Pas d'un Lubrizol bis dans la vallée de l'Arve !

0 a signé. Prochain objectif : 5 000 !


Monsieur le Préfet de Haute-Savoie,

Je vous demande d'annuler l'arrêté préfectoral N° PAIC2019-0110 du 3 septembre 2019, autorisant l'entreprise SAFRAM à stocker encore davantage de produits hautement toxiques, en grandes quantités, ce qui conduit à un classement SEVESO "seuil haut".

Depuis le printemps 2019, des citoyens et associations ne cessent de vous alerter sur les risques de l'autorisation d'un tel site dans la vallée de l'Arve, pour plusieurs raisons :

  1. Le risque lié aux inversions de températures, pourtant fréquentes dans la vallée, n'a pas été pris en compte. En cas d'accident, les polluants émis pourraient être plaqués au sol pendant de nombreux jours si un phénomène d'inversion des températures est en cours. Dans la vallée de l'Arve, ce phénomène d'inversion est présent pratiquement toute l'année, la nuit.
  2. Les risques liés au positionnement de cette entreprise en bordure d'autoroute. Le risque de perte de contrôle d'un véhicule, particulièrement d'un poids lourd, est réel, étant donnée la forte pente de l'autoroute et le virage qui est situé au droit de l'entreprise.
  3. De plus, l'entreprise est à quelques centaines de mètre de deux établissements scolaires (Lycée Ste Famille et ENILV) et à proximité des logements sociaux de "la Balme".
  4. Les risques complémentaires constitués par la proximité d’entreprises voisines qui stockent des produits inflammables (Lalliard Bois et DM peinture).
  5. Enfin, le risque de pollution des eaux et notamment de l’Arve et de sa nappe d’accompagnement, à quelques kilomètres à l’aval.

L’incendie de l'usine Lubrizol à Rouen montre que l'improbable est possible et que les accidents peuvent avoir lieu, avec des conséquences critiques pour la santé des populations et pour l'environnement, mais aussi pour l'activité économique locale, en particulier l'agriculture.

Cet incendie montre aussi qu'un classement SEVESO seuil haut ne donne aucune garantie sur la connaissance des produits dangereux stockés, sur l'impact de leur mélange lors d'un accident, sur le sérieux des autocontrôles effectués sur de telles installations et sur la réelle préparation des services d'intervention.

Les intérêts privés de certaines entreprises ne peuvent plus primer sur la protection de la santé et de l'environnement, face au risque d'accident industriel majeur, tout particulièrement dans une vallée déjà fortement affectée par la pollution de l'air et soumise à un Plan de Protection de l’Atmosphère.

Je ne peux accepter qu’une telle épée de Damoclès pèse sur cette vallée et je vous demande, Monsieur le Préfet, de revenir sur l’autorisation SEVESO seuil haut que vous avez accordée à l’entreprise SAFRAM.

 Photo d'illustration Lubrizol - Rouen par le SDIS 76