Adressée à Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Nicole Belloubet

@NBelloubet : sensibilisez les magistrat-e-s aux propos minimisant les #violencesfemmes

0

0 signature. Allez jusqu'à 7 500.

Demandons à Mme Nicole Belloubet de publier une circulaire recommandant aux magistrat-e-s une qualification exacte des termes employés à décrire les violences envers les femmes et/ou les enfants. Car, s’ils ne sont pas capables de les nommer, comment peuvent-ils les juger ?

Vu les termes employés par certains magistrats et repris dans la presse banalisant les violences contre les femmes et/ou les enfants, nous, associations et collectifs de défense des droits des femmes et des enfants*, demandons à Mme Nicole Belloubet, garde des Sceaux, d'imposer que les magistrat-e-s communiquent avec des termes qui correspondent à l'état actuel de la loi.


Les phrases tel que : “drame/crime” “passionnel / familial / de la séparation”, par exemple,  ne devraient plus faire partie du lexique des agents du ministère de la Justice.


Les médias de masse traitent des violences contre les femmes et/ou les enfants en utilisant des expressions stéréotypées qui nient l'aspect systémique de ces violences et ignorent tout principe d'égalité. Face à ces habitudes journalistiques que l'on ne peut que dénoncer, les représentant-e-s du monde judiciaire devraient donner l'exemple par les mots qu'ils et elles emploient.


Malgré leur disparition dans le droit français depuis 1975, certaines expressions qui relativisent les violences sont toujours utilisées comme on le voit dans ces exemples:

L'utilisation de telles expressions nie le fait que les violences contre les femmes et/ou les enfants ne sont pas des faits divers mais des occurrences d'un problème systémique culturel : la domination masculine.


Le rôle du ministère public est de rappeler les valeurs de la République et non de propager des stéréotypes absents du code pénal.


Le parquet, par les mots qu'il emploie, participe lui aussi à la prise de conscience de problèmes relatifs à la violence. En filant la métaphore romantique, de nombreux fonctionnaires de l'Etat contribuent à cautionner et à alimenter une analyse désuète, et c'est la Justice toute entière qui banalise et qui dépolitise les violences faites aux femmes et/ou aux enfants.


Quand des meurtres de femmes et des enfants, sont qualifiés de "drame familiaux", le scénario proposé insinue que  les victimes seraient actrices et/ou acteurs de leur destinée au même titre que le bourreau, tous pris dans le tourbillon de la passion, donc d’une logique irrationnelle. Lorsque le meurtre -acte fatal- est réduit à un "geste irréparable", on imagine aisément que, au bon vouloir de la victime, leur relation aurait pu être sauvée. On imagine aussi que tout cela n'est que le fait d'un "geste" isolé et non d'une violence systémique.


Le contexte reste ainsi d'ordre "familial", intime et privé, des liens familiaux qui supposent la réciprocité et la symétrie entre bourreau et victime, ou du moins une corresponsabilité dans l’ambiance familiale qui a pu conduire à tel "incident". Ce dernier se limite alors, selon ce type de discours, aux confins d'une petite cellule sociale, et non à la société toute entière.


Enfin, grâce à ce vil mobile "passionnel", l'agresseur, aveuglé par un sentiment intense et incontrôlable serait donc sous l'emprise de sa victime, follement attaché à cette pulsion qu'elle provoque en lui. Elle devient ainsi complice et de là à comprendre qu'elle est donc coupable de sa propre mort, il n'y a qu'un pas.


Les mots employés par les acteurs du judiciaire expriment des concepts, posent des interdits et façonnent notre vision collective de ce qu’est l’Etat de droit.


Interpellons le ministère de la Justice afin qu’il demande aux magistrat-e-s, par l’entremise d’une circulaire, d’utiliser des termes qui ne soient pas du registre du déni et de la minimisation pour communiquer sur les violences faites aux femmes et/ou aux enfants.

-------------------------------------------------------------------------

*Liste des premières signataires :

Yvette Roudy, ministre des Droits des femmes (1981-1986)

 

 

 

Cette pétition sera remise à:
  • Garde des Sceaux, Ministre de la Justice,
    Nicole Belloubet


    Abandon de Famille - Tolérance Zéro a lancé cette pétition avec seulement une signature au départ et il y a maintenant 5 028 signataires. Lancez votre pétition pour créer le changement que vous souhaitez voir.




    Abandon de Famille - Tolérance Zéro compte sur vous aujourd'hui

    Abandon de Famille - Tolérance Zéro a besoin de votre aide pour sa pétition “.@NBelloubet , sensibilisez les magistrat-e-s aux propos minimisant les #violencesfemmes”. Rejoignez Abandon de Famille - Tolérance Zéro et 5 027 signataires.