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Najat Vallaud-Belkacem’s response

Najat Vallaud-BelkacemAncienne ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
20 Mar 2017
Madame, Monsieur,
Au printemps 2016, vous joigniez votre signature à la pétition initiée par Françoise Cahen, professeure de lettres, qui demandait de «donner leur place aux femmes dans les programmes de littérature au Bac L ».
Le 13 mai 2016, je vous avais alors répondu et m’étais engagée auprès de vous à donner des consignes pour que toutes les commissions en charge de l'élaboration de sujets, de sources pédagogiques ou d'énoncés d'examen soient sensibilisées à l'égalité femmes-hommes.
Ce 16 mars 2017, le Bulletin Officiel de l’Éducation nationale a publié la liste des œuvres obligatoires inscrites au programme de littérature de la terminale littéraire pour l'année scolaire 2017-2018. Je me réjouis d’y voir "La Princesse de Montpensier" de Madame de Lafayette, au programme du baccalauréat littéraire.
Première œuvre publiée, anonymement, par Madame de Lafayette, La Princesse de Montpensier est aussi parmi les premières nouvelles françaises. Rompant avec l'invraisemblance des romans héroïques, l'auteur puise dans l'histoire de la fin du XVIe siècle la matière première de ce court récit qui met en scène, dans un style épuré proche de la chronique, des événements et des personnages le plus souvent réels. Mais tout en prenant appui sur une base historique soigneusement documentée, l'intrigue se déroule dans les marges de l'histoire, empruntant à « l'histoire particulière » des figures ou épisodes mal connus du passé que l'écriture romanesque recrée, développe, voire invente, afin de donner à voir une vérité moins historique que morale. À travers le destin tragique d'une jeune femme qui, déchirée entre son devoir et sa passion amoureuse, préfigure les grandes héroïnes raciniennes autant que La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette montre en effet le danger que représentent les passions dans un monde qui, strictement codifié par les règles de bienséance, condamne toute femme qui leur aurait sacrifié sa « vertu » et sa « prudence ».
Le cas du baccalauréat littéraire n'était cependant pas isolé : à l'agrégation de lettres, seules deux femmes avaient figuré au programme de littérature du Moyen-Âge depuis 1981. C'est pourquoi, cette année 2017, une auteure, Christine de Pizan, a aussi été retenue au programme de littérature du Moyen-Âge à l’agrégation, la précédente auteure étudiée remontant à 1996 (Marie de France).
Je souhaitais vous communiquer cette bonne nouvelle, saluer votre engagement, celui de Françoise Cahen et des 19 832 signataires de la pétition qui ont autant à cœur que moi de donner aux femmes toute la place qu’elles méritent.
Très cordialement,
Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Au printemps 2016, vous joigniez votre signature à la pétition initiée par Françoise Cahen, professeure de lettres, qui demandait de «donner leur place aux femmes dans les programmes de littérature au Bac L ».
Le 13 mai 2016, je vous avais alors répondu et m’étais engagée auprès de vous à donner des consignes pour que toutes les commissions en charge de l'élaboration de sujets, de sources pédagogiques ou d'énoncés d'examen soient sensibilisées à l'égalité femmes-hommes.
Ce 16 mars 2017, le Bulletin Officiel de l’Éducation nationale a publié la liste des œuvres obligatoires inscrites au programme de littérature de la terminale littéraire pour l'année scolaire 2017-2018. Je me réjouis d’y voir "La Princesse de Montpensier" de Madame de Lafayette, au programme du baccalauréat littéraire.
Première œuvre publiée, anonymement, par Madame de Lafayette, La Princesse de Montpensier est aussi parmi les premières nouvelles françaises. Rompant avec l'invraisemblance des romans héroïques, l'auteur puise dans l'histoire de la fin du XVIe siècle la matière première de ce court récit qui met en scène, dans un style épuré proche de la chronique, des événements et des personnages le plus souvent réels. Mais tout en prenant appui sur une base historique soigneusement documentée, l'intrigue se déroule dans les marges de l'histoire, empruntant à « l'histoire particulière » des figures ou épisodes mal connus du passé que l'écriture romanesque recrée, développe, voire invente, afin de donner à voir une vérité moins historique que morale. À travers le destin tragique d'une jeune femme qui, déchirée entre son devoir et sa passion amoureuse, préfigure les grandes héroïnes raciniennes autant que La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette montre en effet le danger que représentent les passions dans un monde qui, strictement codifié par les règles de bienséance, condamne toute femme qui leur aurait sacrifié sa « vertu » et sa « prudence ».
Le cas du baccalauréat littéraire n'était cependant pas isolé : à l'agrégation de lettres, seules deux femmes avaient figuré au programme de littérature du Moyen-Âge depuis 1981. C'est pourquoi, cette année 2017, une auteure, Christine de Pizan, a aussi été retenue au programme de littérature du Moyen-Âge à l’agrégation, la précédente auteure étudiée remontant à 1996 (Marie de France).
Je souhaitais vous communiquer cette bonne nouvelle, saluer votre engagement, celui de Françoise Cahen et des 19 832 signataires de la pétition qui ont autant à cœur que moi de donner aux femmes toute la place qu’elles méritent.
Très cordialement,
Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
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