Prenons des mesures proportionnées et concertées contre la progression du Covid-19

Prenons des mesures proportionnées et concertées contre la progression du Covid-19

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Concertation Citoyenne Bagnères-de-Bigorre a lancé cette pétition adressée à Monsieur le Préfet des Hautes-Pyrénées

OBJET : Proportionnalité et pertinence des mesures restrictives des libertés fondamentales imposées aux citoyens des Hautes Pyrénées.

Monsieur le Préfet,

Nous vous écrivons la présente afin d'attirer votre attention sur les conséquences graves que pourraient avoir, sur l'état de santé psychique et physique de la population, le reconfinement et le durcissement des mesures de distanciation sociale. En effet, de nombreuses études médicales soulèvent aujourd'hui la question des effets délétères à court et moyen termes que génèrent la privation de liens sociaux et cette sédentarité forcée.

Troubles du sommeil, troubles du comportement alimentaire, anxiété, dépression, troubles psychotiques, conduites addictives (alcool, drogue, jeu), violences domestiques, suicides, sont autant de risques majeurs auxquels les populations se retrouvent à nouveau exposées, les plus défavorisés en première ligne du fait de logements exigus et parfois d'absence d'activité professionnelle les autorisant à s'extraire de leurs domiciles.

D'autant plus de précaires seront confrontés demain à ces risques majeurs de dégradation de leur situation matérielle et de leur santé que les Hautes Pyrénées ont perdu 2832 emplois salariés au 2ème trimestre 2020, soit une perte de 3,9% par rapport au trimestre précédent, ce qui classe le département 3ème département de France métropolitaine à avoir enregistré le plus de destruction d'emplois salariés sur cette période après les départements corses.(1)

Par ailleurs, l'impact des confinements et couvre-feux sur la progression de la diffusion pandémique est loin de faire l'unanimité dans les milieux scientifiques. En l'absence de certitude d'un réel effet positif sur l'enrayement de l'épidémie de covid-19, et les chiffres des hospitalisations et réanimations en cours dans les Hautes-Pyrénées étant très modérés (autour de 50% des lits occupés, 45 personnes hospitalisées et 6 en réanimation au 24 octobre 2020, respectivement 43 et 5 au 26 octobre, puis 48 et 8 au 29 octobre)(2), nous nous interrogeons sérieusement sur le rapport bénéfice/risque en terme de santé publique de telles mesures restrictives des libertés fondamentales des citoyens appliquées à notre département.

Parmi le corps médical, des voix s'élèvent à juste titre pour demander l'implication de la médecine de ville, jusqu'ici mise sur la touche, notamment avec une limitation de la liberté de prescription, dans la prise en charge des patients afin de prévenir les cas graves et l'engorgement des hôpitaux. La multiplication des tests devrait en effet permettre, en plus de l'isolement des cas contagieux, d'amorcer des traitements dans le but de limiter la multiplication de la charge virale chez les malades et d'éviter ainsi la dégradation de leur état jusqu'à ne plus avoir d'autre recours que la réanimation. Le docteur Thierry Medynski, médecin à Bagnères-de-Bigorre, propose ainsi cinq actions à mettre en place dans le sens d'une décision médicale partagée, au lieu d'une gestion de crise centralisée, jalouse de ses prérogatives et incapable de s'appuyer sur les compétences et expériences de terrain. D'autres voies, moins délétère pour la santé générale des populations qu'un confinement, existent et mériteraient d'être explorées.(3)

En outre, nous contestons vivement l'obligation globale du port du masque dans « l'espace urbain des communes du département, constitué des villes, des centres de bourg, des villages et des quartiers d'habitation »,  imposée par l'arrêt préfectoral du 24 octobre 2020. Comme le souligne le Conseil d'état dans une ordonnance du 4 septembre 2020,(4) «le port du masque [doit être rendu obligatoire] dans des zones larges, afin que cette obligation soit cohérente et facile à appliquer pour les citoyens. Toutefois ces périmètres étendus doivent être délimités – et se justifier – par l’existence de plusieurs zones à fort risque de contamination. Le port du masque peut ainsi être imposé sur l’ensemble d’une commune densément peuplée comme Lyon ou Villeurbanne, mais doit être limité au centre-ville dans les communes moins denses.» Et d'insister sur les circonstances justifiant la mise en place d'une telle obligation : « porter systématiquement un masque en plein air est justifié en présence d’une forte densité de personnes ou lorsque que le respect de la distance physique ne peut être garanti ». Nous peinons à croire que les distances physiques ne puissent pas être respectées dans la plupart des communes et villages du département, y compris dans les rues des centre-villes. C'est pourquoi, nous nous inquiétons du caractère non proportionné de cette mesure par rapport aux risques de contamination réellement encourus par les habitants des Hautes-Pyrénées.

Dans un courrier du 23 septembre 20205, où elle s'émeut de mesures parfois excessives, aux « conséquences particulièrement préoccupantes pour les personnes vulnérables dans leur vie quotidienne et dans l'exercice de leurs droits : les résidents d'établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), les personnes en situation de précarité, les personnes privées de liberté, les enfants », la défenseure des droits, Claire Hédon, rappelle que « les restrictions aux droits et libertés, si elles peuvent être légitimes au regard de la crise sanitaire actuelle, doivent répondre à certain nombre d'exigences fondamentales requises par l'Etat de droit : la prévisibilité, la nécessité et la proportionnalité »(5). Or, ni les mesures de couvre feu et de confinement globalisés, ni l'obligation du port du masque dans l'intégralité des communes et villages du département ne nous semblent nécessaires et proportionnées au risque sanitaire auquel les Hautes-Pyrénées font actuellement face.

Quant à la prévisibilité de ces mesures, elle est quasiment nulle pour les citoyens, apprenant les mesures de restrictions au fil des prises de parole gouvernementales sans qu'ils ne soient jamais consultés, ce qui ne leur ménage guère la perspective d'un avenir où les libertés d'aller et venir, de réunion, d'entreprendre, et le respect du droit à la vie privée seraient pleinement retrouvés.

Nous vous prions donc instamment de prendre en considération les importants risques psycho-sociaux encourus par la population, notamment les plus précaires et fragiles d'entre nous, et de vous opposer fermement aux mesures de reconfinement, même partiel, sur le département des Hautes-Pyrénées.

 

1http://occitanie.direccte.gouv.fr/sites/occitanie.direccte.gouv.fr/IMG/pdf/note_emploi_2020t2.pdf
2https://www.cascoronavirus.fr/stats/france/departement/hautes-pyren%C3%A9es
3https://vimeo.com/473479074/d3e12dda38
4https://www.conseil-etat.fr/ressources/decisions-contentieuses/dernieres-decisions-importantes/conseil-d-etat-6-septembre-2020-port-obligatoire-du-masque-a-lyon-et-villeurbanne
5https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/courrier_pjl_eus_1-converti.pdf

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