

(French and Spanish versions below)
Once I had 400 signatures, I decided to circulate the petition among some Spanish and Belgian media. I also sent it to various local associations and NGOs, as well as Belgian politicians responsible for Equality and Gender. The only response I got was silence. Silences that were as structural as they were aggressive.
As I could not get anything at local or national level, I made a short list of MEPs of the European Parliament. I sent them the collection of signatures, and finally one day a Spanish MEP answered me. She signed the petition and emailed me back offering her support in case I wanted to present it to the Petitions Committee of the European Parliament. I am meeting this MEP's team this week in Brussels to discuss further the technical details of the petition.
Some of you may be wondering why I decided to share this story. I know that some people may have felt overwhelmed by a story that is too obscene and explicit. The truth is that I feel that this story is not mine, that it does not belong to me. This story belongs only to the perpetrator and to the system that does not offer a minimum of protection to women who are willing to come forward, even with the perpetrator's written confession. This story belongs to a country where we do not know how many women are raped every year, and where local associations in the country's capital have not even managed to organise a therapy group for survivors of sexual assault. This story also belongs to the most international city in Europe, but which only offers support to its victims in French (see SOS Viol).
This is a very long road full of silences, during which I have had the good fortune to meet people who, in one way or another, have decided to accompany me on this journey:
Thanks in particular to Elena Betbesé, friend and sworn translator; for translating medical reports that I would never get to use, and for never making me feel bad about it.
Thanks to Marta Grygiel, Ángel Castillo and my psychologist Ester Borrego; for literally taking me by the hand and telling me: "I am here for whatever you need me for".
Thanks to Clara Vandewege and Laura Moretti, for never lowering their voices when we talk about sexual assaults by the coffee machine and someone passes by.
Thanks to Eva Alcaide for her innate ability to connect with my pain, for her friendship and for making me laugh in the most delicate moments.
Thanks to Jorge Núñez and Fernando Blanca; for reading me, listening to me carefully, offering their support and sharing their points of view with me.
Thanks to my sister for tirelessly helping me with the collection of signatures.
Thanks to Valentina Tuzi and Marianella Martinez; for listening to me, for their empathy and support and for having the courage to read the confession of the aggressor.
Thanks to all of you who have sought a quiet moment with me to talk about the issue, how it has affected me and what we can each do about it in our daily lives.
There are many men and women who still find it hard to see the connection between prostitution, pornography and sexual violence, which only reflects the seriousness and institutionalisation of the problem. Hopefully, little by little, with education and visualisation of the problem, we will be able to connect the dots by ourselves and see more clearly what is so obvious.
Thank you to all the men who have signed the petition. Each of your signatures is already invaluable, even if this petition is not presented to any public institution.
(French version)
Une fois que j'ai obtenu 400 signatures, j'ai décidé de faire circuler la pétition dans les médias espagnols et belges. Je l'ai également envoyée à diverses associations et ONG locales, ainsi qu'aux responsables politiques belges chargés de l'égalité et du genre. La seule réponse que j'ai reçue a été le silence. Des silences aussi structurels qu'agressifs.
Comme je n'obtenais rien au niveau local ou national, j'ai dressé une courte liste de députés européens au Parlement européen. Je leur ai envoyé le recueil de signatures et, un jour, une députée espagnole m'a répondu. Elle a signé la pétition et m'a répondu par courriel en m'offrant son soutien au cas où je voudrais la présenter à la commission des pétitions du Parlement européen. Cette semaine, je rencontre l'équipe de cette députée à Bruxelles pour discuter des détails techniques de la pétition.
Certains d'entre vous se demandent peut-être pourquoi j'ai décidé de partager cette histoire. Je sais que certains ont pu se sentir dépassés par une histoire trop obscène et explicite. La vérité est que j'estime que cette histoire n'est pas la mienne, qu'elle ne m'appartient pas. Cette histoire n'appartient qu'à l'auteur des faits et au système qui n'offre pas un minimum de protection aux femmes qui sont prêtes à se manifester, même avec les aveux écrits de l'auteur. Cette histoire appartient à un pays où nous ne savons pas combien de femmes sont violées chaque année et où les associations locales de la capitale du pays n'ont même pas réussi à organiser un groupe de parole pour les survivantes d'agressions sexuelles. Cette histoire est aussi celle de la ville la plus internationale d'Europe, mais qui n'offre qu'un soutien en français à ses victimes (voir SOS Viol).
C'est une très longue route pleine de silences, au cours de laquelle j'ai eu la chance de rencontrer des personnes qui, d'une manière ou d'une autre, ont décidé de m'accompagner dans ce voyage :
Merci en particulier à Elena Betbesé, amie et traductrice assermentée ; pour avoir traduit des rapports médicaux que je n'aurais jamais pu utiliser, et pour ne m'avoir jamais fait sentir coupable.
Merci à Marta Grygiel, Ángel Castillo et Ester Borrego, ma psychologue, pour m'avoir littéralement prise par la main et m'avoir dit : "Je suis là pour tout ce dont tu as besoin".
Merci à Clara Vandewege et Laura Moretti, qui n'ont jamais baissé la voix lorsque nous parlions d'agressions sexuelles près de la machine à café et que quelqu'un passait par là.
Merci à Eva Alcaide pour sa capacité innée à se connecter à ma douleur, pour son amitié et pour m'avoir fait rire dans les moments les plus délicats.
Merci à Jorge Núñez et Fernando Blanca ; pour m'avoir lu, écouté attentivement, offert leur soutien et partagé leurs points de vue avec moi.
Merci à ma famille pour m'avoir aidée à recueillir les signatures.
Merci à Valentina Tuzi et Marianella Martínez ; pour m'avoir écoutée, pour leur empathie et leur soutien et pour avoir eu le courage de lire la confession de l'agresseur.
Merci à tous ceux qui ont cherché un moment de tranquillité avec moi pour parler de cette question, de la manière dont elle m'a affectée et de ce que nous pouvons tous faire à ce sujet dans notre vie quotidienne.
Beaucoup d'hommes et de femmes ont encore du mal à voir le lien entre la prostitution, la pornographie et la violence sexuelle, ce qui ne fait que refléter la gravité et l'institutionnalisation du problème. Espérons que, petit à petit, grâce à l'éducation et à la visualisation du problème, nous serons capables de relier les points par nous-mêmes et de voir plus clairement des choses tellement évidentes.
Merci à tous les hommes qui ont signé la pétition. Chacune de vos signatures est déjà précieuse, même si cette pétition n'est présentée à aucune institution publique.
(Spanish version)
Una vez conseguidas 400 firmas, decidí circular la petición entre medios de comunicación españoles y belgas. También la envié a diversas asociaciones locales y ONGs, así como políticos belgas responsables de las áreas de Igualdad y Género. Lo único que obtuve por respuesta fueron silencios. Unos silencios igual de estructurales que agresivos.
Visto que no conseguía nada ni a nivel local ni nacional, elaboré una pequeña lista de eurodiputad@s del Parlamento Europeo. A ratos fui enviándoles la recogida de firmas, y finalmente un día una eurodiputada española me contestó. Firmó la petición y me devolvió un email ofreciéndome su apoyo en caso de querer presentarla ante el Comité de Peticiones del Parlamento Europeo. Esta semana me reúno en Bruselas con el equipo de esta eurodiputada para discutir más en profundidad los detalles técnicos de la petición.
Algunos os preguntareis porqué decidí compartir esta historia. Me consta que algunas personas se han podido sentir abrumadas por una historia demasiado obscena y explícita. La verdad es que siento que esta historia no es mía, que no me pertenece. Este relato solo le pertenece al agresor que lo perpetró y al sistema que no ofrece ni un mínimo de protección a las mujeres dispuestas a denunciar, incluso contando con la confesión del agresor por escrito. Este relato le pertenece a un país donde no sabemos cuantas mujeres son violadas cada año, y donde las asociaciones locales de la capital del país no se las han arreglado ni para organizar un grupo de terapia para supervivientes de agresiones sexuales. Este relato también le pertenece a la ciudad más internacional de Europa, pero que solo ofrece apoyo a sus víctimas en francés (véase SOS Viol).
Este es un camino muy largo y lleno de silencios, durante el cual he tenido la fortuna de encontrarme con personas que, de una forma u otra, han decidido acompañarme en este camino:
Gracias en particular a Elena Betbesé, amiga y traductora jurada; por traducir informes médicos que nunca llegaría a usar, y por no hacerme nunca sentir mal por ello.
Gracias a Marta Grygiel, a Ángel Castillo y a mi psicóloga Ester Borrego; por cogerme literalmente de la mano y decirme: “estoy aquí para lo que me necesites”.
Gracias a Clara Vandewege y Laura Moretti, por nunca bajar la voz cuando hablamos sobre agresiones sexuales junto a la máquina del café y pasa alguien a nuestro lado.
Gracias a Eva Alcaide por su capacidad innata para conectar con mi dolor, por su amistad y hacerme reír en los momentos más delicados.
Gracias a Jorge Núñez y a Fernando Blanca; por leerme, escucharme con atención, ofrecerme su apoyo y compartir conmigo sus puntos de vista.
Gracias a mi hermana por ayudarme incansablemente con la recogida de firmas.
Gracias a Valentina Tuzi y Marianella Martínez; por escucharme, por su empatía y apoyo y por tener la valentía de leer la confesión del agresor.
Gracias a todos los que habéis buscado tener un momento de tranquilidad conmigo para hablar del tema, de cómo me ha afectado y sobre qué podemos hacer cada uno al respecto en nuestra vida cotidiana.
Hay muchos hombres y mujeres a los que aún les cuesta ver la conexión entre prostitución, pornografía y violencia sexual, lo cual solo refleja la gravedad e institucionalización del problema. Esperemos que, poco a poco, con educación y visualización del problema, seamos capaces de conectar los puntos por nosotros mismos y vayamos viendo de una forma más clara algo tan evidente.
Gracias a todos los hombres que han firmado la petición. Cada una de vuestras firmas ya tiene un valor incalculable, aunque esta petición no llegue a ser presentada ante ninguna institución pública.