Non au passage du Tour de France 2026 au col de Sarenne


Non au passage du Tour de France 2026 au col de Sarenne
Le problème
DERNIERS JOURS POUR SIGNER LA PÉTITION
Suspension prochaine de la pétition contre le Tour de France 2026 à Sarenne : « En juillet, n'allumez pas vos télés ! »
J'aurais aimé pouvoir aider les tétras-lyre, les lagopèdes, les chamois et les marmottes à oublier nos bêtises. Mais je pense qu'il est inutile de continuer. Je clôture la pétition le 30 avril 2026. Je me retire du combat. Je n'appelle à aucune action. Je ne soutiens aucune action.
À de rares exceptions près, les grands médias appartiennent à des milliardaires, les petits journaux à de grands financiers, voire aux mêmes milliardaires. Attachés à leurs revenus publicitaires et à la défense d'un modèle économique, les médias publics semblent à peu près aussi partiaux. Dans ce contexte, qui pour donner la parole aux défenseurs d'une pétition ciblant une entreprise faisant des millions d'euros de chiffre d'affaire ? D'une entreprise sponsorisée par France Télévision...
Les associations n'osent pas contrarier les autorités qui les subventionnent. Sans leur soutien, difficile de peser. Sans leur soutien, autant abandonner. Malheureusement, nous n'avons donc pas à les remercier (à l'exception du CREPAN et de Mountain Wilderness).
Il y a 13 ans, j'avais lancé la même pétition. En vain. Il y a 13 ans, j'avais aussi écrit des lettres ouvertes. En vain. Il y a 13 ans, j'avais contacté les mêmes associations. Bref, je connais déjà le résultat : nous sommes trop peu soutenus, autant abandonner. Je suis désolé.
À quoi bon continuer à perdre notre temps ? Les puissants font ce qu'ils veulent du monde. Et voir la Nature se faire peu à peu détruire a de quoi mettre en colère. Autrefois, j'avais le courage d'exprimer cette colère. Maintenant, dans cette société qui devient de moins en moins démocratique, de plus en plus autoritaire, je préfère taire ma colère.
Celles et ceux qui défendent des causes justes sont de plus en plus marginalisés, stigmatisés, voire maltraités. Je ne crois plus tellement en la sagesse des sociétés actuelles. Les médias racontent ce qu'ils veulent, tentant ainsi de modeler les opinions. Et nos dirigeants s'efforcent d'éviter les référendums, de faire semblant d'écouter, avant de s'essuyer les pieds sur nos bulletins de vote (en témoignent ces incompréhensibles nominations à la tête de notre gouvernement).
Alors, plutôt que de sombrer dans la tristesse de combats perdus d'avance, je préfère désormais me réfugier dans ces rares espaces sauvages encore préservés en espérant qu'ils finiront par convertir des humains désabusés par la vacuité d'une société artificielle et goudronnée.
J'arrête le combat, mais je suis heureux d'avoir entendu des cœurs battre à l'appel de la Nature, et je remercie celles et ceux qui ont signé la pétition et qui ont voulu défendre les beautés fragiles et sauvages du col de Sarenne et de la vallée du Ferrand.
J'arrête le combat, mais mes convictions restent les mêmes. Je ne m'exprime plus, car je pense que cela ne sert plus à rien (si ce n'est à nourrir des algorithmes). Le silence ou la parole étouffée, quelle différence ?
Toutefois, il y a encore le boycott. Arrêtons de regarder ces bêtises d'un autre siècle, ces bêtises qui font l'éloge de la compétition plutôt que de la coopération, ces spectacles polluants aux sponsors douteux, ce spectacle étrange d'un peloton de plus en plus rapide mais de moins en moins dopé (paraît-il), ce spectacle absurde de cyclistes entourés de centaines de voitures, de motos et d'hélicos.
Éteignons les écrans. Éteignons les réseaux asociaux. Éteignons les data centers. Éteignons les téléphones. Éteignons les moteurs. Éteignons les radios. Ne nous donnons pas aux robots. Si nous boycottons ce monde de frappadingues, un autre monde verra le jour et nous retrouverons, loin des murs et des écrans, le soleil éternel de nos ancêtres.
Marchons. Dormons sous les étoiles. Écoutons les oiseaux. Regardons le ciel. Réconcilions-nous avec la Nature. Réconcilions-nous avec l'éternité.
Bref, en juillet, n'allumez pas vos télés !
15809 mercis.
Matthieu Stelvio, initiateur de la pétition « Non au passage du Tour de France 2026 au col de Sarenne », le 25 avril 2026
TEXTE DE LA PÉTITION
La pétition sur France Inter (2 min) : Debout la Terre !
Culminant à 1999 mètres d'altitude, la route menant au col de Sarenne est belle et sauvage. Fermée 8 mois sur 12, cette route est une route PASTORALE, destinée aux bergers. La vitesse y est limitée à 20 km/h. Le sentier GR54 longe cette route et s'y confond par endroits. Situé dans l'aire d'adhésion du parc national des Écrins, le col de Sarenne est un de ces beaux et rares espaces où l’on peut encore respirer de l’air pur.
Les organisateurs du Tour de France 2026 veulent transformer le col de Sarenne en plus grand stade du monde. En effet, l'étape reine du Tour 2026 (la plus décisive et la plus montagneuse) doit se terminer par ce col (avant de descendre un peu plus bas dans la station de l'Alpe d'Huez pour passer la ligne d'arrivée). Ainsi placée en fin d'étape, l'ascension de Sarenne pourrait réunir des dizaines de milliers de spectateurs (voire des centaines de milliers : de tels chiffres ont déjà été évoqués dans les lacets de l 'Alpe d'Huez). [4]
Treize ans après un premier passage contesté à Sarenne, la foule est, cette fois, attendue sur le versant le plus sauvage de la route, du côté de la vallée du Ferrand. Le Conservatoire Botanique National Alpin estime que "la diversité faunistique [de la vallée du Ferrand et du plateau d'Emparis] est remarquable" et que "l’excellent état de conservation de la plupart des habitats naturels […] peu perturbés […] permet le maintien d’espèces animales rares". [2]
Le 25 juillet 2026, un très grand nombre de personnes devrait s'entasser dans la vallée du Ferrand. Vallée qui est habituellement peuplée de marmottes, de renards, de chamois, de circaètes, d'hermines... ainsi que de fragiles tétras lyre : gallinacés emblématiques qui couvent au sol et dont les petits naissent en juillet, c'est-à-dire pendant le Tour de France. [1, 2] Sans oublier les perdrix bartavelles qui couvent au sol et dont les petits naissent... en juillet. [13, 14, 15] Sans oublier les lagopèdes, reliques de l’époque glaciaire, qui couvent au sol et dont les petits naissent... en juillet. [1, 2, 7, 13] Tétras, lagopèdes et bartavelles, ces trois gallinacés sont sur la liste rouge des espèces menacées de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la Nature). [16] Leur déclin est notamment lié à la surfréquentation humaine et au dérangement des nichées. [7, 14] En matière de lieu et de timing, difficile de trouver pire pour convier les foules.
Et ce n'est pas tout. Pour diffuser le spectacle de l'ascension de Sarenne, des hélicoptères survoleront longuement la vallée du Ferrand et la vallée de la Romanche, où nichent plusieurs couples d'aigles royaux (rapaces rares et protégés) dont les petits prendront leur envol... en juillet. [2] En outre, les coureurs entreront dans la vallée du Ferrand par le lac Chambon, secteur où niche un couple de gypaètes barbus qui donne naissance chaque année à un petit prenant son envol... au début de l'été. [10] Plus grand rapace d'Europe, le Gypaète barbu est en danger d'extinction à l'échelle française. Seuls 18 gypaétons ont pris leur envol en 2025 dans les Alpes françaises. [11, 16, 17] Dans le massif des Écrins, 75 % des gypaétons nés en 2025 n'ont pas survécu. Le survol d'hélicoptère serait la première cause d’échec de reproduction des gypaètes. [12]
Six jours avant le passage du Tour de France, le col de Sarenne sera emprunté par 16 000 cyclistes lors d'une course amateur nommée L'Étape du Tour. Comme en 2013, la surfréquentation de Sarenne risque de durer plusieurs semaines, ce qui amplifiera le dérangement d'une faune précieuse et vulnérable.
Selon un document NATURA 2000, la vallée du Ferrand est l'une des "plus riches régions de France sur le plan botanique". [2] Et c'est une flore rare et fragile qui risque d'être piétinée par la foule, peut-être même écrasée par des centaines de véhicules, des centaines de tentes... À proximité du col de Sarenne, la route passe à quelques mètres d'une zone humide fragile faisant l'objet d'un arrêté préfectoral de protection de biotope. [3] Cet arrêté atteste que "le biotope d’une espèce résulte des interactions entre la faune, la flore et les caractéristiques physiques et chimiques du milieu, et qu’une perturbation ou une atteinte portée à l’un de ces éléments peut engendrer un déséquilibre préjudiciable". "Il y a [donc] lieu de réglementer les activités sur le périmètre [de la zone humide] afin d’assurer la préservation et la tranquillité de certains biotopes nécessaires à la survie de plusieurs espèces animales protégées". Cet arrêté interdit toute manifestation sportive sur un périmètre qui pourrait être piétiné par la foule du Tour de France. [3] Est-ce vraiment le lieu pour organiser une manifestation qui pourrait réunir autant de spectateurs que 10 Stade de France ?
Comme en 2013, des travaux pourraient être réalisés, rien que pour une journée de course. Et ce, non pas à la demande de la population locale, mais à la demande des organisateurs du Tour de France ! En 2013, des passages à gué ont été transformés en petits ponts, ce qui a par la suite poussé les touristes à se rendre au col de Sarenne en voiture plutôt qu'à pied, au détriment de la quiétude de la faune sauvage.
La Nature est plus importante que ce spectacle-business (qui s'est souvent révélé être imposture). Et les organisateurs du Tour de France se moquent de la Nature. Ils l'ont prouvé en 2013 en restant muets face à une lettre ouverte portée par une pétition signée par plus de 12 000 personnes, en refusant toute alternative (la montée sauvage de Sarenne pouvait être remplacée par un passage à Villard Reculas en 2013 - idem en 2026). Comment croire qu'une entreprise qui gère, au-delà du Tour, des épreuves comme le Dakar et autres rallyes se préoccupe de la faune sauvage ? Le fait que TotalEnergies soit partenaire officiel du Tour de France 2026 prouve-t-il le contraire ?
D'autre part, beaucoup de financiers aimeraient agrandir le domaine skiable de l’Alpe d’Huez, et lorgnent vers Sarenne. [8] À long terme, ce passage du Tour dans un lieu jusque-là si bien préservé est peut-être le deuxième pas vers une bétonisation massive. En 1952, lorsque le cycliste Fausto Coppi s’est imposé à l’Alpe d’Huez, il s’imposait, au milieu des marmottes et de quelques paysans, dans une toute petite station de ski. 70 ans plus tard, l'Alpe d'Huez a étendu ses tentacules d'acier sur l'un des plus beaux massifs de France et veut encore s'agrandir, sans se soucier de la quiétude de la Nature (allant jusqu'à organiser des festivals de musique électro au cœur des montagnes). [5, 6] Que voulons-nous laisser aux générations futures ? Une planète d'acier et de béton ? Ne serait-il pas temps de dire stop à ceux qui veulent souiller ce que nous avons de plus cher ? LA NATURE N'EST PAS UN STADE.
En signant cette pétition, je m'oppose au passage du Tour de France 2026 au col de Sarenne et aux travaux qui en découleraient.
Texte et photos : Matthieu Stelvio, initiateur de la pétition 2026 (et de la pétition 2013).
SOURCES : https://lebruitdv.blogspot.com - CONTACT
La pétition sur France Inter (2 min) : Debout la Terre !
Dernière mise à jour : 23/11/25.

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Le problème
DERNIERS JOURS POUR SIGNER LA PÉTITION
Suspension prochaine de la pétition contre le Tour de France 2026 à Sarenne : « En juillet, n'allumez pas vos télés ! »
J'aurais aimé pouvoir aider les tétras-lyre, les lagopèdes, les chamois et les marmottes à oublier nos bêtises. Mais je pense qu'il est inutile de continuer. Je clôture la pétition le 30 avril 2026. Je me retire du combat. Je n'appelle à aucune action. Je ne soutiens aucune action.
À de rares exceptions près, les grands médias appartiennent à des milliardaires, les petits journaux à de grands financiers, voire aux mêmes milliardaires. Attachés à leurs revenus publicitaires et à la défense d'un modèle économique, les médias publics semblent à peu près aussi partiaux. Dans ce contexte, qui pour donner la parole aux défenseurs d'une pétition ciblant une entreprise faisant des millions d'euros de chiffre d'affaire ? D'une entreprise sponsorisée par France Télévision...
Les associations n'osent pas contrarier les autorités qui les subventionnent. Sans leur soutien, difficile de peser. Sans leur soutien, autant abandonner. Malheureusement, nous n'avons donc pas à les remercier (à l'exception du CREPAN et de Mountain Wilderness).
Il y a 13 ans, j'avais lancé la même pétition. En vain. Il y a 13 ans, j'avais aussi écrit des lettres ouvertes. En vain. Il y a 13 ans, j'avais contacté les mêmes associations. Bref, je connais déjà le résultat : nous sommes trop peu soutenus, autant abandonner. Je suis désolé.
À quoi bon continuer à perdre notre temps ? Les puissants font ce qu'ils veulent du monde. Et voir la Nature se faire peu à peu détruire a de quoi mettre en colère. Autrefois, j'avais le courage d'exprimer cette colère. Maintenant, dans cette société qui devient de moins en moins démocratique, de plus en plus autoritaire, je préfère taire ma colère.
Celles et ceux qui défendent des causes justes sont de plus en plus marginalisés, stigmatisés, voire maltraités. Je ne crois plus tellement en la sagesse des sociétés actuelles. Les médias racontent ce qu'ils veulent, tentant ainsi de modeler les opinions. Et nos dirigeants s'efforcent d'éviter les référendums, de faire semblant d'écouter, avant de s'essuyer les pieds sur nos bulletins de vote (en témoignent ces incompréhensibles nominations à la tête de notre gouvernement).
Alors, plutôt que de sombrer dans la tristesse de combats perdus d'avance, je préfère désormais me réfugier dans ces rares espaces sauvages encore préservés en espérant qu'ils finiront par convertir des humains désabusés par la vacuité d'une société artificielle et goudronnée.
J'arrête le combat, mais je suis heureux d'avoir entendu des cœurs battre à l'appel de la Nature, et je remercie celles et ceux qui ont signé la pétition et qui ont voulu défendre les beautés fragiles et sauvages du col de Sarenne et de la vallée du Ferrand.
J'arrête le combat, mais mes convictions restent les mêmes. Je ne m'exprime plus, car je pense que cela ne sert plus à rien (si ce n'est à nourrir des algorithmes). Le silence ou la parole étouffée, quelle différence ?
Toutefois, il y a encore le boycott. Arrêtons de regarder ces bêtises d'un autre siècle, ces bêtises qui font l'éloge de la compétition plutôt que de la coopération, ces spectacles polluants aux sponsors douteux, ce spectacle étrange d'un peloton de plus en plus rapide mais de moins en moins dopé (paraît-il), ce spectacle absurde de cyclistes entourés de centaines de voitures, de motos et d'hélicos.
Éteignons les écrans. Éteignons les réseaux asociaux. Éteignons les data centers. Éteignons les téléphones. Éteignons les moteurs. Éteignons les radios. Ne nous donnons pas aux robots. Si nous boycottons ce monde de frappadingues, un autre monde verra le jour et nous retrouverons, loin des murs et des écrans, le soleil éternel de nos ancêtres.
Marchons. Dormons sous les étoiles. Écoutons les oiseaux. Regardons le ciel. Réconcilions-nous avec la Nature. Réconcilions-nous avec l'éternité.
Bref, en juillet, n'allumez pas vos télés !
15809 mercis.
Matthieu Stelvio, initiateur de la pétition « Non au passage du Tour de France 2026 au col de Sarenne », le 25 avril 2026
TEXTE DE LA PÉTITION
La pétition sur France Inter (2 min) : Debout la Terre !
Culminant à 1999 mètres d'altitude, la route menant au col de Sarenne est belle et sauvage. Fermée 8 mois sur 12, cette route est une route PASTORALE, destinée aux bergers. La vitesse y est limitée à 20 km/h. Le sentier GR54 longe cette route et s'y confond par endroits. Situé dans l'aire d'adhésion du parc national des Écrins, le col de Sarenne est un de ces beaux et rares espaces où l’on peut encore respirer de l’air pur.
Les organisateurs du Tour de France 2026 veulent transformer le col de Sarenne en plus grand stade du monde. En effet, l'étape reine du Tour 2026 (la plus décisive et la plus montagneuse) doit se terminer par ce col (avant de descendre un peu plus bas dans la station de l'Alpe d'Huez pour passer la ligne d'arrivée). Ainsi placée en fin d'étape, l'ascension de Sarenne pourrait réunir des dizaines de milliers de spectateurs (voire des centaines de milliers : de tels chiffres ont déjà été évoqués dans les lacets de l 'Alpe d'Huez). [4]
Treize ans après un premier passage contesté à Sarenne, la foule est, cette fois, attendue sur le versant le plus sauvage de la route, du côté de la vallée du Ferrand. Le Conservatoire Botanique National Alpin estime que "la diversité faunistique [de la vallée du Ferrand et du plateau d'Emparis] est remarquable" et que "l’excellent état de conservation de la plupart des habitats naturels […] peu perturbés […] permet le maintien d’espèces animales rares". [2]
Le 25 juillet 2026, un très grand nombre de personnes devrait s'entasser dans la vallée du Ferrand. Vallée qui est habituellement peuplée de marmottes, de renards, de chamois, de circaètes, d'hermines... ainsi que de fragiles tétras lyre : gallinacés emblématiques qui couvent au sol et dont les petits naissent en juillet, c'est-à-dire pendant le Tour de France. [1, 2] Sans oublier les perdrix bartavelles qui couvent au sol et dont les petits naissent... en juillet. [13, 14, 15] Sans oublier les lagopèdes, reliques de l’époque glaciaire, qui couvent au sol et dont les petits naissent... en juillet. [1, 2, 7, 13] Tétras, lagopèdes et bartavelles, ces trois gallinacés sont sur la liste rouge des espèces menacées de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la Nature). [16] Leur déclin est notamment lié à la surfréquentation humaine et au dérangement des nichées. [7, 14] En matière de lieu et de timing, difficile de trouver pire pour convier les foules.
Et ce n'est pas tout. Pour diffuser le spectacle de l'ascension de Sarenne, des hélicoptères survoleront longuement la vallée du Ferrand et la vallée de la Romanche, où nichent plusieurs couples d'aigles royaux (rapaces rares et protégés) dont les petits prendront leur envol... en juillet. [2] En outre, les coureurs entreront dans la vallée du Ferrand par le lac Chambon, secteur où niche un couple de gypaètes barbus qui donne naissance chaque année à un petit prenant son envol... au début de l'été. [10] Plus grand rapace d'Europe, le Gypaète barbu est en danger d'extinction à l'échelle française. Seuls 18 gypaétons ont pris leur envol en 2025 dans les Alpes françaises. [11, 16, 17] Dans le massif des Écrins, 75 % des gypaétons nés en 2025 n'ont pas survécu. Le survol d'hélicoptère serait la première cause d’échec de reproduction des gypaètes. [12]
Six jours avant le passage du Tour de France, le col de Sarenne sera emprunté par 16 000 cyclistes lors d'une course amateur nommée L'Étape du Tour. Comme en 2013, la surfréquentation de Sarenne risque de durer plusieurs semaines, ce qui amplifiera le dérangement d'une faune précieuse et vulnérable.
Selon un document NATURA 2000, la vallée du Ferrand est l'une des "plus riches régions de France sur le plan botanique". [2] Et c'est une flore rare et fragile qui risque d'être piétinée par la foule, peut-être même écrasée par des centaines de véhicules, des centaines de tentes... À proximité du col de Sarenne, la route passe à quelques mètres d'une zone humide fragile faisant l'objet d'un arrêté préfectoral de protection de biotope. [3] Cet arrêté atteste que "le biotope d’une espèce résulte des interactions entre la faune, la flore et les caractéristiques physiques et chimiques du milieu, et qu’une perturbation ou une atteinte portée à l’un de ces éléments peut engendrer un déséquilibre préjudiciable". "Il y a [donc] lieu de réglementer les activités sur le périmètre [de la zone humide] afin d’assurer la préservation et la tranquillité de certains biotopes nécessaires à la survie de plusieurs espèces animales protégées". Cet arrêté interdit toute manifestation sportive sur un périmètre qui pourrait être piétiné par la foule du Tour de France. [3] Est-ce vraiment le lieu pour organiser une manifestation qui pourrait réunir autant de spectateurs que 10 Stade de France ?
Comme en 2013, des travaux pourraient être réalisés, rien que pour une journée de course. Et ce, non pas à la demande de la population locale, mais à la demande des organisateurs du Tour de France ! En 2013, des passages à gué ont été transformés en petits ponts, ce qui a par la suite poussé les touristes à se rendre au col de Sarenne en voiture plutôt qu'à pied, au détriment de la quiétude de la faune sauvage.
La Nature est plus importante que ce spectacle-business (qui s'est souvent révélé être imposture). Et les organisateurs du Tour de France se moquent de la Nature. Ils l'ont prouvé en 2013 en restant muets face à une lettre ouverte portée par une pétition signée par plus de 12 000 personnes, en refusant toute alternative (la montée sauvage de Sarenne pouvait être remplacée par un passage à Villard Reculas en 2013 - idem en 2026). Comment croire qu'une entreprise qui gère, au-delà du Tour, des épreuves comme le Dakar et autres rallyes se préoccupe de la faune sauvage ? Le fait que TotalEnergies soit partenaire officiel du Tour de France 2026 prouve-t-il le contraire ?
D'autre part, beaucoup de financiers aimeraient agrandir le domaine skiable de l’Alpe d’Huez, et lorgnent vers Sarenne. [8] À long terme, ce passage du Tour dans un lieu jusque-là si bien préservé est peut-être le deuxième pas vers une bétonisation massive. En 1952, lorsque le cycliste Fausto Coppi s’est imposé à l’Alpe d’Huez, il s’imposait, au milieu des marmottes et de quelques paysans, dans une toute petite station de ski. 70 ans plus tard, l'Alpe d'Huez a étendu ses tentacules d'acier sur l'un des plus beaux massifs de France et veut encore s'agrandir, sans se soucier de la quiétude de la Nature (allant jusqu'à organiser des festivals de musique électro au cœur des montagnes). [5, 6] Que voulons-nous laisser aux générations futures ? Une planète d'acier et de béton ? Ne serait-il pas temps de dire stop à ceux qui veulent souiller ce que nous avons de plus cher ? LA NATURE N'EST PAS UN STADE.
En signant cette pétition, je m'oppose au passage du Tour de France 2026 au col de Sarenne et aux travaux qui en découleraient.
Texte et photos : Matthieu Stelvio, initiateur de la pétition 2026 (et de la pétition 2013).
SOURCES : https://lebruitdv.blogspot.com - CONTACT
La pétition sur France Inter (2 min) : Debout la Terre !
Dernière mise à jour : 23/11/25.

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Pétition lancée le 23 octobre 2025