SAUVONS LES RUINES DU MANOIR DE CŒCILIAN, DEMEURE DE SAINT-POL-ROUX !

0 a signé. Allez jusqu'à 5 000 !


« Ce château par moi conçu, des équipes l’érigèrent, dont les bras multipliés devaient ressortir à mon buste, alors pareil au buste à greffes de Bouddha. Le rêve se fit chose et la chose personne, par osmose, dans un aller-retour si prompt de boomerang que les pilleurs d’épave de la dune se demandent si j’habite le Manoir ou si le Manoir m’habite, ou bien si l’on s’habite simultanément, nous interpénétrant de par l’inceste de la possession. »

Le nom de Saint-Pol-Roux, poète qui participa activement à la croisade symboliste à la fin du XIXe siècle et dont l’œuvre influença durablement André Breton et le surréalisme, est indissociable du Manoir qu’il se fit bâtir à partir de 1903 sur les hauteurs de Camaret (Finistère) et qui devint, dès l’été 1905, sa demeure irrévocable.

Saint-Pol-Roux l’avait conçu en poète, selon son rêve. Ce fut son Hauteville House. C’est pour le Manoir du Boultous – ainsi le nomma-t-il d’abord, avant de le rebaptiser Manoir de Cœcilian, du nom de son fils aîné mort sur le front à Vauquois en 1915  – que Segalen rapporta de Tahiti les bois de la Maison du Jouir de Gauguin. Le peintre Georges Rochegrosse y avait peint, à fresque, le poète en dieu de la mer. Saint-Pol-Roux y reçut de nombreuses personnalités littéraires et artistiques. Ainsi André Breton lui rendit-il visite en septembre 1923 ; puis vinrent régulièrement Max Jacob et Jean Moulin, alors sous-préfet de Châteaulin. Max Jacob et Jean Moulin dont la mort de Saint-Pol-Roux, le 18 octobre 1940, devait préfigurer le destin tragique.

Car le Manoir, auquel toute sa vie il resta attaché, fut aussi le témoin de l’Histoire et de ses catastrophes. Un soldat allemand y avait pénétré dans la nuit du 23 juin 1940 et, après avoir assommé le poète, y assassina Rose, la fidèle servante, et violenta Divine, la fille du poète. Quelques jours plus tard, la barbarie nazie fit de nouveau irruption dans le Manoir pour saccager, déchirer et brûler une grande partie des manuscrits inédits de Saint-Pol-Roux. Peut-être ne lui avait-on pas pardonné d’avoir, l’un des premiers, dénoncé dans sa Supplique du Christ en 1933 les violences antisémites de l’Allemagne hitlérienne. Ce fut le crime de trop et Saint-Pol-Roux en mourut à l’âge de 79 ans. Le Manoir de Cœcilian fut alors réquisitionné et occupé par les nazis, puis bombardé par les alliés en 1944.

Les ruines, après guerre, portaient les stigmates de l’Histoire, mais une restauration restait encore possible. Divine Saint-Pol-Roux, dans l’espoir de voir naître un jour un musée dédié à l’œuvre et à la mémoire de son père, fit don du Manoir à la municipalité de Camaret. Aucun projet ne se concrétisa et les années passant les ruines se ruinèrent davantage (voir des photographies des différents états du Manoir ici).

Aujourd’hui, il ne reste plus que quelques pierres et des vestiges de murs et de tourelles, offerts aux intempéries océaniques et aux piétinements des touristes. Aujourd’hui, comme hier, les pouvoirs publics n’envisagent aucune action pour sauvegarder ces ruines qui sont une part de la mémoire de Camaret, de l’Histoire et de la Poésie.

Nous refusons la fatalité et croyons qu’il est encore possible de sauver les ruines du Manoir de Cœcilian de la disparition.

Signons, nombreux, cette pétition afin d’alerter les pouvoirs publics et de commencer à agir, enfin !

Pour en savoir plus sur Saint-Pol-Roux, cliquez ici ou rendez-vous sur le site de la Société des Amis de Saint-Pol-Roux.