Petition updateCollectif des Mutualistes Inquiets par le projet de scission du Crédit Mutuel ArkeaTout ça pour ça ! Un conflit inutile et coûteux !
Collectif des Mutualistes Bretons Inquiets du CMB
Feb 3, 2023

Le Conseil d'État, par sa récente décision, valide les prérogatives de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM).

Son rôle de représentante unique des Caisses de Crédit Mutuel affiliées au réseau du Crédit Mutuel, auprès de l’ensemble des autorités monétaires est confirmé.

De même que « sa mission de veiller à la cohésion de ce réseau et de prendre toutes les mesures nécessaires, afin de garantir la stabilité financière de celui-ci et la protection des déposants et sociétaires »

Nous devrions enfin voir la fin d’un conflit qui n’avait pas lieu d’être, conflit très onéreux sur le plan financier (1), dommageable pour l’image de l’institution et source de tensions artificielles entre les tenants d’une indépendance chimérique et les sociétaires, soucieux de préserver la solidarité nationale et la vocation mutualiste de notre banque régionale, dans le cadre d’une autonomie garantie par les statuts confédéraux.

L’engagement du maintien de l’emploi et des centres de décisions décentralisés a été dès l’origine clairement affirmé par le Président Confédéral.

Il n’est pas inutile de rappeler l’origine de ce conflit, né de la volonté de pouvoir de dirigeants soucieux avant tout de préserver leurs privilèges et leurs rémunérations hors normes.

Nous avons tous en mémoire, la rémunération extravagante d’un président, rémunération illégale au regard de la loi sur les coopératives de 1947, qui trouve le moyen d’obtenir après sa démission, une indemnité de 2,5 millions d’euros.

Nous nous souvenons également d’un directeur général qui, à l’issue d’une démission–licenciement, perçoit une indemnité de 5 millions d’euros.

Pendant ce temps, le réseau des caisses locales et des points de vente s’atrophie, la présence dans les bourgs ruraux s’étiole, au nom d’une rentabilité insuffisante.

Or, les excellents résultats financiers du groupe Arkéa devraient, au contraire, lui permettre de préserver cette densité d’implantation, cet ancrage dans la population de notre Bretagne, cette proximité qui a permis au CMB de s’étendre et de se développer. 

Et maintenant ? Les négociations continuent ?

Mais que négocier ? 

La décision du Conseil d’État est claire. Comment peut-on laisser penser qu’Arkea a gagné alors qu’il a manifestement perdu ?

Certes, il convient de ne pas mettre à terre l’adversaire vaincu, de lui permettre de s’en tirer sans l’humilier. 

Mais encore faudrait-il que le Crédit Mutuel Arkéa tire les leçons de cette décision au lieu de continuer à s’enferrer dans une contestation sans fin.

Nous comprenons parfaitement la nécessité de préserver l'avenir et un fonctionnement harmonieux de la Confédération qui implique le retour du Crédit Mutuel Arkéa au sein du Conseil d’Administration national.

Il est nécessaire de panser les plaies, mais il ne faudrait pas que la Confédération, par souci de mansuétude, en vienne à se montrer « trop bonne » envers un groupe qui n’a eu de cesse de contester son rôle et son autorité. 

Elle devra veiller à ce que le Crédit Mutuel Arkéa retrouve un vrai fonctionnement démocratique et mutualiste: les sociétaires doivent à nouveau pouvoir s’exprimer au sein d’Assemblées Générales annuelles et non au cours de journées portes ouvertes où leur expression est nécessairement bridée.

Le problème des dénominations sociales et commerciales 

Reste le problème du nom.

Nous ne voyons guère d’inconvénient à ce que les filiales aient leur dénomination propre comme c’est déjà le cas.

Que Fortuneo continue à s’appeler Fortuneo, Suravenir Suravenir ne pose pas de difficultés.

Il est simplement regrettable que les sociétaires ne puissent être informés de l’appartenance de ces filiales au groupe Crédit Mutuel.

Par contre débaptiser les Caisses de Crédit Mutuel de Bretagne nous poserait un sérieux problème.

Changer leur appellation serait la négation de notre histoire, de notre identité.

Les sociétaires ont adhéré à leur Caisses de Crédit Mutuel en connaissance de cause et non à la banque X ou Y. 

Les deux termes ont leur importance : Mutuel avec ce que signifie ce mot en terme de solidarité et Bretagne, notre ancrage dans notre région.

Nos amis du Sud-Ouest tiennent également à ce que cette référence figure dans leur nom.

Changer l’appellation pourrait être le signe d’une volonté d’expansion au-delà des frontières actuelles et de s’étendre sur les terres d’autres fédérations.

Bien entendu nous excluons une telle possibilité qui serait à nouveau source de conflits avec l’ensemble du Crédit Mutuel.

Les filiales permettent déjà un développement bien au-delà de nos frontières historiques, elles seules peuvent continuer à porter la marque Arkéa hors de la Bretagne.

Nous mettons en garde les administrateurs sur les risques qu’ils prendraient s’ils s’orientaient dans cette voie néfaste.

Nous espérons la fin de ces luttes intestines et que le Crédit Mutuel retrouve enfin calme et sérénité.

Mais nous resterons vigilants.

(1)- il serait intéressant de connaître le coût de ce conflit.

Il a mobilisé de nombreux cabinets de conseils et d'avocats (plus de 20 procès, tous perdus), usé le personnel et suscité nombre de campagnes de communication.

 

 

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