
Où en est Arkéa ? La banque « agile » semble avoir beaucoup perdu de sa vélocité. L’indépendance présentée comme une évidence indispensable à son développement peine à convaincre.
Visiblement elle redoute l’avis des sociétaires.
Elle devait leur donner la parole, depuis deux ans elle annonce des Assemblées Générales Extraordinaires où ils pourraient enfin se prononcer et dire ce qu’ils pensent de ce funeste projet.
Las, ces annonces sont suivies de reports systématiques...aux calendes grecques.
Il est vrai qu’Arkéa, préalablement à ces AGE, serait contraint de remettre un dossier équilibré où les mutualistes opposés à la scission, à la transformation de leur Crédit Mutuel en une entité financière à statut imprécis, pourraient exposer leurs thèses et signifier leur refus de voir disparaître leurs caisses locales.
Nous savons aussi que la rupture de la solidarité nationale a un coût , les agences de notation ne manquent pas de le faire savoir.
Les dommages du divorce seraient également à assumer par Arkéa : la Confédération Nationale ne peut laisser passer ce départ sans indemnités compensatoires.
L’argent des sociétaires ne peut continuer à être ainsi gaspillé par des dirigeants avides de pouvoir (rappelons le financement de multiples publicités et manifestations en faveur de leur projet). Le silence des autorités monétaires témoigne de leur grande perplexité face à ce dossier: ce « beau » projet ne pouvait, affirmaient les scissionnistes, que recueillir leur aval. Il n’en est rien.
Le constat est simple : le dossier remis par Arkéa est toujours aussi insatisfaisant, appelle de nouvelles questions, de nouvelles interrogations sans que les très grandes réserves émises par ces autorités soient levées.
L’obstination absurde de dirigeants aventuristes génère un climat d’inquiétude chez les salariés fortement divisés et chez les sociétaires. Elle ne peut qu’affaiblir l’entreprise en divisant son corps social, alors que l’autonomie est garantie, qu’il n’existe aucun risque de centralisation des décisions, aucun risque pour l’emploi . Devenir l’Amazon de la banque n’est pas la destinée du CMB et du CMSO.
Il serait tant que ce soit sifflée la fin de la partie, les réserves et les réticences ne suffisent plus. Il en va de l’avenir de nos deux fédérations de Crédit Mutuel.