Petition updateNon aux expulsions sans relogement !Courrier au Maire d'Angers... Quelle réponse hormis le tribunal ?
DAL 49, en alliance avec PSN49 et l'Assemblée de lutte pour le logement initiée par la Grande Ourse
18 Sept 2017
Angers, le 03/08/2017 Hôtel de Ville d’Angers À l’attention de Monsieur le Maire d’ANGERS, Mr Christophe BECHU, Bd de la résistance et de la déportation - BP 80011 49020 ANGERS cedex 02 Objet : Dignité des personnes expulsées et solutions au logement Monsieur le Maire, Vous êtes le président de l'EPCI d'Angers Loire métropole qui avez, par acte d’huissier du 11 décembre 2014, ordonné l'expulsion de pauvres gens, de familles avec femmes enceintes et enfants d'une maison sans réel projet située au 4, rue des Champs Saint Martin à Angers. L’électricité avait d’ailleurs été coupée en plein hiver, comme au 82, chemin des Trois paroisses aux Ponts de Cé, propriété du Conseil départemental, où ces familles avaient trouvé refuge. Ces familles ont été à nouveau expulsées le 11 juillet 2017 en même temps que celles qui vivaient dans les anciens logements de fonction de la caserne des pompiers du Chêne vert, et ceux qui cohabitaient au lieu dit de la Vendange, propriété de l’agglomération d’Angers Loire Métropole. Toutes ces personnes avaient pour point commun d’avoir plusieurs fois été expulsées de tous les endroits où elles avaient trouvé abri (pont des anciens chemins de fer de Géant Casino notamment). Pour certaines, cela dure depuis 2008. Ce sont donc plus d’une centaine d’humains qui se sont retrouvés jetés à la rue sans aucune proposition de relogement et sans pouvoir accéder à la halte de nuit de Rouchy, puisqu’elle est saturée comme indiqué à chaque appel téléphonique du 115. Votre courrier du 21 mars 2016 à la coordination Migrants et à la FNARS laissait espérer une amélioration de l’accueil et de l’hébergement d’urgence. Lors de l’audience judiciaire relative à la demande d’expulsion des familles des Trois paroisses, l’avocat du Conseil départemental du Maine et Loire déclarait : « les requérants sont de mauvaise foi. Ils ne présentent pas les preuves de leur volonté de travailler et de trouver un relogement… ». Les actions de différents intervenants militants dans les différentes réquisitions (AJR, CSSP 49, CSSEA) ont prouvé tout le contraire (travaux saisonniers, CDD longs, SIAO, demandes HLM). Aujourd’hui, les familles sont obligées d'entamer une procédure DALO après le refus des offices publics HLM d’Angers d’instruire leur demande au motif que les bailleurs sociaux doutent de leur capacité à gérer correctement un logement social ; les préjugés sur les rroms ont, semble t-il, la vie dure ! Mardi 8 août 2017, cela fera 1 mois que ces familles n’ont plus d’autre choix que de dormir dehors sur un terrain municipal au 22 rue du Maine, où sont déjà présentes des associations, derrière la halte de Rouchy. Ce campement de fortune et provisoire bénéficie du soutien de nombreux militants, bénévoles, collectifs et associations. Heureusement que la société civile a pallié tant bien que mal les manquements institutionnels et est venue se porter au secours d’urgence, notamment aux femmes et aux jeunes enfants. La police municipale est venue, avec un renfort important de forces de Police nationale, le 28 juillet 2017, pour relever les identités dans le nouveau campement dit « des expulsés »… pour préparer une nouvelle expulsion ? Depuis les expulsions, nous n’avons eu aucun retour de la part de la Préfecture, de la DDCS, du Conseil départemental, de l’EPCI d’Angers Loire Métropole, de la Mairie d’Angers, du CCAS d’Angers, et des bailleurs HLM sur les conditions de précarité extrême des familles ainsi expulsées. Le président de la République, Monsieur Macron, a déclaré à Orléans : « Plus une personne à la rue d'ici la fin de l'année », «  Loger tout le monde dignement », « Des hébergements d’urgence partout » ! On peut douter, à Angers, de la réalisation de cet objectif louable si les institutionnels continuent leur politique d'expulsions systématiques, sans relogements, au mépris de ce qui est annoncé par les politiques publiques. Le CCAS d’Angers, lui, a pour devise : "Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré." Comme le disait Joseph Wresinski, devise qui vous a été rappelée lors de son centenaire à une cérémonie d’ATD Quart Monde à laquelle vous avez participé. Vous avez d’ailleurs annoté sur les réseaux sociaux : « Pour poursuivre son action, je vous invite à signer, comme moi, l'appel d'ATD Quart Monde pour dire stop à la pauvreté. Il est essentiel d’agir ensemble pour lutter contre la misère ». « Parce qu'il ne faut jamais s'habituer à l'exclusion sociale, jamais nous ne devons baisser les bras, jamais la solidarité envers les plus fragiles ne doit faire défaut, parce que la misère est d'abord une atteinte à la dignité de la personne : Ensemble, refusons la misère. » Monsieur le Maire, comment peut-on prétendre refuser la misère en combattant les miséreux ? Refusons la misère, soit ! Mais cela implique le respect de la dignité de toutes ces personnes comme notre priorité essentielle à travers nos actes, en permettant, dans l'immédiat et comme le préconise le Conseil d’État à Calais, que ces familles disposent officiellement des commodités à leurs besoins essentiels (accès à l’eau potable, aux douches et aux toilettes, et un abri contre les intempéries), mais aussi et surtout pour qu’elles puissent bénéficier d’un logement décent au plus vite. Nous restons à votre disposition pour une entrevue nécessaire à un dialogue constructif pour aider le Président de la République à réaliser les objectifs de zéro personne à la rue d'ici la fin de l'année Recevez, Monsieur le Maire, nos salutations distinguées. Collectif des familles du Chêne vert et des 3 paroisses, Pas Sans Nous 49 (PSN49), Nuit Debout Angers, Collectif des Syndicalistes pour la Solidarité et l’Entr’Aide (CSSEA), Collectif de soutien aux sans papiers 49 (CSSP 49), Rroms Anjou, DAL (Droit Au Logement),
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