Non à l'utilisation des chiots pour le yoga à Nantes (...et ailleurs !)


Non à l'utilisation des chiots pour le yoga à Nantes (...et ailleurs !)
Le problème
Nous sommes un collectif récemment formé à Nantes autour de la préoccupation concernant l'utilisation des chiots dans des cours de yoga.
Le « Puppy Yoga » est un cours de yoga durant lequel sont mis à disposition des chiots pour ajouter une plus-value à une séance classique de yoga. Les chiots sont loués par un éleveur qui y voit un intérêt pour leur socialisation et trouver des acheteurs potentiels.
Cette pratique, qui existe déjà dans d'autres villes, commence son implantation à Nantes. Elle pose beaucoup de questions sur la maltraitance animale et la conception de l'animal comme faire-valoir à des activités dont l’objectif premier est mercantile.
Nous voulons attirer l'attention de l'opinion publique et des autorités compétentes sur cette pratique qui nous inquiète beaucoup.
L'initiateur de la loi contre la maltraitance animale de 2021*, l'ex-député Loïc Dombreval, vétérinaire et président du Conseil National de la Protection Animale, a récemment affirmé que cette pratique était incompatible avec le bien-être animal via le média Vakita*.
Notre inquiétude première est le bien-être des chiots pendant ces séances de yoga dont le marketing consiste à attirer les clients pour un moment "mignon". Parmi les retours de ces cours de yoga, on trouve notamment :
- Des chiots qui ne peuvent pas se reposer quand ils en ont besoin (locaux non-adaptés)
- De l'eau et de la nourriture rationnées afin d'éviter des déjections
- Le non-respect des signes de volonté d'isolement de certains chiots (locaux non-adaptés)
- L'exposition au bruit (cours en musique, brouhaha)
- Séparation de la mère avant la fin du sevrage pour le temps des cours
- Cours sur-fréquentés
- Des chiots trop jeunes
Nous rappelons que la modernisation du statut juridique des animaux dans le code civil du 7 février 2015 dispose qu'ils ne sont plus considérés comme des objets mais comme « des êtres vivants doués de sensibilité. »
Cette activité nous semble rentrer dans la définition de l'animal-objet, notamment par son statut de marchandise. Les chiots présents dans ces cours de yoga sont un argument de vente. Par conséquent, les clients qui payent pour cela s'attendent à pouvoir les toucher. Les sociétés organisatrices réunissent les conditions matérielles pour que cela soit possible, au détriment de la volonté et des intérêts propres des animaux.
Pour Esme Wheeler, responsable scientifique pour la RSPCA*, la privation de sommeil revient à torturer ces jeunes chiots*. La sur-sollicitation les fatigue et provoque du stress et de la désorientation.
La méconnaissance des signes indiquant que les chiens sont stressés (regarder ailleurs, tourner la tête, bailler et se lécher le nez) par les humains entraîne le non-respect du consentement et du bien-être des animaux. L’absence de règles de bonne conduite et de formation des professeurs et des sportifs à ces signes de stress engendre ainsi de la maltraitance banalisée.
Tous ces facteurs de stress peuvent engendrer une perturbation du développement social, cognitif et émotionnel de ces jeunes animaux. D’aussi jeunes individus ont besoin de leur mère, de stabilité, de calme et de repos afin de devenir des adultes en bonne santé.
De plus, les informations sur les éleveurs qui louent les chiots ne sont pas affichées jusqu'au dernier moment, il est donc très difficile de pouvoir vérifier en amont si toutes les règles de bien-être animal sont respectées et si ces personnes disposent d'un agrément.
Aussi, dans de nombreuses vidéos, on peut remarquer la présence de chiots trop jeunes pour être complètement vaccinés, ce qui revient à leur faire prendre un risque sanitaire.
Nous alertons également sur le fait que les activités hybrides tenant lieu de vitrine pour les éleveurs peuvent être pour eux un moyen de contourner l'interdiction de vendre en animalerie mise en place par la loi Dombreval du 30 novembre 2021 et effective à compter de cette année.
Cette loi a pour vocation de prévenir les achats ou adoptions compulsives d'animaux domestiques qui sont en grande partie à l'origine des vagues d'abandons, en particulier estivaux, ainsi que des maltraitances.
Selon la Fondation Brigitte Bardot, « [le Puppy Yoga] encourage l’achat impulsif de chiot d’élevage et favorise l’abandon… ».*
Cette tendance pourrait donner naissance à un réel trafic mettant en péril l'application de la loi 2021-1539.
Proches des organisations de protection animale, nous comprenons en revanche l'intérêt de créer des passerelles entre les refuges et associations de sauvetage car les familles d'accueil et d'adoption sont difficiles à trouver, notamment pour les animaux domestiques adultes et/ou marqués par la maltraitance.
Si cela doit passer par des activités mettant en lien les personnes et les animaux, cela ne peut se faire dans n'importe quelles conditions.
Ainsi, la réversion des bénéfices de ces activités dans leur totalité à une association de protection animale, leur organisation par des personnes issues de la protection animale, et la non-exclusion des animaux adultes nous semblent être les seules garanties de la représentation de l'intérêt supérieur des animaux.
Le changement de regard de la société sur les animaux est une composante essentielle de tout projet politique intégrant la question écologique. Par conséquent, nous demandons à la commune de Nantes de considérer la mise en place d'un arrêté d'interdiction de cette activité, et d'instaurer des contrôles jusqu'à une éventuelle interdiction effective.
Pour soutenir notre demande d'interdiction et nos propositions, rejoignez les premiers signataires :
- ARCA Ouest, Association pour la Réhabilitation et la Cohabitation Animale
- Delphine Debieu, vulgarisatrice scientifique en éthologie @ethologuedesdinos
- Félinacs, salon du bien-être animal
- FUTUR Association
- In Dog We Trust, association de sensibilisation à l'éducation canine positive
- Loïc Dombreval, ex-député, vétérinaire et président du Conseil National de la Protection Animale
- Molosse et Minus, association de protection des chiens de la région nantaise
- One Voice, association nationale pour une éthique animale et planétaire
- Raie futée
- Une Patte Dans la Main, association de protection animale région nantaise et angevine
Collectif Nantais contre le Puppy Yoga
(Contact : stoppuppyyoga@proton.me)
*https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044387560
*Documenté notamment par le média Vakita : https://www.vakita.fr/fr/puppy-yoga
*« Royal society for the prevention of cruelty to animals ». Equivalent de la SPA au Royaume-Uni.
* « Is puppy yoga ethical? The dark side of a growing wellness trend » Enquête du média briatnnique itvX parue le 3 juillet 2023
*https://www.facebook.com/FondationBardot/posts/pfbid035CJRF4cahGGHfTDPUH8dTGqzpg9Pg9hi3XyzwVfxEWgRbV81uMbrmaUrtiW8S4XRl

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Le problème
Nous sommes un collectif récemment formé à Nantes autour de la préoccupation concernant l'utilisation des chiots dans des cours de yoga.
Le « Puppy Yoga » est un cours de yoga durant lequel sont mis à disposition des chiots pour ajouter une plus-value à une séance classique de yoga. Les chiots sont loués par un éleveur qui y voit un intérêt pour leur socialisation et trouver des acheteurs potentiels.
Cette pratique, qui existe déjà dans d'autres villes, commence son implantation à Nantes. Elle pose beaucoup de questions sur la maltraitance animale et la conception de l'animal comme faire-valoir à des activités dont l’objectif premier est mercantile.
Nous voulons attirer l'attention de l'opinion publique et des autorités compétentes sur cette pratique qui nous inquiète beaucoup.
L'initiateur de la loi contre la maltraitance animale de 2021*, l'ex-député Loïc Dombreval, vétérinaire et président du Conseil National de la Protection Animale, a récemment affirmé que cette pratique était incompatible avec le bien-être animal via le média Vakita*.
Notre inquiétude première est le bien-être des chiots pendant ces séances de yoga dont le marketing consiste à attirer les clients pour un moment "mignon". Parmi les retours de ces cours de yoga, on trouve notamment :
- Des chiots qui ne peuvent pas se reposer quand ils en ont besoin (locaux non-adaptés)
- De l'eau et de la nourriture rationnées afin d'éviter des déjections
- Le non-respect des signes de volonté d'isolement de certains chiots (locaux non-adaptés)
- L'exposition au bruit (cours en musique, brouhaha)
- Séparation de la mère avant la fin du sevrage pour le temps des cours
- Cours sur-fréquentés
- Des chiots trop jeunes
Nous rappelons que la modernisation du statut juridique des animaux dans le code civil du 7 février 2015 dispose qu'ils ne sont plus considérés comme des objets mais comme « des êtres vivants doués de sensibilité. »
Cette activité nous semble rentrer dans la définition de l'animal-objet, notamment par son statut de marchandise. Les chiots présents dans ces cours de yoga sont un argument de vente. Par conséquent, les clients qui payent pour cela s'attendent à pouvoir les toucher. Les sociétés organisatrices réunissent les conditions matérielles pour que cela soit possible, au détriment de la volonté et des intérêts propres des animaux.
Pour Esme Wheeler, responsable scientifique pour la RSPCA*, la privation de sommeil revient à torturer ces jeunes chiots*. La sur-sollicitation les fatigue et provoque du stress et de la désorientation.
La méconnaissance des signes indiquant que les chiens sont stressés (regarder ailleurs, tourner la tête, bailler et se lécher le nez) par les humains entraîne le non-respect du consentement et du bien-être des animaux. L’absence de règles de bonne conduite et de formation des professeurs et des sportifs à ces signes de stress engendre ainsi de la maltraitance banalisée.
Tous ces facteurs de stress peuvent engendrer une perturbation du développement social, cognitif et émotionnel de ces jeunes animaux. D’aussi jeunes individus ont besoin de leur mère, de stabilité, de calme et de repos afin de devenir des adultes en bonne santé.
De plus, les informations sur les éleveurs qui louent les chiots ne sont pas affichées jusqu'au dernier moment, il est donc très difficile de pouvoir vérifier en amont si toutes les règles de bien-être animal sont respectées et si ces personnes disposent d'un agrément.
Aussi, dans de nombreuses vidéos, on peut remarquer la présence de chiots trop jeunes pour être complètement vaccinés, ce qui revient à leur faire prendre un risque sanitaire.
Nous alertons également sur le fait que les activités hybrides tenant lieu de vitrine pour les éleveurs peuvent être pour eux un moyen de contourner l'interdiction de vendre en animalerie mise en place par la loi Dombreval du 30 novembre 2021 et effective à compter de cette année.
Cette loi a pour vocation de prévenir les achats ou adoptions compulsives d'animaux domestiques qui sont en grande partie à l'origine des vagues d'abandons, en particulier estivaux, ainsi que des maltraitances.
Selon la Fondation Brigitte Bardot, « [le Puppy Yoga] encourage l’achat impulsif de chiot d’élevage et favorise l’abandon… ».*
Cette tendance pourrait donner naissance à un réel trafic mettant en péril l'application de la loi 2021-1539.
Proches des organisations de protection animale, nous comprenons en revanche l'intérêt de créer des passerelles entre les refuges et associations de sauvetage car les familles d'accueil et d'adoption sont difficiles à trouver, notamment pour les animaux domestiques adultes et/ou marqués par la maltraitance.
Si cela doit passer par des activités mettant en lien les personnes et les animaux, cela ne peut se faire dans n'importe quelles conditions.
Ainsi, la réversion des bénéfices de ces activités dans leur totalité à une association de protection animale, leur organisation par des personnes issues de la protection animale, et la non-exclusion des animaux adultes nous semblent être les seules garanties de la représentation de l'intérêt supérieur des animaux.
Le changement de regard de la société sur les animaux est une composante essentielle de tout projet politique intégrant la question écologique. Par conséquent, nous demandons à la commune de Nantes de considérer la mise en place d'un arrêté d'interdiction de cette activité, et d'instaurer des contrôles jusqu'à une éventuelle interdiction effective.
Pour soutenir notre demande d'interdiction et nos propositions, rejoignez les premiers signataires :
- ARCA Ouest, Association pour la Réhabilitation et la Cohabitation Animale
- Delphine Debieu, vulgarisatrice scientifique en éthologie @ethologuedesdinos
- Félinacs, salon du bien-être animal
- FUTUR Association
- In Dog We Trust, association de sensibilisation à l'éducation canine positive
- Loïc Dombreval, ex-député, vétérinaire et président du Conseil National de la Protection Animale
- Molosse et Minus, association de protection des chiens de la région nantaise
- One Voice, association nationale pour une éthique animale et planétaire
- Raie futée
- Une Patte Dans la Main, association de protection animale région nantaise et angevine
Collectif Nantais contre le Puppy Yoga
(Contact : stoppuppyyoga@proton.me)
*https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044387560
*Documenté notamment par le média Vakita : https://www.vakita.fr/fr/puppy-yoga
*« Royal society for the prevention of cruelty to animals ». Equivalent de la SPA au Royaume-Uni.
* « Is puppy yoga ethical? The dark side of a growing wellness trend » Enquête du média briatnnique itvX parue le 3 juillet 2023
*https://www.facebook.com/FondationBardot/posts/pfbid035CJRF4cahGGHfTDPUH8dTGqzpg9Pg9hi3XyzwVfxEWgRbV81uMbrmaUrtiW8S4XRl

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Pétition lancée le 25 avril 2024