Réanimons la Culture Club !

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Cette crise du Covid-19 en France semble donner lieu à une prise de conscience générale quant à la faible assimilation culturelle des musiques électroniques et de ses lieux de diffusion, alors même que l'on sait d'ores et déjà que de très nombreux établissements ne parviendront pas à surmonter cette crise du fait de la prolongation indéterminée de leur cessation d'activité. A défaut de sauver économiquement chaque établissement, il est urgent que les musiques électroniques, les DJs et les clubs dans leur ensemble soient enfin reconnus et traités comme des lieux culturels à part entière et non plus seulement comme des lieux de divertissement, d'émancipation et de mixité sociale. Evidemment, l'urgence sanitaire prévaut, il n'est pas question ici de la remettre en cause. Pour se cultiver et danser, il faut bien être vivant. Ce nouveau confinement nous invite à réfléchir, prendre du recul et définir de nouvelles perspectives pour bien rebondir et  mieux accompagner tous les professionnels qui se retrouvent trop démunis depuis de longs mois.

L'appellation Club Culture est apparue il y a plus de 40 ans dans l'histoire de la musique. Des genres musicaux aujourd'hui très populaires sont nés dans les clubs : disco, hip-hop, house, techno... La liste est longue ! Il serait temps, en France, que le monde de la culture fasse un effort intellectuel. Ce serait, en cette année tragique, un lot de consolation plus que bienvenu !

Récemment, Laurent Garnier évoquait dans une lettre ouverte le temps du "spectacle mort". Rappelons que de nombreux artistes de tout premier plan, qui comme lui font rayonner les musiques électroniques dans le monde entier depuis plusieurs décennies, ont commencé leur carrière dans un club : Daft Punk, David Guetta, DJ Snake, Martin Solveig, The Avener, Kungs et tant d'autres ! Ces carrières étincelantes ont pris vie dans la moiteur des clubs, grâce à l'alchimie unique qui anime les dancefloors, aux mutations technologiques et au génie créatif de ces artistes complets, désormais courtisés par les plus grandes stars de l'industrie musicale. Personne n'avait prédit la popularité des DJs, ni l'universalité éclatante des musiques électroniques. Tout cela a pris du temps et s'est construit grâce à l'existence d'un réseau de clubs, l'engagement de collectifs passionnés, la vision de labels avant-gardistes et l'adoubement de promoteurs souvent incompris. Tout cet héritage, ce solide patrimoine, mérite mieux que les ricanements de l'Assemblée nationale. 

Victimes tragiques de la crise sanitaire depuis le mois de Mars 2020, les clubs ont toujours été synonymes de rêve, de communion, de partage, de magie, d'amour et d'euphorie collective. Ils sont des générateurs d'émotions exceptionnelles et ils sont de précieux terrains de jeux pour tous ceux qui orchestrent la danse avec passion, audace et énergie. Les platinistes (ou disc-jockeys) donnent leur vie pour procurer du plaisir aux gens au même titre qu'ils les éduquent en promouvant sans relâche tous les genres de musique, indépendamment de toute pression, avec la plus grande dévotion. Les DJs sont les meilleurs serviteurs de la culture musicale, les clubs en sont les plus belles ambassades, de jour ou de nuit. 

Puisqu'ils accueillent du public, ces lieux de diffusion contribuent de fait à la rémunération des artistes et des ayant-droits, notamment via leurs redevances à la SACEM. Les clubs font partie du schéma économique du monde de la culture. Ils doivent donc être aidés quand ils sont contraints de rester fermés "jusqu'à nouvel ordre". En complément des aides économiques et financières qu'ils reçoivent, parce qu'ils sont des entreprises et des créateurs d'emploi, ils devraient être en mesure de percevoir des aides de la part du ministère de la culture au moment où ils ne sont pas en capacité de générer le moindre chiffre d'affaires.

Madame la ministre, chères institutions du monde de la culture, pour toutes ces raisons, il est temps de réanimer la Culture Club !