NON À L’ÉCOLE OBLIGATOIRE DÈS 1 AN : laissons le choix aux parents
NON À L’ÉCOLE OBLIGATOIRE DÈS 1 AN : laissons le choix aux parents
Le problème
À un an, un enfant est un bébé.
Un bébé qui apprend énormément, bien avant de franchir la porte d'une école : quand on lui parle, quand on lui répond, quand on lui raconte une histoire pour la douzième fois, quand il touche, grimpe, observe, renverse, recommence, quand il joue dehors, quand il entend des mots, quand un adulte disponible répond à ses tentatives de communication.
L'apprentissage commence bien avant l'école.
Alors oui, luttons contre les inégalités dès la petite enfance.
Mais ne faisons pas croire qu'il n'existerait qu'une seule solution : séparer toujours plus tôt les enfants de leur famille et transformer progressivement la petite enfance en une sorte de crèche obligatoire.
Aujourd'hui, en France, l'instruction est obligatoire à partir de trois ans.
Nous demandons qu'elle ne soit pas abaissée à un an et qu'aucune obligation équivalente d'accueil collectif, qui reviendrait dans les faits à instaurer une sorte de « crèche obligatoire », ne soit imposée aux familles.
Et nous souhaitons aller plus loin : ouvrir un véritable débat national sur le retour de l'obligation d'instruction à six ans, tout en conservant une école maternelle publique, gratuite et de qualité pour les familles qui souhaitent y inscrire leurs enfants avant cet âge.
Parce que pouvoir mettre son enfant à l'école et être obligé de le mettre à l'école, ce n'est pas la même chose.
Et parce que les parents doivent conserver une place centrale dans les premières années de leur enfant.
Vous voulez lutter contre les inégalités ? Alors donnons réellement des moyens aux familles.
On peut lire à un bébé de six mois.
On peut énormément stimuler le langage d'un enfant avant son entrée à l'école.
On peut chanter, raconter, jouer, compter les marches de l'escalier, nommer les animaux dans la rue, toucher la terre, courir dans une forêt, faire de la peinture, cuisiner, construire, démonter et recommencer.
Un enfant apprend partout.
Alors plutôt que de partir du principe que les familles seraient incapables de participer à cet éveil et qu'il faudrait donc prendre leurs enfants en charge toujours plus tôt, donnons-leur les outils pour le faire.
Créons une véritable politique nationale de soutien à la petite enfance.
Je parle de quelque chose de concret.
Des applications éducatives publiques et gratuites, avec des jeux, des histoires, des idées d'activités et des informations adaptées à chaque âge.
De vraies campagnes nationales sur les écrans et le développement du tout-petit, avec surtout des alternatives concrètes pour les parents.
Un budget livres pour chaque enfant, parce qu'un livre ne devrait jamais être un luxe.
Des bibliothèques, ateliers, activités sportives, culturelles et sorties dans la nature beaucoup plus accessibles et gratuites pour les familles qui en ont besoin.
Des lieux où les parents puissent venir jouer et apprendre avec leurs enfants.
Et surtout : apprendre aux parents comment apprend un enfant.
Et si nous parlions enfin de ce qui peut réellement empêcher un enfant d'apprendre ?
On parle beaucoup de mettre les enfants à l'école toujours plus tôt pour favoriser les apprentissages.
Mais avant de chercher à quel âge un enfant doit apprendre, demandons-nous dans quelles conditions son cerveau est capable d'apprendre.
Parce qu'un enfant n'est pas un petit adulte qu'il suffirait de faire asseoir sur une chaise plus tôt pour qu'il apprenne davantage.
Il a d'abord besoin de se sentir en sécurité.
Et il existe encore cette vieille croyance éducative selon laquelle il faudrait faire peur à un enfant pour obtenir quelque chose de lui.
Crier plus fort. Humilier. Attraper brutalement par le bras. Punir. Menacer.
Et à la maison : la fessée, la gifle, le « tu vas voir quand ton père va rentrer », le « arrête de pleurer », le « t'es bête ou quoi ? ».
Avec toujours cette même justification : « Nous, on a été élevés comme ça et on n'en est pas morts. »
Non.
Mais aujourd'hui, nous en savons davantage.
Les neurosciences et les recherches sur le développement de l'enfant nous montrent que lorsque le cerveau perçoit une menace, les systèmes biologiques du stress se mettent en route.
Ponctuellement, c'est normal. Un enfant peut avoir peur, être frustré ou vivre un stress sans que son cerveau soit « abîmé ».
Mais lorsque la peur, les humiliations, la violence ou l'insécurité deviennent fortes, répétées ou prolongées, ce stress peut perturber le développement cérébral et les fonctions dont l'enfant a justement besoin pour apprendre : attention, mémoire, langage, régulation émotionnelle, raisonnement.
L'hippocampe participe notamment aux mécanismes de mémoire et d'apprentissage. Mais soyons précis : un cri ne vient pas simplement « bloquer l'hippocampe ».
Le fonctionnement cérébral est beaucoup plus complexe.
Un enfant qui se sent constamment menacé mobilise une partie de ses ressources pour faire face à cette menace.
Et on voudrait ensuite lui demander tranquillement de se concentrer sur sa fiche de mathématiques ?
La sécurité émotionnelle n'est pas du laxisme.
La communication non violente ne signifie pas laisser un enfant faire absolument tout ce qu'il veut.
On peut dire non. On peut poser des règles. On peut être ferme. On peut demander des efforts. On peut apprendre la frustration.
Mais on peut le faire sans terroriser, humilier ou brutaliser un enfant.
C'est précisément pour cela que nous demandons que les professionnels qui travaillent auprès des enfants soient davantage formés au développement cérébral, aux mécanismes du stress, à la régulation émotionnelle et aux méthodes éducatives non violentes.
Et que les parents puissent accéder eux aussi gratuitement à ces connaissances.
Parce que si nous voulons vraiment améliorer les apprentissages des enfants, commençons peut-être par arrêter de croire que faire peur est une méthode pédagogique.
Un enfant n'a pas besoin d'avoir peur de l'adulte pour le respecter.
Il a besoin de savoir que l'adulte qui lui apprend le monde est aussi celui auprès duquel il est en sécurité.
Aidons aussi les parents à ne pas transmettre ce qu'ils ont eux-mêmes subi.
Parce que parfois, le problème n'est pas que le parent ne connaît pas une technique éducative.
Parfois il reproduit exactement ce qu'il a vécu.
Il crie parce qu'on lui criait dessus. Il humilie parce qu'il a été humilié. Il frappe parce qu'il a appris que frapper faisait partie de l'éducation.
On transmet parfois ce qu'on n'a jamais eu l'occasion de questionner.
Alors plutôt que de culpabiliser les familles, donnons-leur les moyens de travailler sur elles-mêmes.
Pourquoi ne pas réfléchir à un véritable budget d'accompagnement psychologique ou thérapeutique pour les parents qui en ont besoin ?
Prévenir les violences faites aux enfants, c'est aussi aider les adultes avant qu'ils reproduisent leurs propres blessures.
Et avant de vouloir confier nos enfants toujours plus tôt aux institutions, occupons-nous sérieusement des endroits où nous les confions déjà.
Crèches, écoles, cantines, centres de loisirs, périscolaire…
Nous demandons aux parents de confier ce qu'ils ont de plus précieux à des personnes qu'ils ne connaissent parfois absolument pas.
Alors oui, nous voulons pouvoir faire confiance.
Mais la confiance ne se décrète pas. Elle se mérite.
Nous demandons des contrôles extrêmement rigoureux des personnes travaillant auprès des mineurs.
Des dispositifs de prévention des violences physiques, psychologiques et sexuelles.
Des procédures permettant à la parole des enfants, des parents et des professionnels d'être entendue rapidement.
Des procédures de signalement simples, rapides et réellement prises au sérieux.
Une véritable écoute de la parole des enfants.
Une véritable écoute des professionnels qui signalent des comportements inquiétants.
Et une tolérance zéro face aux violences.
Avant d'augmenter encore le nombre d'heures qu'un enfant passe en collectivité, assurons-nous déjà que les endroits où il passe ses journées disposent des moyens humains nécessaires pour réellement l'accompagner, l'observer et le protéger.
Et le périscolaire ?
Parce qu'on parle de l'âge auquel les enfants doivent entrer à l'école, mais beaucoup moins du nombre total d'heures qu'ils passent en collectivité.
Certains petits enfants arrivent tôt le matin.
Enchaînent école, cantine, école à nouveau puis périscolaire.
Et rentrent chez eux en fin de journée complètement épuisés.
Avant d'ajouter encore des heures de collectivité et de vouloir commencer encore plus tôt dans la vie, posons-nous cette question toute simple :
Quel rythme est réellement adapté à un jeune enfant ?
Maintenant, parlons de l'école.
Parce que nous ne sommes pas contre l'école.
Nous voulons une meilleure école.
Des classes avec de plus petits effectifs.
Davantage d'enseignants.
Davantage d'adultes disponibles.
Des enseignants et professionnels davantage formés au développement de l'enfant, aux connaissances scientifiques sur le cerveau et l'apprentissage, aux mécanismes du stress, aux fonctions exécutives, à la régulation émotionnelle et à la communication non violente.
Des méthodes pédagogiques qui évoluent avec ce que nous savons aujourd'hui de l'enfant.
Davantage de mouvement.
Davantage de jeu.
Davantage d'activités dehors.
Davantage de nature.
Davantage d'expérimentation.
Et moins de journées interminables où un petit enfant enchaîne école assis pendant des heures, cantine puis périscolaire avant de rentrer chez lui épuisé.
Parce qu'un enfant n'apprend pas uniquement assis derrière une table.
Et remettons sur la table la question des six ans.
Nous demandons l'ouverture d'un véritable débat national et parlementaire sur le retour de l'âge de l'instruction obligatoire à six ans.
Cela ne signifie absolument pas supprimer l'école maternelle.
Au contraire.
Gardons une école maternelle publique, gratuite, accessible et de grande qualité pour toutes les familles qui la souhaitent.
Mais redonnons du choix.
Parce qu'un enfant peut apprendre à trois, quatre ou cinq ans.
Énormément.
Sans que cela signifie nécessairement qu'il doive passer toutes ses journées à l'école.
Le droit d'accéder à l'école et l'obligation d'y être ne sont pas la même chose.
Nous ne sommes absolument pas contre l'apprentissage précoce.
Nous sommes tellement pour que nous refusons justement de le réduire à : « Mettons-les plus tôt à l'école. »
Un bébé apprend dans les bras de son père.
Sur les genoux de sa mère avec un livre.
Avec une assistante maternelle.
À la crèche.
Chez ses grands-parents.
Dans une bibliothèque.
À la plage.
Dans une forêt en ramassant trois cailloux qu'il considérera manifestement comme le trésor national.
L'apprentissage commence bien avant l'école.
Alors donnons aux parents les moyens d'accompagner cet apprentissage au lieu de leur retirer progressivement le droit de choisir comment leur tout-petit passe ses premières années.
CE QUE NOUS DEMANDONS
Nous demandons :
qu'aucune obligation de crèche, d'accueil collectif ou d'instruction dès l'âge d'un an ne soit instaurée en France ;
l'ouverture d'un débat parlementaire sur le retour de l'âge de l'instruction obligatoire à six ans, tout en maintenant une école maternelle publique, gratuite et accessible avant cet âge pour les familles qui la choisissent ;
un véritable plan national gratuit d'accompagnement à la parentalité ;
une formation accessible aux parents sur le développement de l'enfant, les émotions, les écrans, le langage, le jeu, la communication non violente et l'autorité sans violence ;
des ressources et applications éducatives publiques et gratuites permettant aux parents d'accompagner les apprentissages de leurs enfants ;
une politique ambitieuse de prévention de l'exposition excessive des tout-petits aux écrans, accompagnée d'alternatives concrètes ;
un accès facilité aux livres dès la naissance, notamment par la mise en place d'un budget ou dispositif national dédié aux livres pour enfants ;
davantage d'activités culturelles, sportives, éducatives et en extérieur accessibles gratuitement ou à très faible coût ;
un meilleur accès à l'accompagnement psychologique ou thérapeutique pour les parents qui en ont besoin ;
des contrôles exigeants des professionnels travaillant auprès des mineurs et des procédures efficaces de prévention et de signalement des violences physiques, psychologiques et sexuelles ;
davantage d'enseignants et de professionnels afin de permettre de plus petits effectifs et une meilleure disponibilité des adultes ;
une formation renforcée des professionnels de l'enfance au développement de l'enfant, aux connaissances issues des neurosciences, aux mécanismes du stress et aux pratiques éducatives non violentes ;
une réflexion nationale sur le temps quotidien passé en collectivité par les jeunes enfants et sur la place du périscolaire ;
davantage de jeu, de mouvement, d'activités en extérieur et de contact avec la nature dans les apprentissages.
Nous demandons enfin que les politiques publiques cessent de considérer que faire entrer les enfants toujours plus tôt dans les institutions constitue la seule réponse possible aux inégalités.
Nos enfants ne sont pas des problèmes qu'il faudrait prendre en charge le plus tôt possible.
Ce sont des êtres humains en construction.
Aidez les familles.
Formez les adultes.
Protégez les enfants.
Améliorez l'école.
Donnez des moyens aux enseignants.
Donnez des moyens aux parents.
Mais laissez aussi aux parents le droit d'être parents.

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Le problème
À un an, un enfant est un bébé.
Un bébé qui apprend énormément, bien avant de franchir la porte d'une école : quand on lui parle, quand on lui répond, quand on lui raconte une histoire pour la douzième fois, quand il touche, grimpe, observe, renverse, recommence, quand il joue dehors, quand il entend des mots, quand un adulte disponible répond à ses tentatives de communication.
L'apprentissage commence bien avant l'école.
Alors oui, luttons contre les inégalités dès la petite enfance.
Mais ne faisons pas croire qu'il n'existerait qu'une seule solution : séparer toujours plus tôt les enfants de leur famille et transformer progressivement la petite enfance en une sorte de crèche obligatoire.
Aujourd'hui, en France, l'instruction est obligatoire à partir de trois ans.
Nous demandons qu'elle ne soit pas abaissée à un an et qu'aucune obligation équivalente d'accueil collectif, qui reviendrait dans les faits à instaurer une sorte de « crèche obligatoire », ne soit imposée aux familles.
Et nous souhaitons aller plus loin : ouvrir un véritable débat national sur le retour de l'obligation d'instruction à six ans, tout en conservant une école maternelle publique, gratuite et de qualité pour les familles qui souhaitent y inscrire leurs enfants avant cet âge.
Parce que pouvoir mettre son enfant à l'école et être obligé de le mettre à l'école, ce n'est pas la même chose.
Et parce que les parents doivent conserver une place centrale dans les premières années de leur enfant.
Vous voulez lutter contre les inégalités ? Alors donnons réellement des moyens aux familles.
On peut lire à un bébé de six mois.
On peut énormément stimuler le langage d'un enfant avant son entrée à l'école.
On peut chanter, raconter, jouer, compter les marches de l'escalier, nommer les animaux dans la rue, toucher la terre, courir dans une forêt, faire de la peinture, cuisiner, construire, démonter et recommencer.
Un enfant apprend partout.
Alors plutôt que de partir du principe que les familles seraient incapables de participer à cet éveil et qu'il faudrait donc prendre leurs enfants en charge toujours plus tôt, donnons-leur les outils pour le faire.
Créons une véritable politique nationale de soutien à la petite enfance.
Je parle de quelque chose de concret.
Des applications éducatives publiques et gratuites, avec des jeux, des histoires, des idées d'activités et des informations adaptées à chaque âge.
De vraies campagnes nationales sur les écrans et le développement du tout-petit, avec surtout des alternatives concrètes pour les parents.
Un budget livres pour chaque enfant, parce qu'un livre ne devrait jamais être un luxe.
Des bibliothèques, ateliers, activités sportives, culturelles et sorties dans la nature beaucoup plus accessibles et gratuites pour les familles qui en ont besoin.
Des lieux où les parents puissent venir jouer et apprendre avec leurs enfants.
Et surtout : apprendre aux parents comment apprend un enfant.
Et si nous parlions enfin de ce qui peut réellement empêcher un enfant d'apprendre ?
On parle beaucoup de mettre les enfants à l'école toujours plus tôt pour favoriser les apprentissages.
Mais avant de chercher à quel âge un enfant doit apprendre, demandons-nous dans quelles conditions son cerveau est capable d'apprendre.
Parce qu'un enfant n'est pas un petit adulte qu'il suffirait de faire asseoir sur une chaise plus tôt pour qu'il apprenne davantage.
Il a d'abord besoin de se sentir en sécurité.
Et il existe encore cette vieille croyance éducative selon laquelle il faudrait faire peur à un enfant pour obtenir quelque chose de lui.
Crier plus fort. Humilier. Attraper brutalement par le bras. Punir. Menacer.
Et à la maison : la fessée, la gifle, le « tu vas voir quand ton père va rentrer », le « arrête de pleurer », le « t'es bête ou quoi ? ».
Avec toujours cette même justification : « Nous, on a été élevés comme ça et on n'en est pas morts. »
Non.
Mais aujourd'hui, nous en savons davantage.
Les neurosciences et les recherches sur le développement de l'enfant nous montrent que lorsque le cerveau perçoit une menace, les systèmes biologiques du stress se mettent en route.
Ponctuellement, c'est normal. Un enfant peut avoir peur, être frustré ou vivre un stress sans que son cerveau soit « abîmé ».
Mais lorsque la peur, les humiliations, la violence ou l'insécurité deviennent fortes, répétées ou prolongées, ce stress peut perturber le développement cérébral et les fonctions dont l'enfant a justement besoin pour apprendre : attention, mémoire, langage, régulation émotionnelle, raisonnement.
L'hippocampe participe notamment aux mécanismes de mémoire et d'apprentissage. Mais soyons précis : un cri ne vient pas simplement « bloquer l'hippocampe ».
Le fonctionnement cérébral est beaucoup plus complexe.
Un enfant qui se sent constamment menacé mobilise une partie de ses ressources pour faire face à cette menace.
Et on voudrait ensuite lui demander tranquillement de se concentrer sur sa fiche de mathématiques ?
La sécurité émotionnelle n'est pas du laxisme.
La communication non violente ne signifie pas laisser un enfant faire absolument tout ce qu'il veut.
On peut dire non. On peut poser des règles. On peut être ferme. On peut demander des efforts. On peut apprendre la frustration.
Mais on peut le faire sans terroriser, humilier ou brutaliser un enfant.
C'est précisément pour cela que nous demandons que les professionnels qui travaillent auprès des enfants soient davantage formés au développement cérébral, aux mécanismes du stress, à la régulation émotionnelle et aux méthodes éducatives non violentes.
Et que les parents puissent accéder eux aussi gratuitement à ces connaissances.
Parce que si nous voulons vraiment améliorer les apprentissages des enfants, commençons peut-être par arrêter de croire que faire peur est une méthode pédagogique.
Un enfant n'a pas besoin d'avoir peur de l'adulte pour le respecter.
Il a besoin de savoir que l'adulte qui lui apprend le monde est aussi celui auprès duquel il est en sécurité.
Aidons aussi les parents à ne pas transmettre ce qu'ils ont eux-mêmes subi.
Parce que parfois, le problème n'est pas que le parent ne connaît pas une technique éducative.
Parfois il reproduit exactement ce qu'il a vécu.
Il crie parce qu'on lui criait dessus. Il humilie parce qu'il a été humilié. Il frappe parce qu'il a appris que frapper faisait partie de l'éducation.
On transmet parfois ce qu'on n'a jamais eu l'occasion de questionner.
Alors plutôt que de culpabiliser les familles, donnons-leur les moyens de travailler sur elles-mêmes.
Pourquoi ne pas réfléchir à un véritable budget d'accompagnement psychologique ou thérapeutique pour les parents qui en ont besoin ?
Prévenir les violences faites aux enfants, c'est aussi aider les adultes avant qu'ils reproduisent leurs propres blessures.
Et avant de vouloir confier nos enfants toujours plus tôt aux institutions, occupons-nous sérieusement des endroits où nous les confions déjà.
Crèches, écoles, cantines, centres de loisirs, périscolaire…
Nous demandons aux parents de confier ce qu'ils ont de plus précieux à des personnes qu'ils ne connaissent parfois absolument pas.
Alors oui, nous voulons pouvoir faire confiance.
Mais la confiance ne se décrète pas. Elle se mérite.
Nous demandons des contrôles extrêmement rigoureux des personnes travaillant auprès des mineurs.
Des dispositifs de prévention des violences physiques, psychologiques et sexuelles.
Des procédures permettant à la parole des enfants, des parents et des professionnels d'être entendue rapidement.
Des procédures de signalement simples, rapides et réellement prises au sérieux.
Une véritable écoute de la parole des enfants.
Une véritable écoute des professionnels qui signalent des comportements inquiétants.
Et une tolérance zéro face aux violences.
Avant d'augmenter encore le nombre d'heures qu'un enfant passe en collectivité, assurons-nous déjà que les endroits où il passe ses journées disposent des moyens humains nécessaires pour réellement l'accompagner, l'observer et le protéger.
Et le périscolaire ?
Parce qu'on parle de l'âge auquel les enfants doivent entrer à l'école, mais beaucoup moins du nombre total d'heures qu'ils passent en collectivité.
Certains petits enfants arrivent tôt le matin.
Enchaînent école, cantine, école à nouveau puis périscolaire.
Et rentrent chez eux en fin de journée complètement épuisés.
Avant d'ajouter encore des heures de collectivité et de vouloir commencer encore plus tôt dans la vie, posons-nous cette question toute simple :
Quel rythme est réellement adapté à un jeune enfant ?
Maintenant, parlons de l'école.
Parce que nous ne sommes pas contre l'école.
Nous voulons une meilleure école.
Des classes avec de plus petits effectifs.
Davantage d'enseignants.
Davantage d'adultes disponibles.
Des enseignants et professionnels davantage formés au développement de l'enfant, aux connaissances scientifiques sur le cerveau et l'apprentissage, aux mécanismes du stress, aux fonctions exécutives, à la régulation émotionnelle et à la communication non violente.
Des méthodes pédagogiques qui évoluent avec ce que nous savons aujourd'hui de l'enfant.
Davantage de mouvement.
Davantage de jeu.
Davantage d'activités dehors.
Davantage de nature.
Davantage d'expérimentation.
Et moins de journées interminables où un petit enfant enchaîne école assis pendant des heures, cantine puis périscolaire avant de rentrer chez lui épuisé.
Parce qu'un enfant n'apprend pas uniquement assis derrière une table.
Et remettons sur la table la question des six ans.
Nous demandons l'ouverture d'un véritable débat national et parlementaire sur le retour de l'âge de l'instruction obligatoire à six ans.
Cela ne signifie absolument pas supprimer l'école maternelle.
Au contraire.
Gardons une école maternelle publique, gratuite, accessible et de grande qualité pour toutes les familles qui la souhaitent.
Mais redonnons du choix.
Parce qu'un enfant peut apprendre à trois, quatre ou cinq ans.
Énormément.
Sans que cela signifie nécessairement qu'il doive passer toutes ses journées à l'école.
Le droit d'accéder à l'école et l'obligation d'y être ne sont pas la même chose.
Nous ne sommes absolument pas contre l'apprentissage précoce.
Nous sommes tellement pour que nous refusons justement de le réduire à : « Mettons-les plus tôt à l'école. »
Un bébé apprend dans les bras de son père.
Sur les genoux de sa mère avec un livre.
Avec une assistante maternelle.
À la crèche.
Chez ses grands-parents.
Dans une bibliothèque.
À la plage.
Dans une forêt en ramassant trois cailloux qu'il considérera manifestement comme le trésor national.
L'apprentissage commence bien avant l'école.
Alors donnons aux parents les moyens d'accompagner cet apprentissage au lieu de leur retirer progressivement le droit de choisir comment leur tout-petit passe ses premières années.
CE QUE NOUS DEMANDONS
Nous demandons :
qu'aucune obligation de crèche, d'accueil collectif ou d'instruction dès l'âge d'un an ne soit instaurée en France ;
l'ouverture d'un débat parlementaire sur le retour de l'âge de l'instruction obligatoire à six ans, tout en maintenant une école maternelle publique, gratuite et accessible avant cet âge pour les familles qui la choisissent ;
un véritable plan national gratuit d'accompagnement à la parentalité ;
une formation accessible aux parents sur le développement de l'enfant, les émotions, les écrans, le langage, le jeu, la communication non violente et l'autorité sans violence ;
des ressources et applications éducatives publiques et gratuites permettant aux parents d'accompagner les apprentissages de leurs enfants ;
une politique ambitieuse de prévention de l'exposition excessive des tout-petits aux écrans, accompagnée d'alternatives concrètes ;
un accès facilité aux livres dès la naissance, notamment par la mise en place d'un budget ou dispositif national dédié aux livres pour enfants ;
davantage d'activités culturelles, sportives, éducatives et en extérieur accessibles gratuitement ou à très faible coût ;
un meilleur accès à l'accompagnement psychologique ou thérapeutique pour les parents qui en ont besoin ;
des contrôles exigeants des professionnels travaillant auprès des mineurs et des procédures efficaces de prévention et de signalement des violences physiques, psychologiques et sexuelles ;
davantage d'enseignants et de professionnels afin de permettre de plus petits effectifs et une meilleure disponibilité des adultes ;
une formation renforcée des professionnels de l'enfance au développement de l'enfant, aux connaissances issues des neurosciences, aux mécanismes du stress et aux pratiques éducatives non violentes ;
une réflexion nationale sur le temps quotidien passé en collectivité par les jeunes enfants et sur la place du périscolaire ;
davantage de jeu, de mouvement, d'activités en extérieur et de contact avec la nature dans les apprentissages.
Nous demandons enfin que les politiques publiques cessent de considérer que faire entrer les enfants toujours plus tôt dans les institutions constitue la seule réponse possible aux inégalités.
Nos enfants ne sont pas des problèmes qu'il faudrait prendre en charge le plus tôt possible.
Ce sont des êtres humains en construction.
Aidez les familles.
Formez les adultes.
Protégez les enfants.
Améliorez l'école.
Donnez des moyens aux enseignants.
Donnez des moyens aux parents.
Mais laissez aussi aux parents le droit d'être parents.

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Pétition lancée le 9 septembre 2026