Non à la chasse à courre pendant le brame !

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Tous les ans, entre début septembre et fin octobre, c'est la période de rut du cerf, appelée communément le brame. Pendant cette période, les cerfs connaissent une poussée d'hormones et vont chercher à se reproduire, affrontant d'autres cerfs pour les faveurs d'une harde de biches.

C'est une période très éprouvante physiquement pour eux : ils ne mangent presque rien et n'ont pas de répit : combat, accouplement, surveillance... Ils peuvent perdre entre 20 et 30 kg à cette période (voici un texte très intéressant à ce sujet). Entièrement concentrés sur leur reproduction, les cerfs sont très exposés pendant le rut, se faisant remarquer partout notamment grâce aux cris qu'ils émettent ou aux bagarres qu'ils déclenchent entre eux. Il ne reste rien de leur furtivité légendaire, qui les protège en temps normal de la vue des humains.

Cette période donne lieu à des scènes spectaculaires, que les photographes passionnés tentent de capturer sans déranger leur sujets. Mais cette grande vulnérabilité du cerf, c'est aussi le moment idéal pour ceux qui cherchent à le tuer.
Parmi les curieux amassés aux endroits où on entend bramer, les habitués reconnaîtront des valets de chasse à courre venus faire leur repérage pour la chasse du samedi suivant. Quoi de plus facile que cette période pour « faire ses courses » et choisir sa proie ?

Dans plusieurs départements, la chasse à tir est suspendue en forêt domaniale pendant cette période, mais la chasse à courre échappe à cette règle ! Pire, le brame coïncide exactement avec le début de saison de chasse à courre. Rappelons en quoi consiste cette pratique : des équipages de cavaliers, suivis de 4x4, de poids lourds et d'une armada de suiveurs à vélo se lancent dans la traque d'animaux sauvages, pour les achever à l'arme blanche une fois épuisés. La traque peut durer cinq ou six heures, causant un grand stress et une souffrance chez l'animal sans commune mesure avec les autres chasses. En 1997, une étude anglaise mettait en avant les ravages de cette chasse sur l'organisme des cerfs. Les résultats sanguins ont montré une concentration élevée de cortisol et des dégâts au niveau des globules blancs des animaux testés. Autrement dit, ils ont subi un stress physiologique et psychologique très important au cours de la traque. Selon l'étude, ces dommages sont même supérieurs à ceux des animaux blessés par balle et mourant plusieurs jours plus tard. Beaucoup des cerfs qui parviennent à échapper à la meute gardent des séquelles et certains meurent quelques heures plus tard d'une intoxication du sang.

« Une chasse prolongée avec des chiens génère chez le cerf un stress extrême et sans doute une grande souffrance. La poursuite lui impose des contraintes qui sont au-delà des limites normales pour son espèce. »
(Patrick Bateson - The Behavioural and Physiological Effects of Culling Red Deer. http://www.fondationbrigittebardot.fr/sites/default/files/pdf/Rapport%20Bateson.pdf )

Mais cet argument scientifique importe peu aux chasseurs à courre à la recherche du plus beau trophée. Voici comment Alain Drach, maître d'équipage de chasse à courre à Compiègne, évacuait cette question, en début de saison dernière :

" COURRIER PICARD : Pourquoi démarrer la saison en pleine période du brame ? Ce n’est pas un peu déloyal comme façon de procéder ?
ALAIN DRACH : Personnellement, j’ai passé des nuits d’amour et je n’étais pas pour autant épuisé dans la journée… En Angleterre, la saison démarre bien plus tôt, dès le 1er août. Ils disent que ce sont des veaux avant la période de reproduction et qu’ils deviennent de véritables torpilles pendant le brame. Les animaux sauvages ont l’habitude de vivre la nuit et dormir le jour. Cette période ne change pas leur habitude. "
https://www.courrier-picard.fr/art/136262/article/2018-09-16/alain-drach-peut-chasser-pendant-le-brame

Pourtant, et au-delà même des raisons morales évidentes, pour les naturalistes et les scientifiques, la chasse à courre en période de brame est tout à fait néfaste à la population de cerfs. Voilà pourquoi :

Dans le système polygame de reproduction des cerfs, un même mâle va féconder plusieurs femelles, ce qui limite un brassage génétique dans un “harem” donné. Toute la descendance aura la moitié des gènes en commun (via le même père). C’est pourquoi ce sont les mâles les plus forts (théoriquement les plus aptes à survivre et à se défendre contre leurs adversaires) qui ont accès aux femelles, car ils possèdent un code génétique plus favorable à leur survie. Ceci permet de maintenir une population saine et adaptative face aux prédateurs, aux maladies ou aux aléas de l'environnement.

Or, en chasse à courre ce sont justement ces mâles dominants qui sont préférentiellement chassés, notamment pour leur qualité de trophée ou le “combat chevaleresque” qu'ils offrent à leur assaillants. Cette pratique peut donc limiter le taux de réussite de reproduction et a donc un impact sur toute la population !

❌ POUR TOUTES CES RAISONS, NOUS RÉCLAMONS LA SUSPENSION DE LA CHASSE À COURRE EN PÉRIODE DE BRAME. ❌

Cette pétition est également soutenue par :
- Alliance AntiCorrida
- Animal Cross
- ASPAS
- AVES France
- CACH (Contre la CHasse en boîte)
- C'est Assez !
- Convention Vie et Nature
- Droit des Animaux
- Education Ethique Animale
- Catherine BOMPARD, présidente du Mouvement Pour les Animaux