Non au darwinisme social et au tri âgiste validiste par manque de lits et de respirateurs

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COVID19 : ON ACHÈVE BIEN LES VIEUX ET LES HANDICAPÉS !
Par le groupe "Covid19 : Non au darwinisme social !"
https://www.facebook.com/groups/591274398144542/
Version finale : 27 avril 2020
(Suite, Fin et Sources sous la pétition, les deux dernières "updates")

I ~ Existence avérée du tri des patients covid19 âgés dans le Grand Est et la Région Parisienne.

Dans le courant du mois de mars 2020, alors que la pandémie de Covid19 se répand sur l'ensemble du territoire, des soignants alertent sur la saturation des services de réanimation, en particulier dans le Grand Est et l'Île-de-France. Seuls 5000 lits sont alors disponibles contre 10 000 en Allemagne. Le fruit d'une politique néo-libérale criminelle, commune aux gouvernements macron, hollande et sarkozy, de destruction méthodique de l'hôpital public, de véritables campagnes de fermetures de lits, politique délibérée et chapotée par les ministres de la santé successifs et leurs cabinets, et déclinée en région par les bureaucraties des ARS.
La presse allemande se fait l'écho le 26 mars d'un rapport médical de spécialistes allemands sur la situation catastrophique qui règne dans les hôpitaux alsaciens, en particulier à Strasbourg (1) : par manque de matériel (respirateurs et lits), les patients âgés n’y sont plus ventilés. "Toute personne de plus de 75 ans n’est plus intubée”, titre la Frankfürter Allgemeine Zeitung, ou le Tagesspiegel. Die Welt souligne "qu'“on aide désormais plus les patients les plus âgés qu’à mourir”. Ce rapport médical émane d'une équipe de médecins allemands de l’institut DIKFM qui se sont rendus à l'hôpital de Strasbourg. Le Tagesspiegel rapporte ainsi que “les personnes de plus de 80 ans n'y sont plus ventilées”, mais placées en soins intensifs et sous somnifères.“Le triage – la sélection des patients ayant de meilleures chances de survie – est depuis quelque temps à l’ordre du jour en Alsace”, déplore Die Welt, qui a interrogé Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, reconnait ainsi que "les patients de plus de 80 ans, de plus de 75, certains jours même de plus de 70 ans ne peuvent plus être intubés car nous manquons tout simplement de respirateurs".
La situation est identique aux hôpitaux de Colmar et de Mulhouse comme le révèle un article de Rue89-strasbourg du 16 mars (9) : "Face à l’épidémie de coronavirus, l’hôpital Émile Muller de Mulhouse n’est pas en capacité d’hospitaliser tous les patients. Un mail du chef des urgences de Colmar indique que des réflexions sont en cours sur « les critères (notamment d’âge) de limitation d’accès à la réanimation. » "
Adjoint au maire à Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire révèle quant à lui dans une interview de bfmtv (2) que cette pénurie organisée de lits et de respirateurs s'est traduite par des refus non seulement de réanimation mais même d'hospitalisation, de résidents d'Ephad atteints du Covid-19 : « Il est arrivé que nous soyons confrontés à des appels qui ne puissent PAS être PRIS EN CHARGE et donc qui ont conduit à la MORT en établissement d’un certain nombre de résidents atteints du Covid-19 [...] Le SAMU dit « je ne viens pas », « je ne PEUX pas », et les patients RESTENT dans la chambre ». Et d'ajouter : « On a TOUJOURS SU que la difficulté de cette épidémie, c’est la SATURATION DES LITS DE RÉANIMATION » ; c'est dire à quel point l'anticipation du risque pandémique, a toujours été le cadet des soucis des darwinistes sociaux ultra-libéraux qui nous gouvernent depuis plus de trois décennies ; c'est dire la profondeur du mépris de nos vies et de notre santé collective cqui règne chez ces zélés capos du Capital.


II ~ Négationnisme et Déni du Pouvoir politique et des Médias sur l'existence du tri.

Mais à part cette interview surprenante de Bfmtv, l'existence de ce tri entre ceux qui vont vivre et ceux auxquels la mort sera administrée faute de respirateurs n'est évoquée nulle part dans les massmedias télévisés et la presse mainstream. Silence radio général. L'existence et les chiffres de cet insupportable tri ne figurent bien évidemment jamais dans les compte-rendus télévisés quotidiens de Jérôme Salomon, Directeur Général de la Santé, lequel a longtemps occulté les morts dans les Ephad, et continue à ce jour à ne pas se donner les moyens de connaître les chiffres des morts Covid19 à domicile (notamment en excluant les tests post-mortem)... Quand la question leur est posée, Pouvoir Lrem et médias dominants (propriétés de milliardaires et de marchands d'armes) affirment contre l'évidence que ce tri n'existe pas, nulle part. "Le tri n'existe pas" is the new "il n'y a pas eu de retard dans les mesures de confinement".


III ~ Changement du discours d'évitement dominant : il s'agit de tri mais celui-ci est habituel et ce sont de banals "soins palliatifs" administrés à des patients "en fin de vie", pour éviter tout "acharnement thérapeutique".

Comprenant qu'il est trop tard pour camoufler la vérité sur l'existence effective de ce tri, médias et pouvoir Lrem adoptent alors un nouveau discours : les patients Covid19 refoulés des hôpitaux et des services de réanimation seraient tous des patients "en fin de vie", qui n'auraient pas supporté la réanimation, et auxquels seraient administrés de banals "soins palliatifs"...Des organes de "fact checking" de la presse mainstream de Patrick Drahi (libération, checknews), Xavier Niel et Matthieu Pigasse (le monde) se sont empressés de crier aux "fake news". Un article du Monde (13) dénué de toute déontologie journalistique qualifie d'emblée et dans le titre ces patients covid19 âgés et triés pour la mort de "malades en fin de vie" là où beaucoup sont en fait parfaitement soignables, comme le montrent les témoignages suivants, avec les moyens nécessaires... De même, tout l'article de francetvinfo.fr intitulé "Non, un décret ne légalise pas l'euthanasie pour les seniors atteints par le coronavirus" (7) ne repose que sur une affirmation mensongère ; Olivier Guérin, professeur de gériatrie au CHU de Nice y déclare en effet qu'"il est bien entendu hors de question de faire de la sédation sur des patients qui nécessiteraient une hospitalisation" !
Ces affirmations péremptoire et sans fondement sont démenties par tous les témoignages que nous rapportons ici. Ainsi dans des hôpitaux du Grand Est, l'équipe de médecins allemands et le témoignage de Brigitte Klinkert évoqués plus haut (1) montrent au contraire, d'une part le caractère systématique des exclusions de réanimation en fonction d'un âge-seuil variable selon la saturation des réas, et d'autre part le fait que c'est bien la PÉNURIE DE RESPIRATEURS, et non l'état prétendument désespéré de tous ces patients, qui conditionne ce tri. Le témoignage d'Emmanuel Grégoire va dans le même sens, ainsi que la plupart de ceux mis en lumière ci-après.
Cet état de fait systématique dans certains hôpitaux et Ephad transparaît clairement dans le titre sans ambiguité d'un tract (3) des soignants de la CGT HAD AP-HP pour la situation parisienne : "La seule issue pour les personnes âgées en EPHAD atteintes du coronavirus : La Mort ! Inacceptable !".
Un autre témoignage révèle le caractère foncièrement mensonger de ce discours, cette fois concernant la Région Parisienne. C'est celui de Jean-François Corty pour Mediapart (4), un soignant "rompu à la médecine de guerre" qui exerce dans une clinique parisienne "interface entre l’hôpital et l’Ehpad", qui s'occupe de patients Covid19 dans un état grave mais considérés comme "NON-PRIORITAIRES" par les services de réanimation parisiens "DÉBORDÉS". L'AP-HP a recours à cette clinique pour désengorger l'hôpital en y orientant des patients Covid19. Son témoignage est un réquisitoire pour des êtres sans éthique comme Jérôme Salomon, et tous ceux qui de leur strapontin affirment que cet ignoble tri est une chose habituelle et ne concerne que des patients non-soignables : "Depuis quinze jours, il est DE PLUS EN PLUS DUR DE TRANSFÉRER des patients en réanimation à Paris. De fait, nous sommes amenés à faire dans une PROPORTION ANORMALE DU SOINS PALLIATIF, car nous n’avons pas de service de réanimation. [...] J’entendais le directeur de la santé [Jérôme Salomon] balayer d’un revers de main le tri des patients. Son analyse ne fait pas écho à ma réalité de terrain. Que ce soit en clinique où j’exerce ou dans les Ehpad, on est OBLIGÉS de faire du palliatif de manière IMPORTANTE. C’est simple. Pour les cas graves, c’est soit la réanimation, soit le soin palliatif, car on pense que vous avez peu de chances de survivre, CHANCE QU'ON VOUS AURAIT OCTROYÉ dans un autre contexte sanitaire [et avec une réserve de respirateurs à la hauteur du risque pandémique, lequel s'accroissait d'année en année et était annoncé de longue date, ndlr]. Cela s’appelle bien du TRI, de la médecine de catastrophe."
Un article de Révolution Permanente (8) apporte un témoignage de plus du fait que les personnes refusées en réanimation n'étaient pas toutes "en fin de vie", loin s'en faut : "Le manque de matériel est criant alors que c'est la base de l'hygiène pour protéger les patients, en fournir massivement la seule aurait pu sauver des vies. [...] A cela s'ajoute le SENTIMENT D'AVOIR TUÉ LEURS PROPRES RÉSIDENTS car « ILS AURAIENT ENCORE PU VIVRE DE BELLES ANNÉES, nous les EHPAD on a été abandonnéS. Comme c'était des personnes âgées, ils ont décidé qu'on ne les prendrait pas à l'hôpital »."


IV ~ Une politique de sédation terminale appliquée à des patients soignables ne relève en aucun cas des soins palliatifs mais bien d'une politique d'assassinats, c'est-à-dire de meurtres politiquement prémédités.

Il y a plus gênant que ces témoignages accablants de soignants pour les politiciens responsables de ces nombreuses morts évitables et leurs affidés au sein de l'administration et des médias : la LOI. Pour permettre l'accompagnement médical de la "fin de vie" et l'administration de soins non plus thérapeutiques mais palliatifs, pour lutter contre l'acharnement thérapeutique et « L'OBSTINATION DÉRAISONNABLE » (tel que l'a subit Vincent Lambert, vissé pendant 10 ans sur un lit d'hôpital dans un état végétatif par la volonté d'une famille réactionnaire et ultra-catholique méprisant les dernières volontés exprimées par leur fils), et enfin pour encadrer strictement la pratique des soins palliatifs et de la sédation terminale afin d'empêcher toute dérive éthique, la loi du 22 avril 2005 dite "loi Claeys-Léonetti" (5), ÉCARTE en effet rigoureusement l'usage de la sédation profonde et continue, TERMINALE, pour pallier à une CARENCE DE MOYENS. La loi réserve strictement le recours à la sédation profonde et continue au caractère INCURABLE de l'affection grave d'un patient ; à contrario toute personne dans un état grave mais SOIGNABLE doit être orientée vers la réanimation et au besoin accéder à l'assistance d'un respirateur. C'est la base même de l'éthique médicale et du serment d'Hippocrate que prête tout soignant.
De même les très officielles "Recommandations de la Société Française d'Accompagnement et de soins Palliatifs" (SFAP, 6) stipulent clairement que la sédation ne peut intervenir que si "TOUS LES MOYENS DISPONIBLES ET ADAPTÉS a cette situation ONT PU [LUI] ÊTRE PROPOSÉS ET/OU MIS EN OEUVRE". En dehors de ces conditions, le terme de "soins palliatifs" et de "sédation profonde et continue" ne s'appliquent pas et sont impropres au regard de la loi. Dès lors, le seul terme juridique qui coïncide avec la politique d'euthanasie des SURNUMÉRAIRES avalisée par le gouvernement et les ARS est celui d'ASSASSINAT, c'est à dire une politique préméditée de meurtres en séries, les conséquences létales des carences en respirateurs et en lits pour faire face au risque épidémique étant parfaitement connues des décideurs successifs.
LA SÉDATION TERMINALE AU TITRE DES SOINS PALLIATIFS N'EST AUTORISÉE QUE POUR LES CAS DÉSESPÉRÉS, PAS POUR PALLIER AUX MANQUES MATÉRIELS ORGANISÉS PAR L'ÉTAT.


V ~ Les cibles du tri âgiste, validiste et capacitiste : vieux et handicapés, le darwinisme social de la Thanatocratie sanitaire macronienne.

Vieux, handicapés et fous : le tri euthanasique encouragé par le gouvernement et les ARS concerne avant tout les plus fragiles, qui sont sacrifiés au nom du "bien commun" et de "l'utilité sociale" des individus. La parenté de cette politique macronienne avec l'eugénisme historique et le darwinisme social est flagrante. Au nom d'un "bien commun" qui dépasserait leurs vies, et d'une "pensée" économique qui met en balance les vies sauvables et le coût des respirateurs et des places en réanimation, on les achève, avec la bénédiction et les encouragements de l'ARS et du gouvernement.
Les "inutiles" sont ainsi la cible première de cette barbarie. Après le sort réservé aux personnes âgées, c'est celui des personnes handicapées qui inquiète les associations, qui s'indignent dans un article de francetv.info (10) "que le HANDICAP soit l’un des CRITÈRES DE TRI dans les hôpitaux SURCHARGÉS. Et les associations reçoivent de NOMBREUX TÉMOIGNAGES EN CE SENS."
Apf France Handicap (11) lance l'alerte : " En effet, nous sommes très inquiets car il semblerait qu’un ou plusieurs établissements hospitaliers aient demandé aux Ehpad de rédiger pour chaque résident une fiche contenant les pathologies de la personne âgée, ses directives anticipées et son âge... Si de telles fiches participent d’un souhait louable de connaitre la personne et ses souhaits, nous attirons l’attention sur le fait qu’elles ne peuvent constituer des données à partir de laquelle les professionnels des Samu feraient le choix d'hospitaliser ou non les résidents. Cette question commençant à se poser pour les résidents accueillis en EHPAD, elle ne devrait pas tarder à concerner les personnes en situation de handicap accueillies en établissements médico-sociaux. [...]. Nous rappelons que si nos établissements sont pour plusieurs d’entre eux des structures de soins, il ne s’agit pas pour autant de structures hospitalières outillées pour faire face à des gestes techniques d’intubation ventilation ou encore à des soins palliatifs. Dans ce contexte, une pratique qui conduirait à organiser des tris de patients sur des critères qui ne sont pas exclusivement médicaux (notamment via une prise en compte trop immédiate des directives anticipées) s’apparenterait de facto à un abandon thérapeutique anticipé discriminatoire."
Des faits également relayés dans un autre article de francetv.info (12) : "Un médecin du Grand Est, qui a requis l'anonymat, avait indiqué de son côté avoir été choqué par l'e-mail d'un hôpital de proximité qui jugeait "nécessaire d'adopter une stratégie de prise en charge proportionnée", pour "maximiser les chances de survie des résidents pouvant potentiellement passer un cap", et "accompagner" (SANS HOSPITALISER) "celles ou ceux qui malheureusement ne le passeront pas"." On notera le caractère systématique de ces menaces, bien loin d'un avis circonstancié au cas par cas.
On retrouve ici tous les éléments d'une sélection sociale eugéniste par élimination ciblée, telle que pratiquée contre les handicapés, les alcooliques et les fous par le régime nazi lors de "l'Aktion T4" [13 ; https://www.cairn.info/revue-revue-d-histoire-de-la-shoah-2013-2-page-37.htm ], élimination également prônée contre les mêmes catégories sociales par une partie du corps médical dans la fRance de l'avant-guerre [13 bis ; avant 1939-45].
Dans un article pour l'Obs au titre évocateur, "Biopouvoir ou Thanatocratie ?" (14), l'anthropologue Jean-Loup Amselle relève que " comme la pandémie actuelle du Covid-19 le montre, un nouveau modèle se met en place, celui du darwinisme social dans lequel la survie des plus aptes devient la préoccupation essentielle. Le corollaire de cette position est que les plus faibles doivent céder la place, soit dans le cadre de l’« immunité de groupe » qui fait fonction de tri avec un grand nombre de contaminés et de victimes, soit dans le cadre d’un tri effectif où l’on décide de n’intuber et de ne réanimer que les malades les plus jeunes – ou les moins vieux – en raison du manque de respirateurs et de lits de réanimation."


VI ~ Vives réactions de professionnels de la santé, des associations et des proches de victimes du tri face à la tentative d'invisibilisation de celui-ci par le gouvernement. La discrète publication du décret Rivotril et des directives de l'ARS IdF pour "rationnaliser" le tri éventées.

Cette politique criminelle n'est pas menée tambour battant, bien au contraire... Le gouvernement et son douteux "conseil scientifique" opèrent en catimini : par décret, par directives, par recommandations, par l'invisibilisation des morts du covid19 en Ephad et plus encore à domicile. Un "conseil scientifique" sur la lourde responsabilité duquel il va falloir se pencher pour tous les choix aberrants que ses membres ont soutenu depuis le début de la pandémie, conseil "scientifique" qui forme un véritable contre-exemple international meurtrier : masques, tests, obsession bornée pour la théorie criminelle et fumeuse de "l'immunité collective", réouverture insensée des écoles... De très nombreuses morts sur la conscience, et une insupportable persistance dans l'erreur.
Le 28 mars 2020, le gouvernement promulgue en toute discrétion le décret n° 2020-360 (15) introduit dans la loi « d’urgence sanitaire ». En plein pic épidémique, ce décret hors du commun autorise et encourage, face au manque de places en réanimation et en lieu et place d'une prise en charge respiratoire, l'administration asphyxique de RIVOTRIL aux patients covid19 âgéEs et souffrant d'insuffisance respiratoire grave. Le rôle du Rivotril est alors de TUER en un temps très court (2h au lieu de 72h avec d'autres sédatifs, selon une soignante) ; le Rivotril, un antiépileptique, entraîne en effet une dépression respiratoire, qui s'ajoute à celle provoquée par le Covid19, jusqu'au décès. Il est ordinairement CONTRE-INDIQUÉ pour les détresses respiratoires. Si le texte du décret vise explicitement les personnes "ne pouvant être admises en réanimation" se garde bien de préciser les causes premières de cette impossibilité de l'admission en réanimation : le manque de lits, de respirateurs.
Le décret provoque pourtant la sidération parmi le corps médical. Des députés sont "alertés par de nombreux médecins et pharmaciens, préoccupés par cette mesure dont ils soupçonnent qu'elle vise à désengorger les hôpitaux des cas les plus sévères dans un contexte d'afflux de malades"(16). "Le décret autorise-t-il la mise en place temporaire d’une procédure d’euthanasie ? C’est la question posée par une requête en référé, déposée [...] devant le Conseil d’État", par "un membre du Conseil économique et social, deux pharmaciens, un citoyen dont la mère, victime du Covid-19, est hospitalisée, ainsi que par trois députés" (17). Le texte est aussi attaqué par le syndicat des jeunes médecins dans une seconde requête en référé. L'Associu Corsu di a Salute qui réuni des soignants corses (18) "s'insurge contre la possibilité d'administrer du Rivotril hors AMM pour les médecins de ville", et souligne que les médecins "n'ont pas vocation à accélérer un tri barbare et arbitraire de patients par des médecins à qui on aurait refusé en amont les moyens du diagnostic et du traitement.[...] La dérive actuelle, tendant à généraliser, par décret, dans le cadre de l'épidémie due au Covid-19, l'usage hors AMM du Rivotril injectable ou de tout autre produit accélérant la fin de vie chez des patients 'ne pouvant être admis en réanimation', à l'heure où l'on bloque les possibilités de prescriptions que les médecins réclament à cor et à cri, est des plus inquiétantes". Les médecins de cette association rappellent qu'ils s'opposeront "toujours à ce qui est contraire au serment que nous avons tous prêté."
Parallèlement, un article destiné aux seuls professionnels de santé, dans le Quotidien du Médecin (19), établit que L'ARS ILE-DE-FRANCE ENTÉRINE LES CONSÉQUENCES DE SA POLITIQUE DE DESTRUCTION DE L’HÔPITAL PUBLIC ET PROPOSE UN "SOUTIEN CONCEPTUEL" POUR TRIER LES PATIENTS QUI NE SERONT PAS ADMIS EN RÉANIMATION EN CAS DE MANQUE DE PLACE. Par ailleurs dans un article de Mediapart (20), un courriel du Conseil de l'Ordre des Médecins du Vaucluse du 20 mars 2020 constate que "au vu des DERNIÈRES RECOMMANDATIONS, les patients des maisons de retraite et Ehpad, présentant des comorbidités et en détresse respiratoire ne seront bientôt PLUS ADMISSIBLES à l’hôpital". Là encore, le tri est clairement systématique, et non individualisé et au cas par cas. Les équipes de ces Ehpad se retrouvent à gérer des décès "sans pouvoir même transférer leurs malades vers l’hôpital de Carcassonne et ses lits de réanimation". Chacun évoque de fait la barrière d’âge. Au-dessus de 80 ans, parfois de 75 ans, les services de réanimation déjà sous tension ou débordés n’acceptent pas ces malades. Pascal Champvert, de l’AD-PA, association de directeurs d’Ehpad ou de structures d’aides à domicile s'insurge et averti que « chaque cas doit être examiné individuellement et pas en raison d’un âge ou de l’appartenance à un groupe, sinon c’est de la pure discrimination ». Dans la foulée, l’AD-PA demande alors officiellement "un AVIS RAPIDE DU CCNE (Conseil consultatif national d’éthique) sur la fin de vie". Un Conseil Consultatif d'éthique aux abonnés absents...
Emboitant docilement le pas du gouvernement, des "sociétés savantes" remettent le 17 mars à la direction générale de la Santé un document intitulé "Priorisation de l'accès aux soins critiques dans un contexte de pandémie" proposant de baser le tri sur le principe social-darwiniste "d'UTILITÉ SOCIALE" des patients (21)... Le 19 mars, c'est au tour de la Société de Réanimation de Langue Française (SRLF) de publier ses propres recommandations. Pour "rationnaliser" ce tri inique, les deux textes encouragent le recours au "score de fragilité", un indicateur mesuré grâce à l'échelle CFS (clinical frailty scale)... Les plus fragiles sont de faits les cibles prioritaires de ce tri meurtrier, dans la plus pure tradition eugéniste. L'intervention plus que regretable de ces sociétés permet au gouvernement et aux ARS de se dédouaner partiellement d'être les commanditaires de ce tri barbare, auquel ces sociétés apportent une caution "scientifique".
Ainsi, le gouvernement favorise par décret l'euthanasie à domicile des patients Covid19 systématiquement refoulés des hôpitaux surchargés, sur la base de leur "inutilité sociale", tout en ayant l'assurance que ce tri passe inaperçu puisqu'on a fait en sorte parallèlement de ne pas comptabiliser les décès Covid19 à domicile, notamment en rejetant le principe de dépistages post-mortem (ce qui a également pour conséquence d'empêcher toute poursuite contre l'État et toute indemnisation pour les familles des victimes).

(Suite, Fin et Sources sous la pétition, les deux dernières "updates")