Monsieur le préfet, levez les OQTF !

23 156

Le problème

Monsieur le préfet, levez les OQTF !

Le 23 mai 2024, à 7h du matin, la police a expulsé illégalement les locaux de l'association En Gare, 81 rue Michelet à Montreuil. En plus des très nombreuses activités organisées, de la cantine du foyer Bara, 17 personnes y étaient hébergées. 11 des habitants ont été placés en garde à vue et se sont vus délivrer des OQTF (obligations de quitter le territoire), doublées d'IRTF (interdiction de retour en France) et d'ICF (interdiction de circulation). 

C'est la 1e fois à notre connaissance que la loi Asile Immigration croise la loi Kasbarian Bergé : parce que les habitants sont sans papiers, malgré leurs demandes répétées à la préfecture, et ne peuvent accéder au logement de manière régulière, ils font partie d'une procédure pénale pour avoir habité illégalement un bâtiment vide !

Deux d'entre eux ont été placés en LRA (lieu précèdent le CRA) : un a été libéré et Moussa a été placé en CRA au Mesnil Amelot, à deux pas de l'aéroport de Roissy. Il n'est pas isolé contrairement à la majorité des personnes qui y sont placées et ne peuvent faire valoir leur droits.

Moussa a une histoire particulière. Arrivé en France avant ses 10 ans, il a été scolarisé à Montreuil qu'il n'a jamais quitté. Il y a sa famille, ses amis, ses loisirs, son travail.

Depuis sa majorité, il a effectué avec l'aide de sa famille de nombreuses démarches pour régulariser sa situation, qui ont toutes été laissées pour compte.
Finalement, en 2022, le Tribunal Administratif de Paris a demandé à la Préfecture de lui délivrer une autorisation de séjour : la Préfecture n'a jamais appliqué cette décision, ce qui a entraîné la rupture de son contrat de travail.

Moussa a toujours mené des activités bénévoles dans plusieurs associations de Montreuil. 

Au En Gare, où il habitait depuis presque 8 mois, il était responsable du Bataillon Solidarité : il était chargé de coordonner les maraudes du vendredi soir, les liens avec les habitants et leur suivi administratif. 
En garde à vue, il était plus préoccupé par le sort des habitants plus précaires que lui, que par le sien.

Moussa n'a rien à faire dans un Centre de Rétention et encore moins au pays : il a sa vie ici depuis 20 ans ! 
Son pays, c'est Montreuil.

Nous, signataires, famille, amis, collègues, de Montreuil et d'ailleurs, qui soutenons Moussa, avons l'honneur, Monsieur le Préfet, de vous demander :


    -le réexamen de la situation de Moussa au titre du droit à la vie privée et familiale, et l'attribution d'un titre de séjour avec droit de travail
    -l'abandon des poursuites à son encontre
    -le réexamen des situations de tous les habitants sans papiers du En Gare qui ont reçu une OQTF juste parce qu'ils n'avaient pas d'accès au logement !

Message aux signataires