
Tout au long de mon parcours médical et d'autant plus pendant mon errance, jai été confronté à de nombreux médecin, Certains il faut l'avouer, beaucoup moins empathiques que d'autres. A cestte époque j'allais de consultation en conbsultation, sans jamais avoir de réponse.
Ça avait l’air anarchique et, en même temps, ça semblait répondre à une logique que je ne comprenais pas : des symptômes apparaissaient et disparaissaient, me poussant à consulter des professionnels de santé, à passer des examens qui ne mettaient rien en évidence.
Un coup, c’étaient des douleurs et des tremblements,, après des troubles intestinaux de plus en plus invalidants, des sensations de brûlures, de piqûres, des fourmillements, des démangeaisons… puis des douleurs articulaires dans les genoux, les chevilles. Une seule ou les deux… Rien n’avait de lien.
Je me suis pris des réflexions en tous genres parce que j’avais “toujours un pet de travers” ou que “je m’écoutais trop”. Moi, j’avais juste l’impression désagréable que mon corps avait décidé de faire n’importe quoi et que j’en avais perdu le contrôle.
Niveau moral, c’était compliqué aussi : il fallait que je gère des désagréments générés par mon corps et que je résiste aux remarques un peu piquantes, sans savoir ce que j’avais.
J’ai fait face à des médecins spécialistes qui me renvoyaient sans détour à ma santé mentale, qu’ils jugeaient défaillante :
“C’est dans votre tête”,
Les premières fois, on répond et/ou on se révolte. On se dit que c’est le médecin qui ne comprend rien.
À la 10e fois, on subit et on quitte la consultation, honteux de ne pas avoir réussi à se faire entendre.
Ou alors, on doute et on se demande si les professionnels n’ont pas raison, si on n’a pas un problème autre que celui pour lequel on consulte : un problème psy.
Je savais qu’il y avait un problème, au moins au niveau intestinal, compte tenu de la force des crises que je subissais, mais j’ai arrêté de consulter parce que je n’en pouvais plus de faire face à des médecins qui mettaient en doute ma santé mentale, sans m’avoir vue au plus mal.
On sous-estime la violence de la réponse “C’est dans votre tête”. Et je soupçonne que ce soit la façon la plus adaptée, pour un professionnel, de dire : “je ne sais pas mettre des mots sur vos maux”.
Je préférais avoir mal plutôt que de faire des consultations dont je ressortais en me demandant si j’étais fou. Et refaire le film de la consultation en me disant que je n’avais peut-être pas réussi à m’exprimer pour faire comprendre mes difficultés et mes douleurs.
J’ai pu me sentir très frustrée et en colère pendant cette période. Alors j’ai arrêté de me confronter à la sphère médicale pour retrouver un semblant d’apaisement.
Je devais faire face à mon entourage, qui pensait avec simplicité que, quand on est malade, le médecin te le dit. Et s’il ne te dit rien, c’est que tu n’es pas malade et qu’il faut passer à autre chose.
Mais malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Et le soutien s’étiole avec le temps. Et tu parles de moins en moins de ton mal-être et de tes symptômes.
C’est assez drôle… N’ayant pas compris le diagnostic, j’ai demandé ce que ça voulait dire, et le gastro-antérologue m’a répondu :
“Ça veut dire que vous avez mal à des endroits qui peuvent changer et on ne sait pas pourquoi. Prenez rendez-vous dans un centre de traitement de la douleur et pas la peine d’aller embêter un autregastro-antérologue , le diagnostic sera le même.”
Le gastro-antérologue n’étant pas des plus extravertis, je suis parti avec une réponse qui n’en était pas une pour moi.
Je me rappelle bien être ressortie confus de cette consultation, sans savoir si je devais en être satisfait ou pas.
Je sais que c’est dur. Le chemin peut être long. On peut même avoir l’impression d’y perdre la tête.
On peut vous dire que vous faites une obsession, qu’il faut lâcher prise, penser à autre chose et arrêter de s’écouter. Mais personne ne sait mieux que soi ce qui se passe dans son corps.
La douleur sait ne pas se faire oublier
Si vous avez l’impression que quelque chose cloche, il faut chercher et trouver le bon interlocuteur, et mettre de la distance avec les mauvais.
"La douleur, à défaut de vivre sans, faut trouver comment vivre avec."
Julien
Président et fondateur