COVID -19 : Soutien aux psychomotriciens et autres professions paramédicales libérales

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Objet : COVID-19 - Pétition de soutien aux psychomotriciens et autres professions paramédicales libérales

Monsieur le Président de la République,

Par la présente pétition nous tenons, en tant que psychomotriciens, auxiliaires de la Médecine, inscrits au Livre IV de la partie III du code la Santé publique, à faire part de notre soutien et nous associer aux autres professions libérales et indépendantes afin de vous interpeller sur nos très vives inquiétudes quant à notre situation face à l’évolution rapide du COVID-19 sur le territoire Français.

Le 17 Mars après midi, la FFP (Fédération Françaises des Psychomotriciens) et l’AFPL (Association Française des Psychomotriciens Libéraux) se sont concertés avec les représentants des autres organisations professionnelles des métiers de la rééducation (Kinésithérapeutes, Orthophonistes, Ergothérapeutes, Diététiciens, Orthoptistes, Pédicures-Podologues) pour déterminer une position cohérente face à l’absence de réponses des autorités ; à savoir l’obligation de fermeture ou non des lieux de consultations privés, mais également concernant la poursuite ou non des soins à domicile. D’un commun accord, par souci de responsabilité, de solidarité avec nos collègues hospitaliers, et par cohérence avec la situation sanitaire, l’ensemble des représentants de ces professions ont fortement recommandé la fermeture des cabinets de soin, dont ceux des Psychomotriciens. En effet, nous ne disposions pas, et c’est encore le cas aujourd’hui, du matériel indispensable pour assurer la sécurité sanitaire lors de nos consultations, d’abord pour nos patients, mais aussi pour nous-même.

En tant que professionnels de santé exerçant sur prescription médicale auprès de divers publics, notamment des plus fragiles, nous ne pouvons pas, en toute conscience, maintenir une activité qui ne relève pas d’une urgence vitale ou qui, lorsqu’elle s’avère indispensable, ne peut être effectuée dans les conditions d’hygiène drastiques requises selon les directives en vigueur. Le Ministère a fait le choix de ne pas prononcer de fermeture administrative. Nous devrions donc rester ouverts alors que nous ne sommes pas en mesure d’exercer notre métier dans les conditions de sécurité exigées actuellement. Il y a là un non sens qui nous place, professionnels de santé libéraux, dans une situation à la fois inextricable et potentiellement catastrophique pour la survie de nos cabinets.  

Nous vivons une crise exceptionnelle d’ampleur mondiale qui nécessite de la part de tous une solidarité, beaucoup de bon sens et d’humanité. Bien entendu, toutes ces nobles intentions ne peuvent pas faire oublier la nécessité d’une réelle sécurité financière. Cependant, ne relevant pas d’une fermeture administrative, et n’ayant évidemment pas perdu 70% de notre chiffre d’affaire sur la période du mois de mars (puisque nous avons fermé nos cabinets le 16 mars), nous ne pouvons ni bénéficier du fond de solidarité prévu par le gouvernement, ni d’aucune autre aide afin de maintenir nos cabinets viables financièrement. Nombre d’entre nous serons donc contraints de fermer définitivement suite à des dégâts financiers désastreux et irréversibles. C’est un préjudice terrible pour nous, mais aussi pour les familles qui nous font confiance et que nous laisserons sans solutions après cette crise. Plus généralement, l’ensemble des Français subirait alors une diminution drastique de l’offre de soins sur le territoire.  

Nous avons besoin de mesures rapides et concrètes pour tous les professionnels de santé en cabinet libéral et plus largement pour tous les indépendants qui partagent nos inquiétudes. C'est pourquoi nous soutenons activement les différentes demandes formulées dans le courrier envoyé le 23 mars 2020 par nos représentants syndicaux professionnels, dont nous vous transmettons le lien, ci-après :

https://fedepsychomot.com/wp-content/uploads/2020/03/Courrier-Edouard-Philippe-23-Mars.pdf

Nous tenons à attirer votre attention sur cette situation pour le moins préoccupante et pour laquelle nous attendons que vous nous apportiez des réponses rassurantes, adaptées et concrètes.

Nous sommes conscients qu’à l’heure où nos collègues se battent pour vaincre l’épidémie, une telle demande peut sembler anachronique. Cependant, il nous faut penser à “l’après”, car une fois cette crise sanitaire mondiale du Covid-19 passée, les soins psychomoteurs resteront toujours aussi indispensables pour de nombreux bébés, enfants, adolescents, adultes et personnes âgées. De plus, la période de confinement, dont chacun a aujourd’hui compris qu’elle est appelée à s’allonger, va peut-être elle aussi faire émerger de nouveaux besoins de soins psychomoteurs. Nous voulons être présents, comme nous l’avons toujours été, et nous souhaitons ardemment pouvoir continuer à nous engager auprès des personnes ayant besoin de nos interventions. 

M. Le Président de la République, nous demandons simplement à ce que vous teniez votre engagement de ne laisser personne seul face au risque d’une faillite, avec toutes les conséquences personnelles, familiales et sociétales qui en découleraient. C’est la seule façon pour nous de tenir les nôtres vis à vis de nos concitoyens.

En espérant que nous trouverons, tous ensemble, les moyens de faire face à cette crise sans précédent, nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, à l'expression de notre plus haute considération.

Groupe de Soutien Aux Professions Libérales et Indépendants
Section Psychomotriciens