Keith témoigne...

Témoignage de Keith :
"Quand on perd un parent, on devient orphelin.Quand on perd son mari, on est veuve. Quand on perd la raison, c’est fou que l’on devient, et quand on perd la mémoire, on est qualifié d'amnésique.
Quand on sauve un enfant, c’est héros que l’on devient.
Mais quand on perd un enfant qui vit toujours et qu'on nous a arraché, il n'y a pas de mots, pas de manières... On aura beau tourner les pages des plus grands dictionnaires, aucune définition ne pourrait définir ce "deuil impossible" , cette déchirure de nos entrailles.
Il n y a rien à faire, rien à dire. On vit pour ne pas crever, on rit des flots de rires sans rires car on se dit que ça l'aurait sûrement rendue fière.
Cette nuit mon cœur est meurtri, on me les a enlevées elles portaient encore des couches, elles avaient encore besoin de leur Maman, elles étaient encore vulnérables.
Impitoyablement, on m'a arraché le cœur , détruit mon rôle de Mère, jusqu'à ne m'en laisser plus que le titre.
Aux yeux des administrations, je n'ai qu'un enfant (sur trois), c'est comme ci les filles n'avaient jamais existées.
Ma première rentrée des classes en tant que Mère, ce sera mon fils que j' accompagnerai sur les bancs de l école, et ce sera lui qui m'offrira mon premier cadeau de Fête des Mères d'école, car je ne suis pas digne pour recevoir ceux de mes deux filles.
Et tellement d'autres choses que je n ai plus le droit d'être., de dire, de faire...
Je n'ai plus qu'un titre de Mère, uniquement sur le papier.
Mes bras bercent le vide, mon visage est creux, rongé par les larmes et le chagrin.
Ce temps qu'on nous a volé, ces précieuses années qu'on ne pourra jamais rattraper. On ne pourra que panser nos blessures des préjudices, tenter de réparer... Mais à quel prix encore?
Il y a bien des mots: "désenfantement" et "mamanticide". Il faut le vivre pour le croire." Keith
On ne fait pas le deuil d'un Enfant vivant. On meurt un peu chaque jour. Corinne
#mamanestdebout