Petition updateLiu Xiaobo est mort, n'abandonnez pas Liu Xia !Liu Xia au milieu des livres : "Grand-père"
Béatrice DESGRANGESFrance
Feb 14, 2018
Une photo de Liu Xia choisissant des livres dans une grande librairie de Pékin (万圣书园, la Librairie de tous les sages) a été publiée sur Twitter le 11 février. Elle a été prise lors d'une rencontre fortuite et a été effacée des réseaux sociaux accessibles en Chine. https://twitter.com/xiaowaves/status/962663819884478465 Cette photo est la première preuve de vie de Liu Xia depuis les vidéos de propagande diffusées par le régime en août. On ne sait pas si le client que l'on voit à sa gauche est l'un des "agents de sécurité" qui ne la lâchent pas d'une semelle mais il est certain en tout cas qu'ils ne peuvent pas être bien loin. Car, comme l'affirme son ami Hu Jia, qu'elle se rende à l'hôpital, au supermarché ou à la librairie, elle n'est jamais seule et il est certain qu'elle ne peut communiquer librement avec personne. Les livres sont les seuls "amis" auxquels Liu Xia peut se raccrocher. C'est pourquoi je vous propose aujourd'hui de lire son poème, "Grand-père". Je n’ai pas le texte chinois ce poème, je n’en ai trouvé qu’une version anglaise. Je pense qu’il évoque un grand-père exclu de la mémoire familiale… L’image qui se dessine est celle d’un lettré, sans doute victime d’une des innombrables campagnes d’éradication des intellectuels mal-pensants qui a scandé l’histoire de la Chine communiste. Grand-Père (Février 1997) Dans le hall ancestral et poussiéreux Une ombre s’attarde Qui ne veut pas partir. Ce visage flou, est-ce toi grand-père ? Cela fait des années que je cherche tes mains De mes yeux de myope, que je suis en quête Des années que je n’ai pas vécues Il n’y a que dans mes rêves que je rejoins ta maison. Je sais que tu as existé Ta jeunesse couleur sépia dans de vieilles photos Semble déplacée Dans cette verdure du Sud. Quand je suis seule, Je te vois souvent Me tenir la main. Ensemble, Nous marchons à travers des livres, encore des livres J’en ai des frissons de chagrin. Personne ne partage avec moi les détails De ta vie, comme si tu avais vécu à l’ère glaciaire. Mais je ne peux me transformer en paléontologue. Je peux seulement me donner tout entière A te faire revivre A travers mes pauvres mots fragiles Dans ta vieille demeure, sens-tu Une bouffée D’air frais Grand-père ?
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