Les étudiantes sages-femmes en passerelle ont droit à des études gratuites !


Les étudiantes sages-femmes en passerelle ont droit à des études gratuites !
Le problème
Je suis étudiante sage-femme à l’école de Paris Saint-Antoine. Je souhaite partager la situation de deux de mes camarades.
Étudiantes en école de sages-femmes à Paris, nous ne sommes que 32 dans notre promotion, alors que 44 places étaient disponibles.
Pour devenir sage-femme, la voie classique consiste à intégrer, selon le bon vouloir de l’algorithme de Parcoursup, la PASS/LAS (ex-PACES), la fameuse première année de médecine. On intègre une école si l’on est classé·e en « rang utile ». Par cette voie, les études de sage-femme sont gratuites.
Il existe une autre voie ; faire une « passerelle ». Chaque école de sage-femme d’Île-de-France permet à deux ou trois étudiant·es d’intégrer ces études directement en deuxième ou troisième année. Ce dispositif très sélectif, qui existe depuis 2010, est pensé pour les personnes qui ont déjà un diplôme Bac+5. Par cette voie, les études sont devenues progressivement payantes depuis 2014, dans certaines régions seulement. À Paris, elles le sont depuis 2017.
Cette année, deux étudiantes ont intégré l’école de Saint-Antoine et trois autres étudiantes ont intégré l’école Baudelocque par ce biais.
La contrepartie de la passerelle est donc l’obligation de payer les études.
Les frais de mes deux camarades s’élèvent au total à 26 800 €, c’est-à-dire 6 700 € par année d’études, sur 4 ans. Il en est de même pour les étudiantes de Baudelocque. Ces frais sont en augmentation chaque année, pour des raisons inconnues.
Pourtant, tous les étudiant·es « passerelle » de maïeutique, médecine, odontologie, pharmacie ne subissent pas cette règle discriminatoire. L’application de celle-ci se fait selon le bon vouloir de la région, l'université ou l'école, voire au cas par cas.
Par exemple, les étudiant·es « passerelle » de l’école de sages-femmes de Saint-Quentin-en-Yvelines ont obtenu de ne pas payer ces frais exorbitants.
À Saint-Antoine et à Baudelocque, elles se battent actuellement pour obtenir un traitement égal, avec le soutien de l’ANESF, mais sans réponse de la région Île-de-France ni soutien de nos écoles.
Il me semble intolérable qu’au sein d’une même formation publique et gratuite, une infime partie des étudiant·es paient de telles sommes.
Ces étudiantes « passerelles » ont jusqu'à 4 enfants, ce qui s’ajoute aux 35h hebdomadaires de cours en présentiel et au travail personnel qui en découle. Elles ne peuvent donc pas travailler pour financer cette somme. Sans parler de la question des autres frais que la vie engendre, à savoir le loyer, la nourriture, les factures, qui ne sont que des charges en plus de cette obligation de payer les études, et que nous devons tous·tes, en tant qu’étudiant·e, assumer.
Par ailleurs, l’emprunt bancaire n’est pas une solution réaliste, car la capacité de remboursement, connaissant le salaire des sages-femmes, sera considérée comme presque nulle.
Nous souhaitons en premier lieu que cette règle injuste soit abrogée afin que tous·tes les étudiant·es sages-femmes aient un égal accès aux études et de vraies chances de réussite. On sait à quel point les personnes qui intègrent ce type de formation suite à une réorientation professionnelle sont considérées par les équipes pédagogiques comme éléments moteurs de leur classe. Mais face à ces sommes exorbitantes et au silence des administrations, elles sont près de baisser les bras, alors qu’il manque déjà douze personnes dans notre promotion.
Nous souhaitons aussi que davantage de places soient ouvertes en passerelle, notamment lorsque les promotions sont si peu remplies. Nous voulons de la transparence sur le choix du nombre de places disponibles en passerelle, qui change chaque année. La passerelle apporte à ce métier de très belles personnes, enthousiastes, motivées et riches de leurs expériences de vie passée, c’était d’ailleurs l’objectif de la création de ces passerelles.
Nous souhaitons enfin un meilleur accès aux aides sociales. La bourse de la région Île-de-France considère les passerelles et moi, à cause de la distance qui nous sépare de notre baccalauréat, comme étant en formation continue, et non initiale, ce qui nous en exclut. Il en est de même pour toute aide de Pôle Emploi. Nous ne rentrons dans aucune case qui nous permette d’accéder à des aides, et même les aides dérisoires ne sont pas cumulables (CPF, OPCA). Notre vie n’est qu’un vide administratif, et nous n’avons pour ainsi dire aucun revenu pour assumer nos charges familiales, de logement et de transport.
Aidez-nous à soutenir mes camarades de promotion dans leur projet. Aidez-nous à rendre les études de sages-femmes attractives et accessibles à tous·tes.
Il y va de leur histoire personnelle, mais aussi plus largement de l’accès aux études et la survie de la profession.
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Le problème
Je suis étudiante sage-femme à l’école de Paris Saint-Antoine. Je souhaite partager la situation de deux de mes camarades.
Étudiantes en école de sages-femmes à Paris, nous ne sommes que 32 dans notre promotion, alors que 44 places étaient disponibles.
Pour devenir sage-femme, la voie classique consiste à intégrer, selon le bon vouloir de l’algorithme de Parcoursup, la PASS/LAS (ex-PACES), la fameuse première année de médecine. On intègre une école si l’on est classé·e en « rang utile ». Par cette voie, les études de sage-femme sont gratuites.
Il existe une autre voie ; faire une « passerelle ». Chaque école de sage-femme d’Île-de-France permet à deux ou trois étudiant·es d’intégrer ces études directement en deuxième ou troisième année. Ce dispositif très sélectif, qui existe depuis 2010, est pensé pour les personnes qui ont déjà un diplôme Bac+5. Par cette voie, les études sont devenues progressivement payantes depuis 2014, dans certaines régions seulement. À Paris, elles le sont depuis 2017.
Cette année, deux étudiantes ont intégré l’école de Saint-Antoine et trois autres étudiantes ont intégré l’école Baudelocque par ce biais.
La contrepartie de la passerelle est donc l’obligation de payer les études.
Les frais de mes deux camarades s’élèvent au total à 26 800 €, c’est-à-dire 6 700 € par année d’études, sur 4 ans. Il en est de même pour les étudiantes de Baudelocque. Ces frais sont en augmentation chaque année, pour des raisons inconnues.
Pourtant, tous les étudiant·es « passerelle » de maïeutique, médecine, odontologie, pharmacie ne subissent pas cette règle discriminatoire. L’application de celle-ci se fait selon le bon vouloir de la région, l'université ou l'école, voire au cas par cas.
Par exemple, les étudiant·es « passerelle » de l’école de sages-femmes de Saint-Quentin-en-Yvelines ont obtenu de ne pas payer ces frais exorbitants.
À Saint-Antoine et à Baudelocque, elles se battent actuellement pour obtenir un traitement égal, avec le soutien de l’ANESF, mais sans réponse de la région Île-de-France ni soutien de nos écoles.
Il me semble intolérable qu’au sein d’une même formation publique et gratuite, une infime partie des étudiant·es paient de telles sommes.
Ces étudiantes « passerelles » ont jusqu'à 4 enfants, ce qui s’ajoute aux 35h hebdomadaires de cours en présentiel et au travail personnel qui en découle. Elles ne peuvent donc pas travailler pour financer cette somme. Sans parler de la question des autres frais que la vie engendre, à savoir le loyer, la nourriture, les factures, qui ne sont que des charges en plus de cette obligation de payer les études, et que nous devons tous·tes, en tant qu’étudiant·e, assumer.
Par ailleurs, l’emprunt bancaire n’est pas une solution réaliste, car la capacité de remboursement, connaissant le salaire des sages-femmes, sera considérée comme presque nulle.
Nous souhaitons en premier lieu que cette règle injuste soit abrogée afin que tous·tes les étudiant·es sages-femmes aient un égal accès aux études et de vraies chances de réussite. On sait à quel point les personnes qui intègrent ce type de formation suite à une réorientation professionnelle sont considérées par les équipes pédagogiques comme éléments moteurs de leur classe. Mais face à ces sommes exorbitantes et au silence des administrations, elles sont près de baisser les bras, alors qu’il manque déjà douze personnes dans notre promotion.
Nous souhaitons aussi que davantage de places soient ouvertes en passerelle, notamment lorsque les promotions sont si peu remplies. Nous voulons de la transparence sur le choix du nombre de places disponibles en passerelle, qui change chaque année. La passerelle apporte à ce métier de très belles personnes, enthousiastes, motivées et riches de leurs expériences de vie passée, c’était d’ailleurs l’objectif de la création de ces passerelles.
Nous souhaitons enfin un meilleur accès aux aides sociales. La bourse de la région Île-de-France considère les passerelles et moi, à cause de la distance qui nous sépare de notre baccalauréat, comme étant en formation continue, et non initiale, ce qui nous en exclut. Il en est de même pour toute aide de Pôle Emploi. Nous ne rentrons dans aucune case qui nous permette d’accéder à des aides, et même les aides dérisoires ne sont pas cumulables (CPF, OPCA). Notre vie n’est qu’un vide administratif, et nous n’avons pour ainsi dire aucun revenu pour assumer nos charges familiales, de logement et de transport.
Aidez-nous à soutenir mes camarades de promotion dans leur projet. Aidez-nous à rendre les études de sages-femmes attractives et accessibles à tous·tes.
Il y va de leur histoire personnelle, mais aussi plus largement de l’accès aux études et la survie de la profession.
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Les décisionnaires



Pétition lancée le 29 octobre 2021