Aggiornamento sulla petizioneCollectif des Mutualistes Inquiets par le projet de scission du Crédit Mutuel ArkeaL'Amazon de la banque : l'exploitation de nos données fait sa valeur...
Collectif des Mutualistes Bretons Inquiets du CMB
23 nov 2019

Vous souvenez-vous ? Arkéa se veut l'Amazon de la banque.

Brillant projet : nous sommes loin du Crédit Mutuel lorsque ses dirigeants font des GAFA leur modèle et leur horizon.

Belle ambition que celle de prétendre créer au fond de la rade de Brest le leader mondial de l'exploitation et de la commercialisation des données de millions de clients !
Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit et Ronan Le Moal le dit très clairement dans une interview au journal du Net.

Cette banque « collaborative », il ne parle plus de mutualisme, permettrait à « des acteurs tiers d'accéder à notre base de données ».

Le but ? 

"Créer un écosystème totalement agnostique dans lequel la banque ne chercherait pas forcément à faire le métier de banquier ".

Donc, notre belle banque régionale adossée à son territoire deviendrait une plate-forme collaborative multi-services, multi-partenariale, éloignée de sa vocation initiale. Voici donc l'avenir radieux proposé aux sociétaires du CMB et au CMSO qui viendraient se dissoudre dans cette entité nébuleuse.

C'est bien l'objet de cette quête d'indépendance, que de s'abstraire de toute contrainte territoriale, de disposer comme bon semblera à ses dirigeants de nos données, pour les mettre à la disposition de tiers, pour créer de la valeur bien sûr.

Un grand projet.

Mais là est bien le problème.

Arkéa dispose d'un volume considérable d'informations sur ses clients-sociétaires, particuliers et entreprises. L'exploitation de ces données et en particulier la connaissance de vos achats au travers des paiements collectés par la banque permet d'étudier votre profil, votre comportement et d'anticiper vos désirs de consommation, de susciter l'achat en vous proposant les produits et services de partenaires susceptibles de vous séduire.

Qui seront ces partenaires ?

Extrapolation abusive ? Non, cet objectif est clairement affirmé dans différentes prises de parole des dirigeants : ce n'est plus le service au sociétaire devenu client qui prime, c'est l'utilisation et la collecte des données qu'il génère qui vont faire vivre un écosystème sur lequel vont surfer les partenaires que vous ne connaîtrez pas mais qui eux connaîtront vos goûts, vos habitudes, vos modes de consommation, votre comportement.

Avons-nous bien compris toutes les implications de ce modèle qu'ambitionne de créer Arkéa ? Voilà qui pose pour le moins un problème éthique.

En Europe, nous considérons que les datas sont la propriété de l'individu, aux États-Unis les données appartiennent à quelques grandes entreprises, les modèles d'Arkéa, qu'en pensent les sociétaires ?

Sommes-nous des hommes et des femmes du temps d'avant pour ne pas comprendre la beauté de cette ambition ?

Est-il illégitime de s'interroger ?

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