Pour un plan national plus ambitieux de lutte contre les violences conjugales

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À Boulogne-Billancourt, à Lille, à Lorient, à Orléans, à Paris, à Saint-Denis … des dispositifs d’accueil et d’aide aux femmes victimes de violences sont menacés à court terme ou déjà fermés faute de financement.

Pourtant en France, 225 000 femmes sont victimes chaque année de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur actuel ou ancien partenaire. 3 victimes sur 4 déclarent avoir subi des faits répétés. En 2016, 123 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire, soit 1 tous les 3 jours, et 25 enfants mineurs sont décédés, tués par un de leurs parents dans un contexte de violences au sein du couple. D’après les statistiques, moins de 1 victime sur 5 va consulter un professionnel ou les services sociaux pour être aidée, écoutée, accompagnée, secourue...

Le Président de la République s'est engagé à l'occasion de son discours sur le lancement de la "grande cause du quinquennat" : "je me suis en effet engagé à ce que la cause du quinquennat soit celle de l'égalité entre les femmes et les hommes et le premier pilier de cette cause, c'est bien la lutte pour l'élimination complète des violences faites aux femmes. Pour cela, je souhaite que nous nous donnions les moyens de mener une action résolue à hauteur des enjeux."

Mais dans les faits c’est bien le contraire qui se passe !

Non seulement le plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes actuellement en vigueur est largement insuffisant, avec un seul lieu d'accueil de jour et une petite enveloppe de 40 000 euros par département pour recevoir et accompagner les femmes victimes de violence. Mais en plus certains de ces dispositifs sont menacés à court terme, comme à Boulogne-Billancourt ! Et aucune aide n’est accordée aux initiatives qui sont prises dans certains départements pour faire un peu plus pour les victimes de violences. Quand on connait la complexité de ces situations de maltraitance, les difficultés qu’ont les victimes à s’identifier comme victimes, à affronter peur des représailles, honte et sentiment d’humiliation pour demander de l’aide, et l’ambivalence très fréquente de leur relation à leur bourreau, sans parler des complications financières et organisationnelles que ces déplacements impliquent … on comprend bien que très peu d’entre elles feront la démarche de se rendre à l’autre bout du département pour solliciter un accompagnement … 

Le constat en ce début d’automne est affligeant, non seulement aucune amélioration n’est annoncée mais on assiste même à une régression des droits des femmes avec la fermeture progressive de nombreux lieux d’accueil qui ont pourtant fait la preuve de leur utilité. Nous interpellons donc le gouvernement, et en priorité Mme la Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, et les invitons à prendre leurs responsabilités et à respecter leurs engagements pour apporter une réponse dans tout le territoire aux besoins d'accompagnement et de soutien des femmes victimes de violences : 

-          partout où des dispositifs d’accueil existent et ont fait la preuve de leur utilité, nous demandons la garantie d’un financement pérenne permettant d’assurer la continuité et le développement de leurs activités ;

-          dans toute la France, nous demandons un plan de lutte contre les violences faites aux femmes plus ambitieux et ne se limitant pas à la population des grandes métropoles, avec la création de nouveaux lieux d’accueil pluridisciplinaires, notamment dans les zones rurales.



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