
DAL 49, en alliance avec PSN49 et l'Assemblée de lutte pour le logement initiée par la Grande Ourse

13 Jun 2018
Après l’incendie du campement situé anciennement au 22 rue du Maine à Angers, c’est à nouveau plusieurs familles, regroupant plus d’une trentaine de personnes, qui se sont faites expulsées de leur lieu d’habitation et qui se sont ainsi retrouvées démunies à la rue.
Ces personnes se trouvent dans une situation de précarité extrême, et il est capital de rappeler la grande vulnérabilité de certaines d’entre elles : parmi elles, une vingtaine d’enfants dont plusieurs bébés et d’autres scolarisés, des personnes âgées malades ou en situation de handicap, une mineure isolée enceinte de 7 mois.
Les familles ont trouvé refuge dans l’ancien pôle emploi du quartier de La Roseraie, bâtiment inoccupé depuis plusieurs années, et qui appartient à la mairie.
Pourtant, aucun répit ne leur est octroyé. Très peu de temps après avoir investi les lieux, ces familles se trouvent immédiatement assignées en justice, et se trouvent, encore une fois, menacées par une expulsion très rapide.
Sur des bâtiments inoccupés depuis plusieurs années, comme laissés à l’abandon, des projets inopinés font surface, pour justifier les expulsions des personnes qui s’y réfugient.
Systématiquement, c’est le droit à la propriété qui l’emporte sur celui au logement, c’est le droit à la transaction, à la cession de bien qui l’emporte sur celui à la dignité, celui à une vie décente et aux droits humains fondamentaux.
La situation est non seulement insupportable, mais elle devient maintenant chronique. Aucune proposition de relogement, dans des logements décents et correspondant aux besoins des personnes concernées, n’est jamais formulée.
Aucune des personnes présentes dans ces lieux ne se satisfont, à aucun moment, de ce mode de vie de précarité extrême, et de l’habitude prise à vivre entre la rue et les bâtiments inoccupés réquisitionnés. Toutes espèrent pouvoir vivre simplement, avec un toit sur la tête, et un minimum de sécurité, pour que les enfants puissent grandir, et que les personnes âgées puissent enfin se reposer.
Le 115, centre d’hébergement de nuit et d’urgence paraît mal adapté à l’accueil des familles et des personnes malades. Il est volontairement insuffisant face au nombre croissant de personnes à la rue. Parfois, il exclut même. C’est d’ailleurs le nouveau lieu auto-réquisitionné surnommé « Chez Paûle » qui, en accord avec les habitant-e-s, a accueilli parfois exceptionnellement ceux et celles qui à 21 heures avaient une réponse négative d’accueil au 115. Une femme seule avec 7 enfants, interdite d’accès au 115, a pu bénéficier de la solidarité entre personnes pourtant en grande précarité. C’est avec « chez Paûle » et son réseau de soutien au sein d’un quartier populaire qu’elle pouvait se mettre à l’abri. Ce qui n'est plus possible actuellement par manque de places.
Il faut sérieusement que la situation évolue. Celle-ci n’a que trop duré, et les différents collectifs militants, tout comme les personnes volontaires bénévoles qui pallient depuis des années en tant que supplétifs aux défaillances de l’État, ne supportent plus d’accepter ce rôle d’une part, et d’essuyer systématiquement des refus et des expulsions venant des tribunaux d’autre part.
Il est urgent d’informer maintenant largement sur cet état systématique qui s’est mis en place dans la ville d’Angers – qui ose encore se prétendre « ville solidaire » – alors que le bon sens lui-même et l’absolue urgence humaine ne peuvent se satisfaire de cette absurdité : la co-existence, dans une même ville, d’un nombre important de bâtiments inoccupés depuis plusieurs années, et de ces enfants, ces femmes, ces hommes, ces jeunes et ces personnes âgées, que l’on renvoie systématiquement à survivre dans la rue.
La situation est complexe, économiquement, politiquement à l’échelle locale comme mondiale ; mais nous ne pouvons et ne devons plus laisser gagner la peur, les intérêts, la propriété, face à la dignité, à la vie humaine, aux droits humains minimaux.
Il est grand temps que l’urgence, la gestion des crises et des défaillances de l’État se muent collectivement en une réponse positive et franchement affirmative.
Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X