir le groupe rebelle du M23, responsable de massacres et de viols". L'ONG a recueilli des témoignages directs impliquant des soldats rwandais aux côtés des combattants du M23.
C. La crise humanitaire : Un bilan catastrophique pour le peuple congolais
Cette ingérence militaire a des conséquences humaines directes et dramatiques :
· Plus de 6,9 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays (selon l'OIM), un record mondial, dont une majorité dans l'Est du pays à cause de l'activité des groupes armés soutenus par le Rwanda.
· Des centaines de milliers de civils contraints de fuir les violences perpétrées par le M23.
· Un accès humanitaire gravement entravé pour des millions de personnes dans le besoin.
· Un système de violence sexuelle utilisé comme arme de guerre à grande échelle.
III. La contradiction insoutenable : Diriger la Francophonie tout en déstabilisant sa nation phare
La République Démocratique du Congo, avec ses près de 100 millions d'habitants, est le cœur démographique de la Francophonie. Elle en incarne l'avenir, le potentiel et la diversité.
Comment un État dont les actions militaires et politiques contribuent directement à déstabiliser, saigner, appauvrir et diviser la nation francophone la plus peuplée pourrait-il prétendre incarner et diriger la famille francophone ? Une telle perspective est :
· Une insulte morale aux millions de victimes congolaises de ce conflit.
· Une incohérence politique qui saperait la crédibilité de l'OIF sur la scène internationale.
· Une trahison de la solidarité qui doit être le ciment de notre communauté.
IV. Nos demandes solennelles
En conséquence, forts de ces éléments factuels, nous, signataires de cette pétition, appelons solennellement :
1. Les États et gouvernements membres de l'OIF à s'opposer par tous les moyens diplomatiques à toute candidature du Rwanda à un poste de haut niveau au sein de l'Organisation, tant que ce pays n'aura pas :
· Mis un terme définitif et vérifiable à tout soutien, direct ou indirect, aux groupes armés opérant en RDC.
· Respecté scrupuleusement l'intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC.
· Pleinement souscrit aux principes de la Charte de la Francophonie, non seulement en parole, mais en actes.
2. La Secrétaire générale de l'OIF à user de son autorité morale pour porter haut la voix de la raison et des valeurs, et pour que l'Organisation adopte une position claire, ferme et sans équivoque en faveur de la paix et de la souveraineté en RDC.
3. L'ensemble de la communauté francophone – parlements, médias, société civile – à se saisir de ce débat crucial. La Francophonie ne peut pas, au nom de la realpolitik, sacrifier ses principes fondateurs et la sécurité du peuple congolais.
Nous resterons vigilants et continuerons à nous mobiliser pour que la Francophonie soit et demeure une communauté de langue, mais surtout une communauté de valeurs partagées, défendues avec courage et sans compromission.
Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs les Représentants, l'expression de notre profond respect et de notre attente d'une action responsable de votre part.
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Pétition lancée le 21 novembre 2025