Ni seule ni masquée pour accoucher !

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Malgré le communiqué de presse du gouvernement du 9 novembre dernier qui dit que le masque ne peut être imposé aux femmes qui accouchent, les maternités continuent de leur imposer ce masque quand elles sont asymptomatiques ou Covid négatif. Parfois aussi, elles les privent de la présence du papa ou de l'accompagnant.e.

Un communiqué de presse ça n'est pas suffisant pour protéger les femmes qui accouchent en période d'épidémie. Elles sont avec des contractions, vulnérables... Il est urgent que l'accouchement fasse partie des exceptions réglementaires au port du masque obligatoire, tout en fournissant le matériel nécessaire aux maternités pour protéger efficacement le personnel soignant.

Les femmes témoignent des grandes difficultés qu’elles rencontrent grâce au #StopAccouchementMasqué. Le président du Collège National des Sages-Femmes, Adrien Gantois, a affirmé que le port du masque est une violence obstétricale (dans un article de l’Huffpost). 

 

En plus ce masque ne protège personne...


Au même titre qu’un sportif, une femme qui accouche transpire. Son masque est donc humide. Elle le garde, selon les témoignages, généralement au-delà de 4h, parfois pendant 10h voire 30h de travail. Pendant ce travail, son masque l'empêche de gérer correctement ses contractions grâce la technique de la respiration qui est bien connue. Pendant la poussée, il l’empêche de prendre de grandes bouffées d’air nécessaires pour aider correctement son bébé à sortir. Parfois, ce masque tombe ou elle l’arrache dans le feu de l’action, tellement il est devenu insupportable… Sa protection reste donc la plupart du temps nulle. Il ne protège ni la femme elle-même, ni les soignant.e.s. Équiper correctement le personnel médical avec des FFP2 et des lunettes de protection est la meilleure solution afin de protéger tout le monde et de favoriser le bon déroulement des accouchements.

 

Des recommandations médicales bafouées par les maternités 

Les recommandations de bonnes pratiques médicales françaises sont unanimes : ce masque ne peut être imposé ! Et le co-parent doit être présent lors de tout l’accouchement et pendant le séjour qui suit à la maternité.


- Le Collège Nationale des Sages-Femmes (CNSF) a émis des recommandations le 1er novembre contre le port du masque lors de l'accouchement, proposant que le personnel soignant se protège efficacement en utilisant des FFP2 et des lunettes de protection.


- Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens français (CNGOF) recommande le masque à l'accouchement mais en précisant bien qu’il ne peut pas être imposé. La femme peut bien sûr le refuser. Dans ce cas : “le masque porté par le personnel doit être un masque FFP2 de manière à apporter une protection maximale au personnel de santé (+ lunettes de protection)”. 

- Le Ministère des Solidarités et de la Santé a souligné, dans son communiqué de presse du 9 novembre 2020 : l’importance de ne pas imposer le masque lors de l'accouchement mais il continue malgré tout de le recommander.

 

"Masque pas imposé MAIS recommandé" ?!
Recommandations ambigües = Situations ambigües

 

Dans les faits, une femme en train d’accoucher est dans une position de vulnérabilité avec ses contractions. Elle n'a pas forcément l'énergie ni l'envie d'argumenter avec l'équipe médicale sur la question du masque. Elle est concentrée sur la naissance de son enfant... Aussi, il est difficile de prendre le risque de "contrarier l'équipe" en s'opposant au protocole de la maternité ou au choix du soignant présent. L'accouchement est un évènement majeur d'une vie où l'on souhaite être correctement prise en charge.

Beaucoup de personnes ne savent pas tout simplement qu'elles ont le droit de contredire le médical. Elles font confiance aveuglément et pensent que tout sera mis en oeuvre pour protéger leur santé et le bon déroulement de leur accouchement. Et ça devrait être toujours le cas.

Enfin, le personnel soignant, notamment les sages-femmes, se plaignent de manquer d’équipement de protection en maternité. Quelle est donc la question du choix des femmes dans un contexte où les soignant.e.s sont mal protégé.e.s ? Si la femme refuse, que font ces soignant.e.s ? Imposer le masque ou risquer leur vie.

 

L’accouchement est un sport intense, l’équivalent d’un véritable marathon

 

Les coureurs du Tour de France sont exemptés de masque... Les joueurs de foot également. Même pour faire du vélo ou un footing le dimanche, le masque est déconseillé. 
L’Organisation Mondiale de la Santé a rappelé, dès le début de la pandémie, qu'il ne fallait pas porter un masque durant un effort physique, en ces termes : 

“Il ne faut PAS porter de masque quand on fait de l’exercice car les masques peuvent réduire l’aisance respiratoire. La transpiration peut entraîner une humidification plus rapide du masque, rendant la respiration plus difficile et favorisant la croissance des micro-organismes. (voir site de l'OMS)”

Pourquoi rajouter du stress au contexte épidémique déjà terriblement angoissant pour tout le monde et d’autant plus quand on est enceinte ?

« Au cours de l’accouchement, le port du masque pendant la poussée a été un frein pour la prise d’air et une bonne poussée. Le médecin a donc dû avoir recours aux forceps »

“Je me souviens avoir eu vraiment envie de vomir après chaque poussée, tellement j’avais du mal à respirer (...) Le plus dur, c’est quand on a posé mon fils sur mon torse : avec le masque, je n’ai pas réussi à le voir du tout... Pendant les deux premières heures de sa vie ! On me parlait tellement de ce moment soi-disant magique. Pour moi, il n’a été que frustration, épuisement et découragement.”

“Devoir tout le temps garder le masque sur le nez, c’est terrible. Fièvre à 40 (sans covid), forceps, épisiotomie, masque sur le nez, manque de considération, la totale... Pas de visite du papa car interdit, masque obligatoire aussi en suite de couche, isolement total pendant 1 semaine. Un cauchemar.”


Notre collectif “Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques” (StopVOG)  a mené une grande enquête nationale sur la naissance lors du premier confinement. Sur 2727  femmes interrogées 46% des femmes avaient dû malheureusement porter un masque pendant leur accouchement. Nous avons constaté que cela avait entraîné davantage d’interventions médicales dues à des complications (fièvre, épisiotomie, déchirure naturelle, syntocinon en continu, forceps etc). Le port du masque est alors bien loin d‘être simplement inconfortable. Il semble avoir des graves conséquences sur l’issue de l'accouchement.

 


À l’étranger, de nombreux pays ont déjà banni le masque à l'accouchement


Des recommandations de bonnes pratiques médicales ont d’ores et déjà été émises par les hautes instances de santé étrangères, dans le but de préserver la santé des femmes et des enfants :

  • Au Royaume-Uni : le “Royal College of Midwives” (​RMC) demande aux équipes de se protéger. Les parturientes n’ont pas à porter de masque. Le collège récapitule les droits des femmes (respect, protection, etc) et dresse une liste des risques liés au port du masque pendant le travail : réactivation d’un trauma passé, exacerbation de la respiration, hypoxie, limitation de la communication, surmédicalisation, inconfort et fièvre.
  • Aux États-Unis, le ​Collège des Gynécologues et Obstétriciens Américains (ACOG) conseille de porter un masque en maternité si la parturiente est positive au Covid mais de ne pas le porter au moment de la poussée. En revanche, c’est à l’équipe médicale de se munir de masques et, si besoin, de lunettes ou de visières de protection.
  • En Allemagne, en Autriche, en Hollande et dans d’autres pays, les femmes n’accouchent pas masquées. Une étude de l’Université technique de Munich atteste de la dangerosité des masques pour la santé physique des personnes, a fortiori des mères qui accouchent et de leurs bébés. 

     

La France connaîtrait-elle encore, plus de 8 mois après le début de l’épidémie, une pénurie de matériel de protection dans les hôpitaux français et notamment les maternités ? Les professionnel.le.s de santé ne seraient-ils toujours pas correctement protégé.e.s contre le Covid malgré le fait qu’ils/elles soient largement exposé.e.s au risque ? Serait-ce un choix délibéré des directeurs d’hôpitaux/maternités de ne pas commander suffisamment de matériel de protection afin de faire des “économies de bouts de chandelle” et faire peser ce manque sur la santé des femmes qui accouchent ? Cette situation semble parfaitement incompréhensible, d’autant plus en France...

 

Le père (ou la personne de confiance) ne doit plus être exclu.e de la naissance de son enfant

 

La naissance est avant tout une aventure humaine, une histoire de famille, de couple. Il n’est pas acceptable de priver un parent de la naissance de son enfant et la mère d’un réel soutien émotionnel et physique dans le processus physiologique de la naissance.

Lors du premier confinement, les mères ont énormément souffert de solitude, de l’absence de leur conjoint.e. à l ‘accouchement et lors du séjour en maternité. Les co-parents se sont vu refuser l'accès aux salles de travail voire même d’accouchement sous couvert de la protection du personnel hospitalier . Les familles ont eu du mal à se constituer car elles ont été privées des liens qui se créent généralement dans les premiers instants de vie de l’enfant. Les co-parents ont été 11% à être exclus de la naissance de leur enfant pendant le premier confinement, selon notre Enquête nationale qui a récolté près de 3000 réponses. Ils ont été traités comme “indésirables” et nuisibles au bon déroulement de la naissance de leur enfant alors que tous les professionnels reconnaissent l’importance de l’accompagnement lors de l’accouchement  Ces situations ont été inhumaines et intolérables, des conjoints ont vécu l’accouchement de leur partenaire dans la voiture familiale, sur le parking des maternités. Ils sont restés de longues heures dans l’angoisse et la terreur de savoir que leur compagne était là, juste derrière un mur, à souffrir pour donner la vie et accomplir ce qu'ils avaient construit à deux pendant 9 mois. Il serait inacceptable, au vu des connaissances actuelles et de l'importance donnée par le Gouvernement au deuxième parent dans son rapport sur les 1000 premiers jours de l’Enfant qu’elles se reproduisent lors de ce second confinement.
Les désespoirs ont été immenses pendant le premier confinement. 75% des répondantes de notre enquête nous ont confié souffrir de signes de dépression du post-partum ou de stress post-traumatique.  Nous avons regroupé les 2000 témoignages de notre enquête sur une carte interactive, présentés maternité par maternité. Nous avons indiqué également les violences obstétricales qui nous ont été signalées. Ce sont autant de difficultés réelles qui seront à surmonter au retour chez soi, avant de retrouver sa joie de vivre et son énergie. Il est bien plus compliqué de s'occuper de son enfant, le lien avec lui est gâché tant l’état de détresse physique et psychique laisse peu de place aux échanges harmonieux et constructifs.


« On nous a volé ces moments qui nous appartenaient. Je suis très affectée psychologiquement, même 5 semaines après la naissance de notre bébé. »


« Etant dans une chambre seule, je ne comprends pas pourquoi mon mari n’a pas pu être confiné dans ma chambre, ce qui m’aurait permis de bénéficier de son soutien et, à lui, de vivre les 4 premiers jours de vie de son fils. J’ai vraiment le sentiment qu’on nous a volé son début de vie... »


« Solitude psychologique extrême lors du séjour en maternité, fatigue immense et malgré ma césarienne, j’ai dû me lever quelques heures après pour m’occuper de mon bébé malgré la douleur physique (interdiction au père de venir).


“J'espère que des mesures seront prises pour qu'aucune mère n'ait plus à vivre ce que j'ai vécu. Il serait grand temps de prendre en considération l'impact psychologique que vont avoir de telles décisions sur les jeunes parents. J'ai la sensation qu'on m'a volé ce qui aurait dû être un moment de bonheur partagé avec mon mari. C'est devenu un cauchemar face auquel j'ai dû faire face seule.”

Pourtant, dans sa ​communication ​concernant la naissance en période de covid 19, le Collège national des Gynécologues et Obstétriciens français (CNGOF) rappelle les principes humanistes de la naissance et la nécessité de la présence du/de la conjoint.e en salle de naissance. Le bien-être maternel et familial doit, selon le Collège, rester au cœur des préoccupations des soignant.e.s.

 

Nous demandons au gouvernement de faire rentrer officiellement l’accouchement dans les exceptions réglementaires au port du masque obligatoire, tout en préservant la santé des soignant.e.s en maternité

 

En France, il y a environ 800 000 naissances par an. Les conditions d’accouchement rendues bien plus difficiles actuellement en raison du contexte épidémique méritent toute l'attention de notre gouvernement. Pour l’instant, bien que le masque ne puisse être imposé, dans les faits, la décision revient à chaque maternité, voire à chaque soignant… Une femme avec des contractions est vulnérable et a besoin d’être protégée par des consignes claires et sans équivoque. Il est urgent d'harmoniser les protocoles et de permettre aux femmes d’accoucher le plus sereinement possible, sans masque et en garantissant la présence des co-parents à leur côté, pendant l’accouchement et le séjour en maternité.

L’harmonie des familles et la santé des enfants n’en sera que meilleure.

 


Il est urgent que le gouvernement :

  1. Fasse rentrer officiellement l’accouchement dans les exceptions réglementaires au port du masque obligatoire, afin de dispenser les femmes de porter un masque lors de leur accouchement (dès le début du travail, efforts expulsifs compris).
  2. Équipe les professionnel.le.s de santé en masques FFP2, lunettes ou visières de protection afin qu’ils soient correctement protégés contre le covid.
  3. Réaffirme l’importance de garantir la présence des papas (ou de la personne de confiance) auprès de leur compagne afin de préserver le caractère familial et humain d’une naissance. Et ce pendant toute la durée de l’accouchement (travail compris) et aussi pendant tout le séjour à la maternité (possibilité jour et nuit).
  4. S’assure que les directives du gouvernement et les recommandations de bonnes pratiques médicales soient appliquées par toutes les maternités françaises afin de garantir la sécurité des équipes médicales, des femmes qui accouchent, et de leurs bébés.

De la qualité des premiers instants de vie dépend ensuite sa vie toute entière et l’harmonie de sa famille. Il en va finalement du bien-être de toute notre société. Soyons ensemble solidaires des mères et des pères. Notre société n’en sera que plus forte et plus humaine.

 

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C’est au prix de notre investissement à toutes et à tous que les protocoles pourront s’améliorer ! 


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Remerciement ! 

Nous souhaitons remercier chaleureusement Violette Suquet Salou pour avoir créé l’illustration de notre pétition !

L'illustratrice, Violette Suquet Salou est mumpreneure engagée et créative. Son kiff c’est d’apprendre, de transmettre et d’émouvoir. 

Elle dessine sur les sujets qui la touchent et correspondent à ses utopies. Travaillant dans l’image depuis toujours, elle est animée par les histoires qui parlent d’amour et d'engagements écologiques et féministes, pour les petits et les grands.

Violette publie régulièrement des histoires sur Instagram sous le pseudo @violetteillu