Pour la libération et régularisation de Damir, menacé d'expulsion d'un jour à l'autre !

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Damir A. est un demandeur d'asile serbe, mais avant tout un comédien de talent, avec qui nous avons créé un spectacle que nous jouons depuis le mois de novembre dernier. "Les Chemins de Traverse", une mise en voix et une écriture commune, raconte à travers des récits touchants, pudiques et justes, comment des chemins différents se sont un jour croisés dans la ville d'adoption de Damir, Metz, où il a demandé l'asile à l'automne 2017. Fuyant la Serbie en raison de son appartenance à l'ethnie Rom hautement discriminée dans les Balkans, il est arrivé en France avec le nez cassé suite à un violent passage à tabac raciste dans sa ville d'origine, accompagné de sa famille.
Depuis lors, Damir n'a cessé de s'intégrer dans notre société. Je l'ai connu sur le camp de Metz-Blida, dans lequel il a passé plusieurs mois à dormir sous une tente, alors que sa mère y a fait un AVC, que les conditions de vie y étaient déplorables et l'insécurité, permanente. Mais Damir ne s'est jamais plaint. Débrouillard, toujours de bonne humeur et prêt à rendre service - il a de nombreuses fois aidé les bénévoles sur le camp, ainsi que les nouveaux arrivants à faire leurs premières démarches - nous nous sommes rapidement liés d'amitié. Féru de danse, Damir a organisé des battle de hip-hop dans le camp de Blida avec son ami John, rares moments de joie pour les 900 demandeurs d'asile parqués dans le "camp de la honte" pendant de long mois, avant son démantèlement en novembre 2017.
Son amour de la scène et notre amitié m'a donné envie de créer ce spectacle professionnel avec lui, et deux autres demandeurs d'asile dont nous sommes également proches. Succès auprès du public, cette mise en voix touchante revêt, en plus de son caractère artistique, un intérêt pédagogique réel puisqu'il sensibilise sur la condition des demandeurs d'asile et la communauté Rom, loin des clichés ("les Roms kidnappent les enfants") et des statistiques (la "crise" migratoire, "les demandeurs d'asile vont nous envahir" et autres désinformations).

Malheureusement, Damir s'est vu refuser sa demande d'asile car venant d'un "pays sûr", faisant fi de la réelle discrimination dont y sont victimes les Roms chaque jour. Entre-temps, le reste de sa famille a été expulsé en Serbie, et leur maison a été incendiée de façon criminelle par représailles, trois mois après leur retour.

Mal conseillé par son assistante sociale qui ne l'a pas informé de la possibilité de faire un recours lorsqu'elle lui a remis le courrier l'avisant de son OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) en septembre dernier, puis mené en bateau par un avocat commis d'office qui nous a raconté n'importe quoi sur sa situation avant de ne plus répondre à aucun de nos appels - alors que nous lui avions envoyé les preuves réelles de sa mise en danger en Serbie - Damir a été emmené par la police lundi matin au centre de rétention de Metz ou il a passé une nuit avant d'être conduit à Roissy à l'aube pour embarquer dans un avion en direction de Belgrade. Refusant d'abord d'embarquer, puis menacé par les policiers qui lui ont menti en prétendant que s'il refusait de monter à bord, il passerait deux mois de prison en Serbie (ce qui est faux), Damir a fini par céder. Mais "trop tard" selon l'un des policiers (l'avion partait pourtant presque deux heures après) et Damir a été conduit au centre de rétention de Palaiseau, près de Paris, où il est toujours retenu. 
Un recours a été déposé pour sa libération, et Damir est passé ce matin, jeudi 18 avril, devant le Juge des Libertés et de la Rétention. Le dossier donné était visiblement incomplet (aucune trace des photos, vidéo et copie de la plainte déposée lors de l'incendie criminel de la maison de ses parents en Serbie) alors que j'avais pourtant moi-même envoyé ces documents au CRA de Metz.
Damir fait appel de sa décision mais il est à bout de forces et découragé. Les erreurs rencontrées sur son parcours depuis son arrivée en France ont été nombreuses.

Damir est un jeune homme exceptionnel. C'est un artiste de talent, comédien indispensable dans un spectacle utile et pédagogique, que nous prévoyons de jouer dans les établissements scolaires dès la rentrée prochaine, suite à la demande express d'une déléguée de la DAAC - Délégation académique à l'action culturelle de l'éducation nationale - qui a vu le spectacle et en a été convaincue. Je me propose par ailleurs de l'embaucher dès que sa situation le permettra, pour qu'il devienne un membre à part entière et un comédien professionnel au sein de la compagnie de théâtre professionnelle reconnue dans la région Grand Est (soutenue par la DRAC, conventionnée par la région Grand Est et la Ville de Metz) dont je suis la porteuse de projet et la metteure en scène. 
Damir a par ailleurs de nombreux soutiens politiques et culturels à Metz, c'est un membre à part entière du paysage théâtral de la région, et je demande donc sa libération ainsi que sa régularisation.


La demande est urgente : il peut être expulsé d'un jour à l'autre.


Maud Galet Lalande, metteure en scène.