le collège Camille Corot de Chelles (77) doit rester en ZEP

Le problème

C'est avec stupeur que nous avons appris, il y a quelques jours, la perte du classement en Zone d'Education Prioritaire de notre collège, ainsi que des établissements primaires du secteur.

 

Ce statut, obtenu en 1981 « pour donner plus à ceux qui ont moins » permettait à toute notre équipe de se mobiliser au quotidien dans la lutte contre l’échec scolaire et les inégalités sociales à l’école.

 

Le déclassement présente des risques réels de détérioration de la scolarité des enfants du quartier des Coudreaux et bouleverse complètement les conditions de travail d'une équipe pédagogique soudée, investie et engagée pour la réussite des élèves.

 

Cette mesure, nous ne la comprenons pas, et nous ne l'acceptons pas.

 

Les moyens - humains et financiers - dont nous disposons grâce à ce dispositif permettent d'améliorer de façon significative la transmission du savoir auprès des élèves : lutte contre le décrochage scolaire, soutien aux élèves en difficulté, nombre limité d'élèves par classe…

 

Dans ses 60 engagements pour la France, Monsieur le Président de la République souhaitait la réussite des élèves issus des milieux les plus populaires. Comment remplir cette mission dans ces conditions ?

 

Cette décision prise sans concertation, à la veille des vacances de fin d’année et par un gouvernement qui se targue d’avoir fait de l’école et de la jeunesse une priorité, remet en cause le travail effectué et laisse l’ensemble des personnels dans un sentiment amer de colère, de mépris et d'injustice.

 

 

Les enseignants du collège Camille Corot de Chelles (77).

 

 

 

 

 

Nier les difficultés de nos élèves et la réalité du terrain, c'est fabriquer de la violence. 

UN ETABLISSEMENT CLASSE EN ZEP DEPUIS 1981 « POUR DONNER PLUS A CEUX QUI ONT MOINS »

 

1°) Depuis 1981, le collège Corot et les établissements primaires du secteur sont classés en ZEP

Les ZEP visent à « donner plus à ceux qui ont moins » pour lutter contre l’échec scolaire et les inégalités sociales devant l’école

 

2°) Le classement en ZEP permet d’offrir un service éducatif visant à lutter contre l’échec scolaire dans un quartier défavorisé

Le classement en ZEP permet à l’établissement de disposer de moyens permettant de financer :

- une réduction des effectifs par classe, le nombre des élèves étant plafonné à 25 (contre une trentaine dans les zones non classées ZEP)

- l’accompagnement éducatif : aide aux devoirs, activités sportives, école ouverte pendant les vacances scolaires

- des projets d’aide individualisés (assistants pédagogiques, Projets Personnalisés de Réussite Educative, Groupes de compétences pour le soutien dans certaines disciplines)

- des moyens renforcés pour l’accompagnement et l’aide des familles en difficulté (médiatrice scolaire, moyens renforcés en assistantes sociale et en infirmière scolaire)

- l’aide aux élèves décrocheurs (Groupe de Prévention du Décrochage Scolaire) disposant d’un volume d’heures pour que des enseignants réalisent un tutorat individualisé auprès d’élèves en difficulté

- la liaison école-collège dans le cadre du réseau d’éducation prioritaire a permis de développer des relations de proximité et des projets communs, notamment pour améliorer l’accueil des élèves en 6e (repérage des élèves en difficulté, visite préalable du collège)

 

3°) Les moyens offerts aux établissements ZEP permettent à des équipes pédagogiques fidélisées et motivées de mettre en œuvre des projets pour favoriser la réussite des élèves

- journal du Collège, le Petit Corot, plusieurs fois primé lors de concours régionaux

- organisation de voyages et de sorties scolaires (voyage en Angleterre, en Espagne, voyages du foyer...)

- participation à des concours scolaires ou à des actions caritatives (ex : Course contre la Faim organisées avec les écoles primaires du secteur et réunissant plus de 300 élèves de CM2 et de 5e)

 

UNE PROCEDURE DE DECLASSEMENT OPAQUE ET INCOMPREHENSIBLE

 

1°) Le classement initial devait reposer sur une approche globale et concertée (Circulaire n° 81-536 du 28 décembre 1981)

La méthode retenue en 2014 contraste singulièrement avec la volonté des initiateurs des ZEP d’adopter une « approche globale ». La politique du gouvernement [socialiste] de l’époque reposait sur des travaux statistiques qui devaient se fonder sur « des facteurs économiques, sociaux et culturels ». Les services du ministère devaient veiller à « communiquer l’ensemble des informations à leurs partenaires pour qu’ils disposent des données utiles à la concertation ».

Le classement initial reposait sur une multitude de critères (cf annexe 2 de la circulaire n°81-536 précitée) :

- critères internes liés à l’établissement : pourcentage des élèves étrangers non francophones, pourcentage d'élèves en « retard », nombre de parts de bourse, nombre d'élèves en CPPN/CPA, classe prépro de niveau

- critères externes liés à l’environnement de l’établissement : structuration socio-économique du quartier, catégorie socioprofessionnelle, taux de chômage, nombre de familles nombreuses, proportion d'étrangers, densité de l'habitat, fréquence des placements d'enfants et des interventions d'assistance éducative, équipements et services collectifs (centres de loisirs, maisons de jeunes), nombre de Petites et Moyennes Entreprises (PME), caractéristiques de l'habitat (qualité, accès au centre-ville).

 

2°) Le déclassement de 2014 repose sur des critères présentés sans concertation et de façon variable

Les données fournies aux collèges et aux écoles primaires ne sont pas claires ni harmonisées.

Le classement s’effectue sur la base de critères statistiques peu nombreux et dont les sources ne sont pas clairement posées ni expliquées. Le quartier des Coudreaux se situe d’ailleurs près du seuil, purement conventionnel, retenu pour classer ou déclasser un établissement. Enfin, c’est l’un des seuls quartiers urbains à être déclassé et c’est le seul quartier urbain de Seine-et-Marne à être déclassé.

 

3°) Le quartier des Coudreaux ne fait pas partie de la ZUS de Chelles mais est intégré au CUCS, ce qui confirme l’existence de difficultés sociales

Le décret n°96-1156 du 26 décembre 1996 qui fixe la liste de 750 Zones urbaines sensibles (ZUS) intègre le quartier de Grande Prairie dans les ZUS mais pas le quartier des Coudreaux

Cependant le quartier des Coudreaux est intégré au contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) qui prévoit un volet éducatif (Circulaire n° 2007-004 du 11 décembre 2006)

 

LE DECLASSEMENT PRESENTE DES RISQUES REELS DE DETERIORIATION DE LA SCOLARITE DES ENFANTS DU QUARTIER DES COUDREAUX

 

1°) La perte du classement ZEP entraînera ipso facto une réduction des moyens disponibles pour accompagner les familles en difficulté (assistante sociale, infirmière scolaire, médiatrice, moyens de lutte contre le décrochage ou pour le soutien scolaire)

 

2°) La perte du classement ZEP entraînera une augmentation des effectifs d’élèves par classe, préjudiciable à la prise en compte des difficultés individuelles et aux résultats scolaires

Il convient d’ajouter que cette augmentation d’effectifs se réalisera dans un établissement dont une partie des salles de classe pourront difficilement accueillir plus de 25 élèves dans de bonnes conditions, en raison de leur exiguïté.

En outre, même s’il n’était pas déclassé, le collège Corot est déjà engagé dans une densification de ses effectifs, liée à la resectorisation scolaire.

 

3°) Pour les enseignants, le déclassement réduira l’attractivité d’un établissement excentré, faiblement desservi par les transports publics et dont les particularités géographiques et socio-économiques ne seront plus prises en compte

 

La fin du classement ZEP réduira fortement l’attractivité de l’établissement pour les enseignants qui n’y disposeront plus d’autant de moyens pour mener des projets de réussite éducative pour les élèves en difficulté et qui ne bénéficieront plus des éléments de prime et de choix privilégiés d’affectation attachés aux établissements classés en ZEP.

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Julie SIMONLanceur de pétition
Cette pétition avait 2 131 signataires

Le problème

C'est avec stupeur que nous avons appris, il y a quelques jours, la perte du classement en Zone d'Education Prioritaire de notre collège, ainsi que des établissements primaires du secteur.

 

Ce statut, obtenu en 1981 « pour donner plus à ceux qui ont moins » permettait à toute notre équipe de se mobiliser au quotidien dans la lutte contre l’échec scolaire et les inégalités sociales à l’école.

 

Le déclassement présente des risques réels de détérioration de la scolarité des enfants du quartier des Coudreaux et bouleverse complètement les conditions de travail d'une équipe pédagogique soudée, investie et engagée pour la réussite des élèves.

 

Cette mesure, nous ne la comprenons pas, et nous ne l'acceptons pas.

 

Les moyens - humains et financiers - dont nous disposons grâce à ce dispositif permettent d'améliorer de façon significative la transmission du savoir auprès des élèves : lutte contre le décrochage scolaire, soutien aux élèves en difficulté, nombre limité d'élèves par classe…

 

Dans ses 60 engagements pour la France, Monsieur le Président de la République souhaitait la réussite des élèves issus des milieux les plus populaires. Comment remplir cette mission dans ces conditions ?

 

Cette décision prise sans concertation, à la veille des vacances de fin d’année et par un gouvernement qui se targue d’avoir fait de l’école et de la jeunesse une priorité, remet en cause le travail effectué et laisse l’ensemble des personnels dans un sentiment amer de colère, de mépris et d'injustice.

 

 

Les enseignants du collège Camille Corot de Chelles (77).

 

 

 

 

 

Nier les difficultés de nos élèves et la réalité du terrain, c'est fabriquer de la violence. 

UN ETABLISSEMENT CLASSE EN ZEP DEPUIS 1981 « POUR DONNER PLUS A CEUX QUI ONT MOINS »

 

1°) Depuis 1981, le collège Corot et les établissements primaires du secteur sont classés en ZEP

Les ZEP visent à « donner plus à ceux qui ont moins » pour lutter contre l’échec scolaire et les inégalités sociales devant l’école

 

2°) Le classement en ZEP permet d’offrir un service éducatif visant à lutter contre l’échec scolaire dans un quartier défavorisé

Le classement en ZEP permet à l’établissement de disposer de moyens permettant de financer :

- une réduction des effectifs par classe, le nombre des élèves étant plafonné à 25 (contre une trentaine dans les zones non classées ZEP)

- l’accompagnement éducatif : aide aux devoirs, activités sportives, école ouverte pendant les vacances scolaires

- des projets d’aide individualisés (assistants pédagogiques, Projets Personnalisés de Réussite Educative, Groupes de compétences pour le soutien dans certaines disciplines)

- des moyens renforcés pour l’accompagnement et l’aide des familles en difficulté (médiatrice scolaire, moyens renforcés en assistantes sociale et en infirmière scolaire)

- l’aide aux élèves décrocheurs (Groupe de Prévention du Décrochage Scolaire) disposant d’un volume d’heures pour que des enseignants réalisent un tutorat individualisé auprès d’élèves en difficulté

- la liaison école-collège dans le cadre du réseau d’éducation prioritaire a permis de développer des relations de proximité et des projets communs, notamment pour améliorer l’accueil des élèves en 6e (repérage des élèves en difficulté, visite préalable du collège)

 

3°) Les moyens offerts aux établissements ZEP permettent à des équipes pédagogiques fidélisées et motivées de mettre en œuvre des projets pour favoriser la réussite des élèves

- journal du Collège, le Petit Corot, plusieurs fois primé lors de concours régionaux

- organisation de voyages et de sorties scolaires (voyage en Angleterre, en Espagne, voyages du foyer...)

- participation à des concours scolaires ou à des actions caritatives (ex : Course contre la Faim organisées avec les écoles primaires du secteur et réunissant plus de 300 élèves de CM2 et de 5e)

 

UNE PROCEDURE DE DECLASSEMENT OPAQUE ET INCOMPREHENSIBLE

 

1°) Le classement initial devait reposer sur une approche globale et concertée (Circulaire n° 81-536 du 28 décembre 1981)

La méthode retenue en 2014 contraste singulièrement avec la volonté des initiateurs des ZEP d’adopter une « approche globale ». La politique du gouvernement [socialiste] de l’époque reposait sur des travaux statistiques qui devaient se fonder sur « des facteurs économiques, sociaux et culturels ». Les services du ministère devaient veiller à « communiquer l’ensemble des informations à leurs partenaires pour qu’ils disposent des données utiles à la concertation ».

Le classement initial reposait sur une multitude de critères (cf annexe 2 de la circulaire n°81-536 précitée) :

- critères internes liés à l’établissement : pourcentage des élèves étrangers non francophones, pourcentage d'élèves en « retard », nombre de parts de bourse, nombre d'élèves en CPPN/CPA, classe prépro de niveau

- critères externes liés à l’environnement de l’établissement : structuration socio-économique du quartier, catégorie socioprofessionnelle, taux de chômage, nombre de familles nombreuses, proportion d'étrangers, densité de l'habitat, fréquence des placements d'enfants et des interventions d'assistance éducative, équipements et services collectifs (centres de loisirs, maisons de jeunes), nombre de Petites et Moyennes Entreprises (PME), caractéristiques de l'habitat (qualité, accès au centre-ville).

 

2°) Le déclassement de 2014 repose sur des critères présentés sans concertation et de façon variable

Les données fournies aux collèges et aux écoles primaires ne sont pas claires ni harmonisées.

Le classement s’effectue sur la base de critères statistiques peu nombreux et dont les sources ne sont pas clairement posées ni expliquées. Le quartier des Coudreaux se situe d’ailleurs près du seuil, purement conventionnel, retenu pour classer ou déclasser un établissement. Enfin, c’est l’un des seuls quartiers urbains à être déclassé et c’est le seul quartier urbain de Seine-et-Marne à être déclassé.

 

3°) Le quartier des Coudreaux ne fait pas partie de la ZUS de Chelles mais est intégré au CUCS, ce qui confirme l’existence de difficultés sociales

Le décret n°96-1156 du 26 décembre 1996 qui fixe la liste de 750 Zones urbaines sensibles (ZUS) intègre le quartier de Grande Prairie dans les ZUS mais pas le quartier des Coudreaux

Cependant le quartier des Coudreaux est intégré au contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) qui prévoit un volet éducatif (Circulaire n° 2007-004 du 11 décembre 2006)

 

LE DECLASSEMENT PRESENTE DES RISQUES REELS DE DETERIORIATION DE LA SCOLARITE DES ENFANTS DU QUARTIER DES COUDREAUX

 

1°) La perte du classement ZEP entraînera ipso facto une réduction des moyens disponibles pour accompagner les familles en difficulté (assistante sociale, infirmière scolaire, médiatrice, moyens de lutte contre le décrochage ou pour le soutien scolaire)

 

2°) La perte du classement ZEP entraînera une augmentation des effectifs d’élèves par classe, préjudiciable à la prise en compte des difficultés individuelles et aux résultats scolaires

Il convient d’ajouter que cette augmentation d’effectifs se réalisera dans un établissement dont une partie des salles de classe pourront difficilement accueillir plus de 25 élèves dans de bonnes conditions, en raison de leur exiguïté.

En outre, même s’il n’était pas déclassé, le collège Corot est déjà engagé dans une densification de ses effectifs, liée à la resectorisation scolaire.

 

3°) Pour les enseignants, le déclassement réduira l’attractivité d’un établissement excentré, faiblement desservi par les transports publics et dont les particularités géographiques et socio-économiques ne seront plus prises en compte

 

La fin du classement ZEP réduira fortement l’attractivité de l’établissement pour les enseignants qui n’y disposeront plus d’autant de moyens pour mener des projets de réussite éducative pour les élèves en difficulté et qui ne bénéficieront plus des éléments de prime et de choix privilégiés d’affectation attachés aux établissements classés en ZEP.

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Julie SIMONLanceur de pétition

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Pétition lancée le 29 novembre 2014