Un livre que j'ai écrit pour expliquer la Corse


Je m’adresse à vous pour un sujet qui n’a trait à la défense des maisons ancestrales des Peretti que de façon annexe. Mon combat pour les Peretti est liée à une vision historique et sociétale de la Corse. Quand je me suis lancé dans ce combat la raison essentielle a été un sentiment d’injustice : alors que la rive sud d’Ajaccio se couvre d’immeubles et de maisons de luxe, ce petit paradis qu’est le domaine d’A Saparella serait condamné à être détruit à la suite d’un harcèlement qui dure depuis près de quinze ans.
Les associations ont parlé de spéculation ce qui est un mensonge. Je leur ai opposé la légitimité historique et familiale. Mais tout cela procède de recherches sur la Corse et d’une vision de notre passé, de notre présent et de notre futur. C’est tout cela que j’expose dans mon nouvel ouvrage dont je vous prie de prendre quelques minutes pour lire ce que j’ai écrit pour tenter de provoquer votre désir de le lire.
Mon livre sur « Les violences en Corse » est désormais disponible sur Amazon. Pourquoi Amazon ? Parce que je me suis adressé à un éditeur continental qui m’a fait comprendre que ce qui avait du succès aujourd’hui pour la Corse était l’ouvrage sensationnaliste qui dévoilait des rapports de police ou le témoignage d’anciens clandestins ou mieux encore celui d’ancien voyou. Je ne suis ni les uns ni les autres, seulement un observateur et parfois un acteur de notre société insulaire.
J’ai donc renoncé à chercher un éditeur continental tout simplement parce que je n’ai pas voulu faire de compromis.
Ce livre est donc édité les éditions Vannina, créées par mon fils aîné afin de commercialiser mes titres anciens disparus des circuits. Je ne prends aucun droit d’auteur sur cet ouvrage ni sur aucun autre d’ailleurs. Le prix de 19,99 euros pour 500 pages est tiré au plus juste pour seulement payer les frais engagés pour la maquette et la conception compte tenu des espérances de vente pour un livre qui ne sera pas disponible en librairie.
Je ne pourrai donc pas plus le distribuer à la presse qu’aux amis sinon sous forme de pdf. Concernant les journalistes je ne le ferai qu’à la condition que soit écrite une critique. Bonne ou mauvaise, peu importe. Contrairement à ce que certains de mes détracteurs laissent à penser, je ne dispose pas de moyens supérieurs à ma retraite de petit cadre A de la fonction publique.
Donc tout dépend de vous. Mais je pense que la mise en perspective de faits qui ont parsemé notre histoire depuis des siècles et plus encore la période comprise entre les années 60 et aujourd’hui permet de comprendre bien des aspects de ce que nous vivons.
Ce livre n’est ni un réquisitoire, ni une apologie. Il est né d’une nécessité personnelle : comprendre ce qui, depuis des siècles, travaille en profondeur la société corse. J’y explore une réalité dérangeante, souvent contournée, parfois niée : celle des violences qui traversent mon île, qu’elles soient politiques, sociales, familiales ou criminelles. Loin des clichés simplistes et du mot-valise de « mafia », j’ai voulu proposer une lecture plus exigeante, ancrée dans l’histoire longue, la géographie et les structures mentales qui façonnent les comportements collectifs.
Pendant plus de vingt ans, j’ai rencontré des militants, des policiers, des hommes de l’ombre, des figures du banditisme. J’ai moi-même été, à certains moments de ma vie, acteur ou témoin engagé de cette réalité. Plutôt que de me placer à distance, j’ai choisi d’assumer cette proximité. Elle m’a permis de reconstituer un puzzle complexe où s’entremêlent luttes nationalistes, vendettas anciennes, affrontements de clans et logiques de pouvoir. Enfin j’ai utilisé des sources déjà existantes parmi les centaines d’ouvrages écrits sur la Corse, mais dont j’ai tenté de reconstituer une cohérence historique et somme toute sociologique.
Ce que j’ai tenté de montrer, c’est que la violence corse n’est pas une dérive récente. Elle constitue une constante historique de notre histoire, dont les formes évoluent sans que le fond ne disparaisse. De la vendetta traditionnelle aux règlements de comptes contemporains, du bandit d’honneur à la clandestinité dans ce qu’elle a eu de plus honorable à ses dérives précoces, les mêmes ressorts sont à l’œuvre : l’honneur, la fidélité, la famille, le territoire, le peuple, mais aussi la peur, le ressentiment et la quête de reconnaissance.
Je n’ai pas cherché à contourner cette autre violence qui a été celle de l’État avec ses compromissions, ses malhonnêtetés, ses maladresses qui ont souvent meurtri ses propres serviteurs.
J’ai également voulu éclairer ces zones grises où se brouillent les frontières entre légitime et illégitime, entre État et contre-pouvoirs, entre justice et vengeance. Car la violence, en Corse, n’est pas seulement destructrice : elle a aussi longtemps servi de mode de régulation, une manière brutale de trancher ce que le dialogue ne parvient pas à résoudre.
Au fond, ce livre pose une question simple et dérangeante : et si cette violence disait quelque chose de nous-mêmes ? Refuser de la voir ou l’attribuer uniquement à des forces extérieures, c’est se condamner à ne jamais la comprendre, donc à la subir.
J’ai écrit ce livre pour ouvrir ce débat, sans complaisance, mais sans hypocrisie, avec une seule ambition : tenter de saisir ce que nous raconte, au fil du temps, le sang versé en Corse.
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