Meurtre prescrit à cause d'un dossier perdu par la Justice

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Par la présente, j’aimerais vous faire part d’une tragédie qui s’est abattue sur ma famille: le meurtre de mon frère Mohamed qui aujourd’hui est prescrit à cause d’un dossier perdu.

Mon frère Abdelhadi Mohamed, 27 ans, disparaît de Villefranche-sur-Saône le 9 décembre 2001. Nous avons tout mis en œuvre pour sa recherche afin de comprendre sa disparition soudaine ( affiches, recherche dans l’intérêt des familles ouverte, détective privé, association de recherche de personnes disparues...).

En 2005, l’espoir revient car un témoin jure avoir vu et parlé avec Mohamed à Châlon- sur-Saône, témoin auditionné et fiable selon les enquêteurs. Malheureusement les recherches n’ont pu concrétiser ses dires.

Après sept années de recherches, d’anxiété et de souffrances, c’est en 2008 que notre inquiétude fut prise au sérieux, que mes parents dépassent l’accueil du commissariat de Villefranche-sur-Saône pour être reçus dans un bureau afin d’ouvrir une enquête pour disparition inquiétante. Ils déposent donc une plainte pour relancer l’enquête, et de nouvelles investigations sont menées et le dossier est même transmis à Châlon-sur-Saône en raison de pistes possibles. Là encore, l’enquête n’aboutit à rien et se conclue rapidement en créditant mon frère d’avoir changer de vie en se rachetant une autre identité. Nous ne pouvions croire à cette théorie sans rechercher à justifier la disparition soudaine de Mohamed. Malgré notre entêtement qu’il lui était arrivé quelque chose de grave car on ne disparaît pas sans rien prendre (chargeur téléphone, vêtements, argent, nécessaires de toilette...). Il aimait tellement sa famille, c’était notre pilier, notre modèle .

Le 20 juin 2016, tel un couperet, on nous annonce que notre frère a été tué ce dimanche soir 9 décembre 2001 par un père et ses deux fils qui pour parfaire leur crime odieux, ont caché, dissimulé et abandonné le corps de notre frère pendant sept années dans une cave avant de l’ensevelir dans un bois proche de chez nous. Ces ossements disloqués seront retrouvés le 21 juin 2016. Comment ne pas imaginer ce que fut le calvaire de notre frère face à ses bourreaux qui, sadiquement, avec lâcheté, l’ont fracturé, torturé jusqu’à ce que mort s’en suive. Sur dénonciation les criminels devaient avouer leur crime 15 ans après.
Le calvaire que nous vivons nous a anéanti. Nous attendons de notre Justice qu’elle redonne à titre posthume, l’honneur de notre frère Mohamed, afin que nous puissions le retrouver dans notre deuil.

Depuis le 29 mars 2018, la Cour d’Appel de Lyon à prescrit le crime et libéré les assassins grâce à une négligence de notre Justice qui a perdu la plainte de 2008 et toutes les pièces de procédures représentant des actes d’interruption de la prescription. Pourtant la loi stipule que tout acte de procédure fait redémarré la prescription de zéro. Comment ces dossiers ont-ils pu se volatilisés de deux commissariats dans deux villes différentes?

Depuis le 20 juin 2016, de Cour d’Appel en Cour de Cassation les meurtriers cherchent par tous les moyens à échapper encore à notre Justice, celle que tout citoyen est en droit d’attendre.

Le droit à la Justice est un droit commun, universel, présent en France et qui doit être respecté.

Au regard de quinze années d’impunité de ceux qui ont assassinés notre frère, nous vivons repliés dans notre souffrance allant d’un peu d’espoir à la désillusion.

Nous voulons croire à notre Justice, celle qui sait reconnaître notre droit afin de rendre à notre frère et à sa famille l’honneur qui lui est dû sinon ce serait assassiner une deuxième fois notre frère, pour plonger et incarcérer toute notre famille à poursuivre notre vie dans une douleur atroce et interminable. Pour s’honorer elle ne peut pas nous abandonner pour l’abominable crime qu’a subit Mohamed. Rejeter un tel crime dans l’impunité , ce serait ouvrir la porte à d’autres crimes et pour quelle Justice?


Comme tout citoyen de notre pays, nous voulons vivre dans le respect de notre devise Républicaine « Liberté Égalité Fraternité » dans la dignité.

Notre famille Abdelhadi, partie civile, en attente d’une justice à la hauteur des faits, ne pourrait se concevoir sans que justice soit rendue pour le crime de notre frère Mohamed Abdelhadi.

Merci.



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