Michael J. Carley, vecteur de propagande pro-Poutine à l'UdeM

Le problème

M. Daniel Jutras, M. Frédéric Bouchard, M. Jacques Y. Perreault, Mme Christine Rothmayr, M. Frédéric Mérand,

Dans l’article de Romain Schué, publié le 23 mars 2022 à 12h37 par Radio-Canada, intitulé “Malaise à l’UdeM, un professeur pro-Poutine défend l’invasion russe”, il est question de M. Michael Jabara Carley, travaillant au Département d’histoire de l’Université de Montréal en tant que professeur titulaire. Il a été, dans le passé, directeur de ce même département et se spécialise dans l’étude des relations entre la Russie et les pays occidentaux. Bien qu’il n’enseigne pas à la session d’hiver 2022, M. Carley a notamment été responsable de diriger les cours suivants : 

HST2296 - La Seconde Guerre mondiale
HST2297 - Histoire de la Guerre froide 
HST3259 - Relations internationales : URSS et Russie
HST6701 - L’URSS/la Russie et l’Occident, de 1917 à nos jours

Le journaliste, dès les premières lignes de son texte, revient sur des messages propagandistes particulièrement frappants publiés par M. Carley sur Twitter depuis le début de l’invasion russe en Ukraine le 24 février 2022. 

“Les troupes russes combattent les « fascistes » en Ukraine. « L’évacuation des civils » est bloquée par « les troupes d’Azov, les fascistes ». « L’horreur du fascisme en Ukraine devient de plus en plus évidente ». « Le Donbass et Marioupol sont en train d’être nettoyés des nazis ukrainiens” - Romain Schué, citant les tweets de M. Carley

Dans l’ensemble de ces messages sur Twitter depuis le 24 février 2022, et même avant, M. Carley soutient une position nettement pro-Poutine, basée sur un discours de propagande anti-ukrainien. En procédant à un clair et net révisionnisme historique, le professeur d’histoire profite de la liberté des réseaux sociaux afin de démontrer son point de vue personnel sur une guerre. M. Carley adopte et met en avant la position de la Russie, définitivement s’ancrant dans une histoire revue, refaite et réécrite dans un objectif politique. Il emploie notamment des termes caractéristiques au discours de désinformation du Kremlin, tels que "fascistes", “néonazis”, partage des publications de médias pro-russes (Sputnik, RT), 

d’institutions officielles russes (Ambassade de la Russie au Canada, Ministère de la Défense de la Russie) tout en faisant la promotion d’un discours de haine et de guerre. En annexe de cette lettre ouverte, vous trouverez des captures d’écran, montrant uniquement la surface d’un problème bien plus profond. 

En effet, tel que l’avance M. Schué dans son article, le plus stupéfiant a été la réaction de l’Université de Montréal. Mme Geneviève O’Meara, porte-parole, a notamment spécifié que “[M. Carley] peut exprimer son opinion sur les réseaux sociaux, bien que celle-ci détonne avec les propos d’autres experts sur le sujet”. 

 Or, selon l’article 5 du Règlement disciplinaire concernant les membres du personnel enseignant de la Convention collective intervenue entre l’Université de Montréal et le Syndicat Général des Professeurs et Professeures de l’Université de Montréal (SGPUM), “Nul ne peut, dans le cadre d'activités de recherche ou d’enseignement, [...] aller à l’encontre de ses obligations en matière de probité intellectuelle, notamment en induisant délibérément en erreur les membres de la communauté scientifique ou toute autre personne, [...].”. L’article 7 du même document prévoit que “Toute personne qui enfreint le présent règlement est passible de réprimande, de suspension ou de renvoi de l'Université”. 

Ainsi, considérant que M. Michael Jabara Carley a délibérément induit en erreur des centaines, voire des milliers, d’étudiants et de membres de la communauté scientifique en ce qui concerne la guerre que la Russie mène contre l’Ukraine depuis 2014, ayant pris une ampleur bien plus grande le 24 février 2022, il est passible de réprimande, de suspension ou de renvoi de l’Université de Montréal. 

M. Jutras, en tant que recteur de l’Université de Montréal et premier représentant de notre institution au Québec, au Canada et à l’étranger, il est de votre responsabilité de faire respecter la vérité au sein de l’Université. Après de nombreux scandales concernant la liberté académique dans les dernières années, nous vous demandons de considérer cette notion avec un recul, puisqu’elle ne doit pas cautionner la diffusion de fausses informations qui contreviennent à la rigueur intellectuelle que l’on prône à l’Université de Montréal. 

M. Bouchard, en tant que doyen de la Faculté des Arts et des Sciences de l’Université de Montréal, nous vous demandons de considérer cette situation d’urgence, puisqu’elle a un impact direct sur la renommée de notre faculté, pour le moment associée à un membre du corps professoral diffusant de la propagande infondée scientifiquement. 

M. Perreault, en tant que directeur du Département d’histoire de l’Université de Montréal, nous vous prions de prendre les mesures nécessaires au sein même du département, en vous concertant notamment avec les membres de l’Assemblée Départementale afin que les propos de M. Carley, et le professeur lui-même, soient sanctionnés. Il est, entre autres, question de limiter ses possibilités de direction de mémoire et de thèse, puisque la position de directeur de recherche entraîne une forte influence sur les étudiants des cycles supérieurs. 

Mme Rothmayr, en tant que directrice du Département de science politique de l’Université de Montréal, nous vous demandons d’également considérer cette situation. Bien qu’elle ne concerne pas notre département sur le plan institutionnel, de nombreux étudiants suivent et ont suivi les cours de M. Carley, donc ont été directement sous son influence. Il est nécessaire de revoir la place de ses cours dans les cursus proposés par le Département. 

M. Mérand, en tant que directeur scientifique du Centre d’Études et de Recherches Internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM), nous vous remercions pour votre position claire exprimée dans l’article de M. Schué, et vous demandons d’exclure M. Carley du CÉRIUM. Le centre de recherche prône l’esprit critique, la méthode scientifique et l’analyse rigoureuse d’événements de l’actualité, ce à quoi contrevient totalement M. Carley. 

En somme, nous ne demandons pas à l’Université de Montréal de prendre une position politique. Il est ici plutôt question de valeurs particulièrement chères aux membres de la communauté étudiante, du corps professoral et du personnel : rigueur scientifique et intellectuelle, vérité, liberté académique, esprit critique. 

Cordialement, 

 

 

 

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Le problème

M. Daniel Jutras, M. Frédéric Bouchard, M. Jacques Y. Perreault, Mme Christine Rothmayr, M. Frédéric Mérand,

Dans l’article de Romain Schué, publié le 23 mars 2022 à 12h37 par Radio-Canada, intitulé “Malaise à l’UdeM, un professeur pro-Poutine défend l’invasion russe”, il est question de M. Michael Jabara Carley, travaillant au Département d’histoire de l’Université de Montréal en tant que professeur titulaire. Il a été, dans le passé, directeur de ce même département et se spécialise dans l’étude des relations entre la Russie et les pays occidentaux. Bien qu’il n’enseigne pas à la session d’hiver 2022, M. Carley a notamment été responsable de diriger les cours suivants : 

HST2296 - La Seconde Guerre mondiale
HST2297 - Histoire de la Guerre froide 
HST3259 - Relations internationales : URSS et Russie
HST6701 - L’URSS/la Russie et l’Occident, de 1917 à nos jours

Le journaliste, dès les premières lignes de son texte, revient sur des messages propagandistes particulièrement frappants publiés par M. Carley sur Twitter depuis le début de l’invasion russe en Ukraine le 24 février 2022. 

“Les troupes russes combattent les « fascistes » en Ukraine. « L’évacuation des civils » est bloquée par « les troupes d’Azov, les fascistes ». « L’horreur du fascisme en Ukraine devient de plus en plus évidente ». « Le Donbass et Marioupol sont en train d’être nettoyés des nazis ukrainiens” - Romain Schué, citant les tweets de M. Carley

Dans l’ensemble de ces messages sur Twitter depuis le 24 février 2022, et même avant, M. Carley soutient une position nettement pro-Poutine, basée sur un discours de propagande anti-ukrainien. En procédant à un clair et net révisionnisme historique, le professeur d’histoire profite de la liberté des réseaux sociaux afin de démontrer son point de vue personnel sur une guerre. M. Carley adopte et met en avant la position de la Russie, définitivement s’ancrant dans une histoire revue, refaite et réécrite dans un objectif politique. Il emploie notamment des termes caractéristiques au discours de désinformation du Kremlin, tels que "fascistes", “néonazis”, partage des publications de médias pro-russes (Sputnik, RT), 

d’institutions officielles russes (Ambassade de la Russie au Canada, Ministère de la Défense de la Russie) tout en faisant la promotion d’un discours de haine et de guerre. En annexe de cette lettre ouverte, vous trouverez des captures d’écran, montrant uniquement la surface d’un problème bien plus profond. 

En effet, tel que l’avance M. Schué dans son article, le plus stupéfiant a été la réaction de l’Université de Montréal. Mme Geneviève O’Meara, porte-parole, a notamment spécifié que “[M. Carley] peut exprimer son opinion sur les réseaux sociaux, bien que celle-ci détonne avec les propos d’autres experts sur le sujet”. 

 Or, selon l’article 5 du Règlement disciplinaire concernant les membres du personnel enseignant de la Convention collective intervenue entre l’Université de Montréal et le Syndicat Général des Professeurs et Professeures de l’Université de Montréal (SGPUM), “Nul ne peut, dans le cadre d'activités de recherche ou d’enseignement, [...] aller à l’encontre de ses obligations en matière de probité intellectuelle, notamment en induisant délibérément en erreur les membres de la communauté scientifique ou toute autre personne, [...].”. L’article 7 du même document prévoit que “Toute personne qui enfreint le présent règlement est passible de réprimande, de suspension ou de renvoi de l'Université”. 

Ainsi, considérant que M. Michael Jabara Carley a délibérément induit en erreur des centaines, voire des milliers, d’étudiants et de membres de la communauté scientifique en ce qui concerne la guerre que la Russie mène contre l’Ukraine depuis 2014, ayant pris une ampleur bien plus grande le 24 février 2022, il est passible de réprimande, de suspension ou de renvoi de l’Université de Montréal. 

M. Jutras, en tant que recteur de l’Université de Montréal et premier représentant de notre institution au Québec, au Canada et à l’étranger, il est de votre responsabilité de faire respecter la vérité au sein de l’Université. Après de nombreux scandales concernant la liberté académique dans les dernières années, nous vous demandons de considérer cette notion avec un recul, puisqu’elle ne doit pas cautionner la diffusion de fausses informations qui contreviennent à la rigueur intellectuelle que l’on prône à l’Université de Montréal. 

M. Bouchard, en tant que doyen de la Faculté des Arts et des Sciences de l’Université de Montréal, nous vous demandons de considérer cette situation d’urgence, puisqu’elle a un impact direct sur la renommée de notre faculté, pour le moment associée à un membre du corps professoral diffusant de la propagande infondée scientifiquement. 

M. Perreault, en tant que directeur du Département d’histoire de l’Université de Montréal, nous vous prions de prendre les mesures nécessaires au sein même du département, en vous concertant notamment avec les membres de l’Assemblée Départementale afin que les propos de M. Carley, et le professeur lui-même, soient sanctionnés. Il est, entre autres, question de limiter ses possibilités de direction de mémoire et de thèse, puisque la position de directeur de recherche entraîne une forte influence sur les étudiants des cycles supérieurs. 

Mme Rothmayr, en tant que directrice du Département de science politique de l’Université de Montréal, nous vous demandons d’également considérer cette situation. Bien qu’elle ne concerne pas notre département sur le plan institutionnel, de nombreux étudiants suivent et ont suivi les cours de M. Carley, donc ont été directement sous son influence. Il est nécessaire de revoir la place de ses cours dans les cursus proposés par le Département. 

M. Mérand, en tant que directeur scientifique du Centre d’Études et de Recherches Internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM), nous vous remercions pour votre position claire exprimée dans l’article de M. Schué, et vous demandons d’exclure M. Carley du CÉRIUM. Le centre de recherche prône l’esprit critique, la méthode scientifique et l’analyse rigoureuse d’événements de l’actualité, ce à quoi contrevient totalement M. Carley. 

En somme, nous ne demandons pas à l’Université de Montréal de prendre une position politique. Il est ici plutôt question de valeurs particulièrement chères aux membres de la communauté étudiante, du corps professoral et du personnel : rigueur scientifique et intellectuelle, vérité, liberté académique, esprit critique. 

Cordialement, 

 

 

 

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Pétition lancée le 23 mars 2022