

Bonjour à tous,
Pour résumer le conseil municipal je ne pourrais faire mieux que la Tribune libre proposée par Michel Adélaïde , un citoyen engagé ::
Tribune libre : À Baden comme ailleurs, quand le pouvoir confisque la décision
Hier soir, j’ai assisté pour la première fois à un conseil municipal à Baden, commune où je vis depuis quatre ans. J’en suis ressorti avec une conviction renforcée : ce qui s’y joue dépasse largement le cadre local et interroge notre conception même de la démocratie.
À l’ordre du jour figurait une délibération aux conséquences majeures : autoriser le Maire à engager, liquider et mandater des dépenses d’investissement avant le vote du budget principal 2026, notamment pour un projet de pôle sportif estimé à 8 millions d’euros.
Face à cette décision, l’opposition municipale n’a fait que rappeler des faits incontestables. Ce projet est aujourd’hui contesté devant la justice administrative. Après le rejet d’un recours amiable, un recours contentieux est en cours, avec une décision attendue à l’horizon du printemps 2027. Personne ne peut en anticiper l’issue. Pourtant, la majorité municipale choisit d’engager les travaux comme si de rien n’était.
L’opposition a alerté sur un risque financier considérable : 3 à 4 millions d’euros pourraient être engagés d’ici là, gelés ou perdus en cas de décision défavorable. Des précédents existent. Des projets ont déjà été stoppés, des permis annulés, de l’argent public gaspillé. Ces avertissements ont été balayés d’un revers de main.
La réponse du Maire est sans ambiguïté : le projet serait ancien, validé, et le débat clos. Aucune discussion supplémentaire ne sera tolérée. Cette posture résume à elle seule une certaine conception du pouvoir : décider, puis faire taire.
Mais le cœur du problème est ailleurs.
Cette décision est prise par une majorité municipale qui a annoncé qu’elle ne se représentera pas dans deux mois. Une équipe sortante engage des millions d’euros, verrouille l’avenir budgétaire de la commune et impose un choix irréversible à ceux qui lui succéderont. Ce n’est pas une simple continuité institutionnelle : c’est un passage en force.
Qu’on ne s’y trompe pas : la légalité n’est pas la légitimité. Même si cette décision respecte le droit, elle est politiquement contestable et démocratiquement choquante. Gouverner jusqu’au dernier jour n’autorise pas à priver les citoyens et les futurs élus de toute capacité de choix.
En refusant le gel du projet, la majorité sortante transforme cet investissement en héritage contraint, voire en piège budgétaire.
Dans ces conditions, les soupçons deviennent inévitables. Lorsqu’une équipe accélère, refuse la prudence, marginalise l’opposition et ignore les citoyens mobilisés, elle nourrit l’idée que d’autres intérêts que celui de l’intérêt général sont à l’œuvre.
Ce conseil municipal illustre brutalement les limites de notre démocratie déléguée. Une démocratie où le droit sert de paravent, où l’écoute disparaît, où la participation citoyenne est réduite à une formalité électorale. Ni l’opposition municipale, ni les habitants concernés n’ont vraiment été entendus.
Se retrancher derrière les procédures pour éviter le débat est devenu une méthode de gouvernement, localement comme nationalement. Et dans tous les cas, la facture finit toujours par être payée par les contribuables, jamais par les décideurs.
Il est temps de rompre avec cette logique. Passer d’une démocratie de délégation à une démocratie de participation réelle n’est plus un slogan : c’est une urgence démocratique.
Lorsque le pouvoir se retranche derrière les procédures pour éviter le débat, la démocratie s’étiole. Ce qui se produit à l’échelle locale n’est pas une exception : c’est le miroir fidèle du fonctionnement national.
Michel ADELAÏDE
Citoyen engagé
27 janvier 2026
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