Un mort de plus, un mort de trop

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Par les avocats de la famille de Cédric CHOUVIAT : Arié ALIMI, William BOURDON et Vincent BRENGARTH ; Raphael GLUCKSMANN (député européen).

M. Le Ministre de l’Intérieur,

Vendredi dernier, Quai Branly à Paris : Cédric est au volant de son scooter 50 cm 3, un téléphone dans la main gauche (selon des sources policières). Il est alors contrôlé par une patrouille à l'angle de l'avenue de Suffren. Les insultes pleuvent et Cédric cherche à filmer le contrôle. Les policiers pratiquent alors la technique dite du « plaquage ventral ». Les jambes de Cédric Chouviat, en pantalon gris, s’agitent en vain.

Quelques instants plus tard, les forces de l'ordre remarquent que le visage de Cédric est bleu. Il est en arrêt cardiaque. Les résultats de l’autopsie, communiqués par le parquet de Paris font état d’une « manifestation asphyxique » avec une « fracture du larynx ». 

M. Le Ministre, 

Il est temps que notre police mette fin aux techniques d’immobilisation potentiellement létales, toutes ces pratiques qui entravent les voies respiratoires, étouffent et provoquent des asphyxies.

La France a été condamnée à deux reprises par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour l’utilisation de ces techniques, que la cour estime « hautement dangereuse pour la vie ».

M. Le Ministre, vous vous êtes dit ouvert à une suspension de cette pratique mais vous devez le faire immédiatement et ne pas attendre de nouveaux décès. Accédez à la demande de nombreuses familles de victimes, de nombreuses ONG et conformez-vous aux décisions de la Cour européenne des droits de l’Homme : interdisez purement et simplement le « pliage ventral » (qui consiste replier la personne sur elle-même en la maintenant assise, la tête appuyée sur les genou), le « plaquage ventral » (aussi appelé décubitus ventral) et les autres techniques dangereuses d’immobilisation. 

- 2003 : Mariame Getu Hagos, 24 ans. Mort à la suite d’un « pliage prolongé de la tête sur le cou et le thorax ».

- 2007 : Lamine Dieng, 25 ans. Asphyxié par plaquage ventral lors d’une interpellation policière nocturne.

- 2008 : Abdelhakim Ajimi, 22 ans. Asphyxié lors d’un contrôle avec plaquage ventral et clef d’étranglement.

- 2009 : Ali Ziri, 69 ans. Mort suite à un contrôle routier. Les agents de police ont reconnu l’avoir immobilisé en le pliant de force, les genoux et le thorax compressés contre les cuisses. Peu après Ali Ziri est victime d'un arrêt cardiaque.

- 2012 : Wissam El Yamni, 30 ans. Mort à la suite d’un pliage. Selon un collège d’experts : « Le maintien de M. El-Yamni (…) en « flexion » est de nature à entraîner un malaise hypoxique générateur d’un arrêt cardio-respiratoire asphyxique ».

- 2015 : Amadou Koumé, mort à la suite d'une clé d'étranglement. 

⁃ 2016 : Adama Traoré, mort le jour de ses 24 ans. Les policiers ont pratiqué un plaquage ventral.

M. Le Ministre,

Mettez fin à cette liste de la honte. De nombreux pays voisins, tels que la Suisse et la Belgique, ont interdit des pratiques dangereuses autorisées en France. Il est plus que temps que notre république suive leur exemple.

Toutes ces morts peuvent et doivent être évitées. La République doit assurer la sécurité de ses enfants. De tous ses enfants. Elle ne peut donc tolérer de telles pratiques au sein de sa police.