

Mise à jour - Stop violence sur enfants mineurs
Le problème
28 juillet 2026. Et je ne sais toujours pas.
Aujourd'hui, 28 juillet 2026, je suis avant tout le père d'un petit garçon. Et aujourd'hui encore, je ne sais toujours pas où en est réellement l'affaire qui le concerne.
Derrière les dossiers, les procédures, les expertises, les courriers et les mois qui passent, il y a pourtant un enfant.
Mon enfant.
Et il y a un père qui attend.
De cette épreuve était née une idée. Une idée peut-être folle, mais profondément humaine : créer un lieu destiné aux enfants victimes et à leurs familles. Un endroit pour souffler, se retrouver et commencer à reconstruire ce que la violence a détruit.
J'y ai consacré des mois. J'ai travaillé, construit des budgets, cherché un lieu, frappé aux portes des banques, des institutions et de l'État.
Aujourd'hui, je dois regarder la réalité en face : ce projet ne verra probablement pas le jour sous la forme que j'avais imaginée.
Pas parce que les victimes ont disparu.
Pas parce que le besoin n'existe pas.
Mais parce qu'entre les discours sur la protection de l'enfance et la réalité de celui qui essaie concrètement de construire quelque chose, il existe parfois un gouffre.
Et puis il y a eu Lyhanna.
Son histoire a bouleversé la France, à juste titre. Elle a provoqué une immense émotion et mis en lumière de terribles défaillances. Le Sénat a notamment rappelé que le principal suspect faisait déjà l'objet d'une procédure judiciaire pour des faits de viol sur mineur et qu'il n'avait toujours pas été entendu après plusieurs mois.
Alors soudain, la machine s'est mise en marche.
Gérald Darmanin a demandé que près de 70 000 dossiers concernant des enfants soient repris.
Quelques semaines plus tard, le ministre annonçait que 69 626 dossiers avaient été réétudiés, que 15 000 plaintes supplémentaires avaient été examinées et que près d'un millier d'affaires prioritaires avaient été identifiées.
Et moi, père d'un enfant concerné par une procédure, je regarde tout cela avec une question extrêmement simple :
Et maintenant ?
Parce qu'une fois l'émotion médiatique passée, une fois les déclarations faites, une fois les chiffres annoncés devant les caméras, qu'arrive-t-il concrètement aux enfants dont personne ne connaît le prénom ?
Que deviennent leurs dossiers ?
Que deviennent leurs parents ?
Combien de temps attendent-ils ?
La CIIVISE rappelle une réalité autrement plus vertigineuse : 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.
Cela représente environ 438 enfants chaque jour.
Un enfant toutes les trois minutes.
Alors pardonnez-moi si, en tant que père, les grandes annonces ne me suffisent plus.
On parle aujourd'hui de nouvelles lois, de sanctions renforcées, de récidivistes, de criminels sériels.
Bien sûr qu'il faut sanctionner sévèrement ceux qui recommencent.
Mais il existe quelque chose qui me révolte profondément dans le mot récidiviste.
Pour qu'il y ait récidive, il a fallu qu'il y ait une première fois.
Une première victime.
Et parfois plusieurs enfants victimes avant même qu'une condamnation puisse intervenir.
Alors notre ambition collective ne devrait-elle pas être aussi d'empêcher autant que possible la première victime ?
Détecter plus tôt.
Écouter réellement la parole des enfants.
Enquêter plus rapidement.
Donner aux policiers, magistrats, éducateurs, soignants et associations les moyens nécessaires.
Contrôler réellement les personnes placées au contact des enfants.
Accompagner les familles.
Et surtout ne pas attendre qu'un nouveau drame fasse la une des journaux pour découvrir que notre système était défaillant.
La CIIVISE avait formulé 82 recommandations. En juin 2026, elle constatait encore que, parmi les 17 mesures qu'elle considérait comme prioritaires en 2025, seulement trois étaient pleinement effectives.
Voilà aussi la réalité.
Je suis fatigué des discours.
Fatigué des annonces faites après les drames.
Fatigué de voir la protection de l'enfance devenir une urgence nationale lorsqu'une affaire bouleverse le pays, avant que le silence ne retombe progressivement.
Et surtout, aujourd'hui 28 juillet 2026, je suis profondément écœuré de devoir encore écrire cette phrase :
Je ne sais toujours pas où en est l'affaire de mon fils.
Je ne demande aucun privilège.
Je ne demande pas une condamnation sans enquête ni procès.
Je demande simplement qu'un enfant victime présumée ne devienne jamais un dossier que le temps finit par ensevelir.
Mon projet de refuge s'est peut-être arrêté.
Mais certainement pas mon combat.
Je continuerai à demander des réponses.
Je continuerai à parler des enfants dont personne ne parle.
Je continuerai à déranger s'il le faut.
Parce qu'un enfant ne devrait jamais avoir besoin de mourir, de faire la une des journaux ou de bouleverser tout un pays pour que soudain nous décidions de regarder les autres dossiers.
160 000 enfants par an.
438 par jour.
Un toutes les trois minutes.
Derrière chacun de ces chiffres, il y a un prénom.
Une enfance.
Une famille.
Et parfois un père ou une mère qui attend simplement que quelqu'un lui dise :
Nous n'avons pas oublié votre enfant.
Après le silence, il faudra bien reconstruire.
Mais avant de reconstruire, il faudrait peut-être commencer par ne plus laisser les enfants et leurs familles seuls face au silence.
Sources de référence
• CIIVISE — Bilan de mise en œuvre des 82 recommandations, juin 2026
• Sénat — Affaire Lyhanna et mission d'information sur le pilotage de la politique pénale, juin 2026
• Déclarations de Gérald Darmanin sur le réexamen des dossiers impliquant des enfants, juillet 2026

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Le problème
28 juillet 2026. Et je ne sais toujours pas.
Aujourd'hui, 28 juillet 2026, je suis avant tout le père d'un petit garçon. Et aujourd'hui encore, je ne sais toujours pas où en est réellement l'affaire qui le concerne.
Derrière les dossiers, les procédures, les expertises, les courriers et les mois qui passent, il y a pourtant un enfant.
Mon enfant.
Et il y a un père qui attend.
De cette épreuve était née une idée. Une idée peut-être folle, mais profondément humaine : créer un lieu destiné aux enfants victimes et à leurs familles. Un endroit pour souffler, se retrouver et commencer à reconstruire ce que la violence a détruit.
J'y ai consacré des mois. J'ai travaillé, construit des budgets, cherché un lieu, frappé aux portes des banques, des institutions et de l'État.
Aujourd'hui, je dois regarder la réalité en face : ce projet ne verra probablement pas le jour sous la forme que j'avais imaginée.
Pas parce que les victimes ont disparu.
Pas parce que le besoin n'existe pas.
Mais parce qu'entre les discours sur la protection de l'enfance et la réalité de celui qui essaie concrètement de construire quelque chose, il existe parfois un gouffre.
Et puis il y a eu Lyhanna.
Son histoire a bouleversé la France, à juste titre. Elle a provoqué une immense émotion et mis en lumière de terribles défaillances. Le Sénat a notamment rappelé que le principal suspect faisait déjà l'objet d'une procédure judiciaire pour des faits de viol sur mineur et qu'il n'avait toujours pas été entendu après plusieurs mois.
Alors soudain, la machine s'est mise en marche.
Gérald Darmanin a demandé que près de 70 000 dossiers concernant des enfants soient repris.
Quelques semaines plus tard, le ministre annonçait que 69 626 dossiers avaient été réétudiés, que 15 000 plaintes supplémentaires avaient été examinées et que près d'un millier d'affaires prioritaires avaient été identifiées.
Et moi, père d'un enfant concerné par une procédure, je regarde tout cela avec une question extrêmement simple :
Et maintenant ?
Parce qu'une fois l'émotion médiatique passée, une fois les déclarations faites, une fois les chiffres annoncés devant les caméras, qu'arrive-t-il concrètement aux enfants dont personne ne connaît le prénom ?
Que deviennent leurs dossiers ?
Que deviennent leurs parents ?
Combien de temps attendent-ils ?
La CIIVISE rappelle une réalité autrement plus vertigineuse : 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.
Cela représente environ 438 enfants chaque jour.
Un enfant toutes les trois minutes.
Alors pardonnez-moi si, en tant que père, les grandes annonces ne me suffisent plus.
On parle aujourd'hui de nouvelles lois, de sanctions renforcées, de récidivistes, de criminels sériels.
Bien sûr qu'il faut sanctionner sévèrement ceux qui recommencent.
Mais il existe quelque chose qui me révolte profondément dans le mot récidiviste.
Pour qu'il y ait récidive, il a fallu qu'il y ait une première fois.
Une première victime.
Et parfois plusieurs enfants victimes avant même qu'une condamnation puisse intervenir.
Alors notre ambition collective ne devrait-elle pas être aussi d'empêcher autant que possible la première victime ?
Détecter plus tôt.
Écouter réellement la parole des enfants.
Enquêter plus rapidement.
Donner aux policiers, magistrats, éducateurs, soignants et associations les moyens nécessaires.
Contrôler réellement les personnes placées au contact des enfants.
Accompagner les familles.
Et surtout ne pas attendre qu'un nouveau drame fasse la une des journaux pour découvrir que notre système était défaillant.
La CIIVISE avait formulé 82 recommandations. En juin 2026, elle constatait encore que, parmi les 17 mesures qu'elle considérait comme prioritaires en 2025, seulement trois étaient pleinement effectives.
Voilà aussi la réalité.
Je suis fatigué des discours.
Fatigué des annonces faites après les drames.
Fatigué de voir la protection de l'enfance devenir une urgence nationale lorsqu'une affaire bouleverse le pays, avant que le silence ne retombe progressivement.
Et surtout, aujourd'hui 28 juillet 2026, je suis profondément écœuré de devoir encore écrire cette phrase :
Je ne sais toujours pas où en est l'affaire de mon fils.
Je ne demande aucun privilège.
Je ne demande pas une condamnation sans enquête ni procès.
Je demande simplement qu'un enfant victime présumée ne devienne jamais un dossier que le temps finit par ensevelir.
Mon projet de refuge s'est peut-être arrêté.
Mais certainement pas mon combat.
Je continuerai à demander des réponses.
Je continuerai à parler des enfants dont personne ne parle.
Je continuerai à déranger s'il le faut.
Parce qu'un enfant ne devrait jamais avoir besoin de mourir, de faire la une des journaux ou de bouleverser tout un pays pour que soudain nous décidions de regarder les autres dossiers.
160 000 enfants par an.
438 par jour.
Un toutes les trois minutes.
Derrière chacun de ces chiffres, il y a un prénom.
Une enfance.
Une famille.
Et parfois un père ou une mère qui attend simplement que quelqu'un lui dise :
Nous n'avons pas oublié votre enfant.
Après le silence, il faudra bien reconstruire.
Mais avant de reconstruire, il faudrait peut-être commencer par ne plus laisser les enfants et leurs familles seuls face au silence.
Sources de référence
• CIIVISE — Bilan de mise en œuvre des 82 recommandations, juin 2026
• Sénat — Affaire Lyhanna et mission d'information sur le pilotage de la politique pénale, juin 2026
• Déclarations de Gérald Darmanin sur le réexamen des dossiers impliquant des enfants, juillet 2026

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Pétition lancée le 8 mars 2026