NON à la refonte de la carte des CPGE publiques en Ile-de-France

Signataires récents:
guillaume ODIN et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Madame la Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,

Nous nous adressons à vous suite à la rédaction du rapport du «Comité régional d'orientation sur les CPGE franciliennes (2024-2025)», rapport reçu le 1er avril par les associations représentatives des différentes filières de classes préparatoires et qui préconise la fermeture de CPGE publiques dans les académies de Paris, Créteil et Versailles.

Ce rapport fait suite aux trois réunions du Comité d’orientation. Il reprend - avec une constance déroutante - les mêmes éléments de langage («places vacantes », «faible diversité sociale», proportion de filles jugée insuffisante en CPGE scientifique) que le rectorat de Paris avait déroulés en 2024, dans sa tentative, en grande partie avortée, de fermer quatre classes préparatoires parisiennes publiques. L’absence des associations de professeurs et des syndicats, qui auraient pu aisément démonter toutes les incohérences de ce rapport, démontre que les rectorats continuent de fouler au pied l’idée même de dialogue social.

Concernant le manque de diversité sociale et de genre en CPGE, le Comité d’orientation feint d’ignorer que les équipes sont constamment soucieuses de ces équilibres, que ce soit lors de la présentation des formations auprès des lycéens ou de l'examen individualisé des candidatures. En l’occurrence, il y a autant de boursiers classés que de demandes faites - l’algorithme de Parcoursup s’en assure. Ce faisant, les CPGE publiques sont assurément ouvertes à tous les publics, filles comme garçons, et offrent gratuitement une qualité d’enseignement et d’encadrement que les étudiants les plus socialement défavorisés n’auront pas la chance de trouver ailleurs. Les équipes éducatives se sont engagées, depuis des années et sans aide ni soutien du ministère, dans de nombreuses actions de promotions de leurs filières envers les publics les plus défavorisés, sans toutefois parvenir à contrecarrer complètement certains effets de viviers et de territoires.

Par ailleurs, les CPGE publiques franciliennes ne peuvent porter la responsabilité d’une politique ministérielle défaillante, qui met en place une discrimination sociale continue - de l’école primaire au lycée - et n’encourage pas suffisamment les élèves les plus défavorisés à poursuivre des études longues (bourses insuffisantes, manque criant de places en internat, pénurie de logements de proximité dans le parc privé). Pour mémoire, une enquête des doyens a pointé, en décembre 2024, la grande précarité des étudiants en médecine, sans que le ministère ne s’empare du sujet. Inexorablement, cette précarité étudiante aboutit à une censure sociale des ambitions légitimes des publics les plus défavorisés.

Dans ce contexte, on ne peut que s’étonner de l’acharnement institutionnel à vouloir fermer, années après années, des CPGE publiques, dont le nombre est notoirement insuffisant pour répondre à la demande croissante des néo-bacheliers. Pour la seule académie de Paris, les chiffres parlent d’eux-mêmes : pour 6400 places ouvertes sur Parcoursup par les CPGE publiques de cette académie à la rentrée 2024, 6358 avaient trouvé preneurs, soit un taux de remplissage de 99,3%. Si on souhaite encore davantage de mixité sociale dans ces classes, il devient donc urgent d’ouvrir, sans en fermer d’autres, une quinzaine de CPGE publiques de proximité en Ile-de-France.

Les attaques répétées contre les CPGE publiques s’inscrivent dans un contexte plus large de ségrégation sociale à tous les niveaux de l'Éducation nationale : dans les établissements secondaires de l’académie de Paris, la fuite vers les établissements privés s’organise méthodiquement dès le niveau collège et les élèves les plus favorisés y sont surreprésentés (77,2% des effectifs), à l’inverse des élèves défavorisés (3%). La situation dans l’académie de Versailles interroge tout autant, en particulier dans le département des Hauts-de-Seine : les établissements privés y accueillent les élèves les plus favorisés (83,1% contre 2,2% pour les élèves défavorisés). En somme, on institue un enseignement secondaire à deux vitesses : les élèves plus aisés dans le privé, subventionné par de l'argent public ; les plus défavorisés dans le public, privé de moyens suffisants.

Enfin, les attaques contre les CPGE publiques étendent à dessein cette polarisation sociale à l’Enseignement supérieur. En effet, la fermeture de CPGE publiques, qui répondent pourtant à une demande croissante, ne pourra qu’occasionner une fuite vers l’enseignement privé hors contrat. Si seules les CPGE franciliennes sont pour l’heure visées, nul doute que la saignée s'étendra bientôt à tout le territoire national.

Madame la Ministre, nous vous demandons de désavouer les conclusions du Comité d’orientation, de lancer un grand plan d’investissement pour l’Enseignement supérieur public dans son ensemble et de soutenir l'ouverture de nouvelles classes préparatoires publiques, à hauteur des demandes et besoins actuels.

Nous vous demandons également de recevoir nos représentants syndicaux et les associations de professeurs des différentes filières de CPGE, qui ont unanimement protesté (cf. communiqué du 4 avril) contre les conclusions du rapport du Comité d’orientation.

Avec nos remerciements anticipés, nous vous prions de croire, Madame la Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, en l'expression citoyenne de nos sentiments dévoués.

Le COLLECTIF DE DÉFENSE DES CPGE PUBLIQUES 
et leurs soutiens

 

165

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Madame la Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,

Nous nous adressons à vous suite à la rédaction du rapport du «Comité régional d'orientation sur les CPGE franciliennes (2024-2025)», rapport reçu le 1er avril par les associations représentatives des différentes filières de classes préparatoires et qui préconise la fermeture de CPGE publiques dans les académies de Paris, Créteil et Versailles.

Ce rapport fait suite aux trois réunions du Comité d’orientation. Il reprend - avec une constance déroutante - les mêmes éléments de langage («places vacantes », «faible diversité sociale», proportion de filles jugée insuffisante en CPGE scientifique) que le rectorat de Paris avait déroulés en 2024, dans sa tentative, en grande partie avortée, de fermer quatre classes préparatoires parisiennes publiques. L’absence des associations de professeurs et des syndicats, qui auraient pu aisément démonter toutes les incohérences de ce rapport, démontre que les rectorats continuent de fouler au pied l’idée même de dialogue social.

Concernant le manque de diversité sociale et de genre en CPGE, le Comité d’orientation feint d’ignorer que les équipes sont constamment soucieuses de ces équilibres, que ce soit lors de la présentation des formations auprès des lycéens ou de l'examen individualisé des candidatures. En l’occurrence, il y a autant de boursiers classés que de demandes faites - l’algorithme de Parcoursup s’en assure. Ce faisant, les CPGE publiques sont assurément ouvertes à tous les publics, filles comme garçons, et offrent gratuitement une qualité d’enseignement et d’encadrement que les étudiants les plus socialement défavorisés n’auront pas la chance de trouver ailleurs. Les équipes éducatives se sont engagées, depuis des années et sans aide ni soutien du ministère, dans de nombreuses actions de promotions de leurs filières envers les publics les plus défavorisés, sans toutefois parvenir à contrecarrer complètement certains effets de viviers et de territoires.

Par ailleurs, les CPGE publiques franciliennes ne peuvent porter la responsabilité d’une politique ministérielle défaillante, qui met en place une discrimination sociale continue - de l’école primaire au lycée - et n’encourage pas suffisamment les élèves les plus défavorisés à poursuivre des études longues (bourses insuffisantes, manque criant de places en internat, pénurie de logements de proximité dans le parc privé). Pour mémoire, une enquête des doyens a pointé, en décembre 2024, la grande précarité des étudiants en médecine, sans que le ministère ne s’empare du sujet. Inexorablement, cette précarité étudiante aboutit à une censure sociale des ambitions légitimes des publics les plus défavorisés.

Dans ce contexte, on ne peut que s’étonner de l’acharnement institutionnel à vouloir fermer, années après années, des CPGE publiques, dont le nombre est notoirement insuffisant pour répondre à la demande croissante des néo-bacheliers. Pour la seule académie de Paris, les chiffres parlent d’eux-mêmes : pour 6400 places ouvertes sur Parcoursup par les CPGE publiques de cette académie à la rentrée 2024, 6358 avaient trouvé preneurs, soit un taux de remplissage de 99,3%. Si on souhaite encore davantage de mixité sociale dans ces classes, il devient donc urgent d’ouvrir, sans en fermer d’autres, une quinzaine de CPGE publiques de proximité en Ile-de-France.

Les attaques répétées contre les CPGE publiques s’inscrivent dans un contexte plus large de ségrégation sociale à tous les niveaux de l'Éducation nationale : dans les établissements secondaires de l’académie de Paris, la fuite vers les établissements privés s’organise méthodiquement dès le niveau collège et les élèves les plus favorisés y sont surreprésentés (77,2% des effectifs), à l’inverse des élèves défavorisés (3%). La situation dans l’académie de Versailles interroge tout autant, en particulier dans le département des Hauts-de-Seine : les établissements privés y accueillent les élèves les plus favorisés (83,1% contre 2,2% pour les élèves défavorisés). En somme, on institue un enseignement secondaire à deux vitesses : les élèves plus aisés dans le privé, subventionné par de l'argent public ; les plus défavorisés dans le public, privé de moyens suffisants.

Enfin, les attaques contre les CPGE publiques étendent à dessein cette polarisation sociale à l’Enseignement supérieur. En effet, la fermeture de CPGE publiques, qui répondent pourtant à une demande croissante, ne pourra qu’occasionner une fuite vers l’enseignement privé hors contrat. Si seules les CPGE franciliennes sont pour l’heure visées, nul doute que la saignée s'étendra bientôt à tout le territoire national.

Madame la Ministre, nous vous demandons de désavouer les conclusions du Comité d’orientation, de lancer un grand plan d’investissement pour l’Enseignement supérieur public dans son ensemble et de soutenir l'ouverture de nouvelles classes préparatoires publiques, à hauteur des demandes et besoins actuels.

Nous vous demandons également de recevoir nos représentants syndicaux et les associations de professeurs des différentes filières de CPGE, qui ont unanimement protesté (cf. communiqué du 4 avril) contre les conclusions du rapport du Comité d’orientation.

Avec nos remerciements anticipés, nous vous prions de croire, Madame la Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, en l'expression citoyenne de nos sentiments dévoués.

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