Défendre les marchands de journaux

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Depuis le 15 mai dernier, la société Presstalis a été placée en redressement judiciaire et ses dépôts filiales SAD et SOPROCOM ont été liquidées sans poursuite d’activités.

Cette décision brutale est le dernier épisode des crises qui secouent la filière de la distribution de la presse depuis plusieurs années. Elle s’avère surtout, très lourde de conséquences pour les quelques 11000 diffuseurs de presse qui dépendent de ces structures et qui subissent de plein fouet ce jugement en étant privés d’approvisionnements depuis 15 jours maintenant.

Ce sont des milliers d’hommes et de femmes qui se retrouvent aujourd’hui confrontés aux
conséquences économiques et financières très lourdes à court et moyen terme et qui entrent un peu plus chaque jour dans la précarité pour leurs activités ainsi que pour leurs salariés. En effet, aux recettes perdues ces derniers jours, s’ajoutent les difficultés liées à la situation sanitaire et le choix de beaucoup d’éditeurs de reporter leurs parutions et qui, dans le même temps, lorsqu’ils sont invités par les médias radio, TV ou sur les réseaux sociaux, font état de leurs propres difficultés et lancent des appels poignants à l’attention du public en les incitant à s’abonner, au nom de la liberté de la presse.
Nous craignons tous aujourd’hui de voir nos clients lassés d’attendre et, mal informés, se tourner définitivement vers l’abonnement ou le numérique et par l’ensemble de ces causes voir disparaître l’accès à la presse écrite et une partie de la vie démocratique de nos territoires.
Nous ne pouvons que regretter les comportements des uns et des autres et plus particulièrement le manquement des messageries Presstalis et MLP qui se doivent, comme le stipule la loi Bichet modifiée voici moins d’un an, de maintenir la continuité de la distribution de la presse sur tout le territoire. Ces manquements qui durent, le cruel défaut d’anticipation des mouvements sociaux et de préparation d’une nouvelle organisation nous paraissent être de lourdes fautes d’appréciation.
N’ayant pas vocation à réécrire et commenter les choix de la filière et du tribunal de commerce, nous ne pouvons cependant plus accepter d’être les victimes silencieuses de cette situation, surtout lorsque le courrier des mandat aires nous
rappelle à des obligations de paiement alors que les obligations de continuité de la distribution sont bafouées à notre encontre et nous font devenir le banquier de la filière.

Par contre, nous tenons à rappeler fermement que la distribution de la presse répond à une exigence impérative, une exigence qu’une démocratie se doit d’honorer, celle de la mise à disposition au plus près des citoyens de toute la diversité et de toute la richesse des publications, quelques soient les opinions qu’elles défendent et quelques soient les moyens financiers dont elles disposent. Or, cette exigence ne trouve son expression ultime ni dans les rédactions, ni dans les structures logistiques des messageries, mais bel et bien dans les linéaires du dernier maillon de la filière, chez les « jardiniers de la démocratie », les marchands de journaux, jugés indispensables à la vie de la Nation et autorisés à ce titre à rester ouverts pendant la période de confinement.
C’est pourquoi, nous en appelons à la responsabilité de tous les acteurs de cette filière pour que les messageries respectent impérativement leurs obligations et reprennent la distribution sur tout le territoire, ce qui doit être le préalable à tous versements d’aides de la part de l’état.

Il en va de notre survie économique. Il en va de la protection de nos salariés. Il en va de la nécessaire diffusion de proximité de la presse sur l’ensemble du territoire et de la vie démocratique de notre pays.