Ali and Lucy Tabrizi Directors of SeaspiracyLondon, United Kingdom
Feb 11, 2022
Chers citoyens,

Vous avez signé une pétition pour appeler les États à protéger nos océans. L’engagement qui est le mien dans ce combat est total. Je veux ici vous l’assurer, faire le point sur les avancées, vous dire les objectifs que je porte et que je porterai jusqu’au bout.

Les océans nous nourrissent, ils constituent le premier apport en protéines pour trois milliards de femmes et d’hommes sur la planète. Les océans nous permettent de respirer, ils produisent la moitié de notre oxygène. Les océans jouent un rôle décisif dans le ralentissement du réchauffement climatique, ils constituent le premier puits de carbone de notre planète. Les océans sont des merveilles, des sanctuaires de biodiversité, ils abritent 90 % de l’habitat naturel de la terre. C’est pourquoi nous devons les protéger, très concrètement, marquer l’effort et mobiliser. Je m’y suis engagé.

Protéger 30 % de nos aires terrestres et marines d’ici 2030 : voilà l’objectif que j’avais fixé au printemps 2019. Cet objectif, nous l’avons inscrit dans la loi, sans attendre. Les créations d’aires protégées, partout en France, se sont multipliées, à l’initiative de l’État mais aussi des collectivités territoriales qui s’engagent dans cette démarche. Cet objectif, huit ans avant l’échéance fixée au niveau international, est désormais atteint.

Après la signature ce matin du décret qui étend la réserve naturelle des Terres Australes françaises, cet objectif est même dépassé : 33% de la superficie française est désormais classée en « aires protégées ». Cette nouvelle réserve naturelle est maintenant la deuxième plus grande aire protégée du monde. Notre responsabilité est immense.

Lorsque l’on parle des « aires protégées », ce ne sont pas que des mots, ce sont des actes : il s’agit là de protéger par des actes des écosystèmes uniques, avec des millions d’oiseaux marins, les plus grandes colonies au monde de manchots empereurs et d’éléphants de mer.

Nous donnons également un coup d’accélérateur à la « protection forte » : nous doublons notre surface couverte par ce régime qui est le plus protecteur, en passant de moins de 2 % à 4 % d’aires protégées fortes. C’est un grand pas vers l’objectif de 10 % que nous nous sommes fixés pour 2030.

Nous pouvons être fiers, collectivement, de cet élan donné à la création d’aires protégées. Il est l’un des apports les plus significatifs en faveur de l’environnement de ces dernières années. Il se poursuivra : j’ai engagé en automne dernier à Marseille une dynamique pour placer 5 % de la Méditerranée en protection forte d’ici 2028. Les déclinaisons sont en cours, avec les acteurs de terrain, les élus, les pécheurs, les associations de protection de l’environnement. Car développer les aires protégées ne se décrète pas simplement : il faut construire, dialoguer, concerter, expliquer. C’est la condition du succès dans la durée.

Changer la donne implique une mobilisation au niveau international. En créant le One Planet Summit, et en menant de nombreuses initiatives, je me suis battu pour que cet objectif de 30% soit celui de tous. Dans cette voie, la Coalition de la haute ambition pour la Nature et les Peuples – que nous avons lancée aux côtés du Costa Rica dans le cadre du One Planet Summit –, est en train de démontrer que nous pouvons y arriver, que nous pouvons aller vite et fort. Cette coalition rassemble désormais 83 pays, soit d’ores et déjà près de la moitié des États qui se réuniront à la COP15, sous présidence Chinoise, dans quelques mois.

Nous avançons. On continue.

Il nous faut maintenant réussir les prochains grands rendez-vous.

La COP biodiversité de Kunming cet été peut et doit ancrer l’objectif de protéger 30 % des espaces terrestres et maritimes au niveau international. La COP27 de Charm el Cheikh doit être une opportunité d’inscrire l’océan au cœur de l’agenda climatique international et de mobiliser les financements climat au service de la protection de nos océans, car sans océans en bonne santé, nous n’arriverons pas à tenir les engagements climatiques auxquels nous sommes tous attachés : ceux de l’Accord de Paris.

La pollution plastique est un fléau pour nos océans. On parle même d’un « continent de plastique », qui symbolise les errements du passé. La France et l’Europe ont montré la voie en mettant un terme en quelques années aux principaux objets en plastique à usage unique que l’on retrouvait dans nos océans. Nous avons engagé en France une révolution, pour réduire sur terre les utilisations des plastiques afin qu’on ne les retrouve pas en mer. Pour aller plus loin, nous allons aussi massivement investir dans le recyclage du plastique, pour que les déchets deviennent des ressources et ne finissent plus dans les mers. Dès la fin du mois de février, à Nairobi, nous devons engager la négociation d’un traité international contraignant pour mettre fin à cette pollution.

Nos océans subissent les dégâts de la surpêche et de la pêche illicite, entreprise criminelle qui nourrit les mafias et les trafics en tout genre, et la surpêche irresponsable. La pétition que vous avez signée met en lumière un combat déterminant pour notre planète : la lutte contre les excès, les dérives, les horreurs d’une pêche irresponsable.

Au large de la Guyane, dans l’Océan indien, comme dans le Pacifique, la France traque les activités de pêche illégale sans relâche. À cet égard, je veux saluer l’engagement de nos forces de sécurité et en particulier de nos militaires qui veillent jour et nuit. Ils prennent parfois de grands risques pour assurer cette mission, notamment lorsqu’ils doivent intervenir face à des mafias organisées et armées.

L’Union européenne est également mobilisée sur le sujet. Je me réjouis des retours positifs de plusieurs États européens pour mobiliser avec la France leurs marines d’État, partout dans le monde.

Au One Ocean Summit à Brest, aujourd’hui, j’ai invité tous les États qui partagent notre préoccupation à rejoindre cette coopération, pour accompagner les États riverains des bassins où sévit ce fléau, comme dans le Golfe de Guinée ou le canal du Mozambique. Nous avons besoin de travailler tous ensemble, États et organisations, pour savoir ce qui se passe en mer, et agir pour protéger.

Lutter contre la pêche illégale, contre les dérives de certaines pêches industrielles, comme nous l’avons fait en Europe en interdisant enfin la pêche au chalut électrique, c’est aussi affirmer notre soutien à nos pêcheurs, à une pêche durable, qui progresse chaque jour pour respecter l’environnement dont elle dépend.

Cela permet des progrès pour tous : pour les écosystèmes, mais aussi pour nos pêcheurs, pour une concurrence plus loyale, par la définition de règles communes. C’est pourquoi, lors de la 12e conférence ministérielle de l’OMC, nous devons aboutir à un accord pour supprimer les subventions publiques qui contribuent à la surpêche ou à la pêche illicite. La France portera haut cet objectif. L’argent du contribuable doit être investi pour un usage écologique, notamment pour accompagner la transition vers une pêche durable.

Le One Ocean Summit de Brest a aussi été l’occasion de renforcer l’arsenal juridique pour lutter contre la pêche illicite, et je salue les États qui nous ont rejoints à cette occasion en ratifiant notamment l’accord sur les mesures de l’État du port, qui permet des inspections et un meilleur contrôle des débarquements, et l’accord du Cap de l’Organisation Maritime Internationale. Nous savons à quel point cet instrument est important pour lutter contre la pêche illicite ou non régulée.

L’année 2022 doit être celle d’un grand tournant pour nos océans. Rien de cela ne se fera sans la mobilisation de chacun, dans la durée. J’ai rassemblé à Brest les forces vives de la mer : entreprises, société civile, élus locaux, jeunesse. C’est une première étape qui doit se prolonger tout au long de l’année, à Nairobi sur le plastique, à New York sur la gouvernance de la haute mer, à Lisbonne et à Kunming pour la biodiversité. Nous partageons tous cette même détermination à protéger nos océans. Et je sais pouvoir compter sur vous.

Il nous faut tout faire pour gagner ce combat du siècle.

En confiance,

Emmanuel Macron
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