Lettre ouverte pour une protection juridique, financière et morale des handicapés

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Lettre ouverte pour une protection juridique, financière et morale des handicapés.


Je m'appelle Fabienne, j’ai 47 ans, je suis atteinte d’une maladie neuromusculaire évolutive, handicapée à plus de 85%, je n’ai pas choisi de naître ainsi.
Pour garder mon autonomie, je suis contrainte d’employer des auxiliaires de vie, pour tous les gestes de la vie quotidienne. Du lever au coucher, de la toilette à l’habillement, déshabillement, de la mise au toilette, du repas, du ménage…..Beaucoup de facteurs financiers, matériels, psychologiques, sociologique s’opposent à leur réalisation.
Depuis de nombreuses années, j’emploie des personnes remarquables, humaines…J’ai gardé de très bons contacts et certaines sont devenues des amies…Mais parfois il m’est difficile de faire le bon choix, dans l’urgence d’un départ, d’un suivi de conjoint, d’une jeune étudiante continuant ses études dans une autre ville.


Comme l'explique les spécialistes, les tâches sont le plus souvent humbles, routinières, peu valorisantes, mais pourtant elles doivent, à travers elles, accompagner, apporter un réconfort, un soutien moral, il faut dans tous les cas beaucoup de dynamisme et de disponibilité pour être capable dans de telles conditions, participer dans la toilette, l’habillage, le repas et insuffler suffisamment de goût à vivre, de bien être…. Voilà pourquoi ils perçoivent cette relation « auxiliaire de vie personne handicapée » ; une relation d'ailleurs que plusieurs auteurs ont définie comme étant « un corps à corps », reflétant une dépendance à l’autre étant incapable de satisfaire mes besoins essentiels toute seule, par mes propres moyens.
Ils indiquent aussi, que la gestion d’une auxiliaire de vie est très imprécise et mal définie par les textes : on parle des « actes essentiels » de la vie courante ou « ce qui exclut généralement les actions de soutien et d’accompagnement à temps complet ».
J’essaie d’expliquer par cette lettre ouverte, comment on peut arriver à une situation extrême, difficile, lorsque le rapport à l’autre est si engagé, si impliqué. J’ai toujours privilégié le dialogue, essayant d’avoir la meilleure solution et la mettre en œuvre, lorsqu’une tension ou un désaccord se fait sentir.


C’est pourquoi, après avoir engagé Madame X, je n'avais pas pressentie ce qui allait se passer. Après un mois et demi, celle-ci m'annonce qu'elle est enceinte. Sachant qu'être enceinte et s'occuper d'une personne handicapée (porter, toilette...) n'est pas une chose facile. Je l'ai envoyée chez la médecine du travail afin d'être certaine de ne pas lui infliger des tâches qui ne devraient pas l'être. Elle à été autorisée à continuer son travail à condition de ne pas porter plus de 15 kg. Je lui ai donc proposé un avenant à son contrat en changeant ses horaires, afin d'avoir des tâches moins pénibles ne supportant pas la levée de plus de 15 kg (ménage...).
Elle m'annonce qu'elle ne souhaite pas signer cet avenant et préfère que je la licencie, précisant qu'elle pourra prétendre à des allocations de chômages. Cette relation dont je parle plus en amont (ce corps à corps) prend tout son sens dans cet échange. La sachant enceinte, je ne souhaitais pas la fatiguer, même dans des tâches de ménage peut-être moins pénibles. Je me suis mise à sa place, moi qui n'aurai jamais d'enfant.....J'ai accepté d'arrêter son contrat, sans imaginer qu'elle profiterait de ma faiblesse pour me poignarder.


Elle me poursuit au prud'hommes pour licenciement abusif, ce qui est vrai au niveau de la loi, mais dans la réalité cela est plus compliqué. J'ai le sentiment d'avoir été abusée, mon handicap m'a rendu aveugle et je n'ai pas réalisé les conséquences de mon acte quand je lui ai accordé ma confiance.
J'ai dû prendre un avocat, je comparais en conciliation le 7 septembre prochain. J'ai toutes les preuves disant que j'ai fait ce qu'il fallait (médecine du travail,avenant, témoignages...), sauf celui de lui avoir accordé ma totale confiance en mettant fin à son contrat. Elle réclame jusqu'à 21000 euros de dommages, je n’ai pas de revenu, mon handicap m’empêche de travailler et malgré tout, pour vivre dignement et le plus autonome possible, je dois continuer à employer des auxiliaires de vie avec en plus aujourd’hui l’angoisse de ne plus pouvoir faire confiance à celles qui s'occupent de moi .


Je ne suis pas bien née, je souffre de douleurs physiques et psychiques depuis ma plus jeune enfance à cause de mon handicap lié à ma maladie. Je me bats tous les jours pour continuer…. Qu’ai-je fait pour mériter tant de malheur dans cette vie…..Je n’avais déjà pas de jambes, à présent on m’enlève ce que j’avais de plus précieux , l’espoir de vivre dignement et sereinement dans ce monde qui n’est pas fait pour moi.Il faut trouver des solutions pour que les  handicapés soient protégés contre toute forme d’injustice, juridique, financière et ou morale.
En effet, pour nous handicapés, ce qui n'est pas moral, ne devrait pas être légal. Je sais qu'il est trop tard pour moi, mais je souhaite de tout mon cœur être comprise pour que cela ne se reproduise pas et que notre détresse soit reconnue.

 



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