
D'excellents résultats au prix d'une précarisation accrue
Mais la réussite allemande ne vient pas sans sacrifice: dans une société où l'emploi sert d'indicateur social essentiel, retrouver un travail devient une nécessité absolue pour les individus, quitte à accepter des situations précaires. L'Allemagne a vu se développer de nouvelles formes de travail, comme les «mini-jobs», ces emplois à temps partiel souvent utilisés en complément d'un autre travail et où le salaire plafonne à 450 euros par mois. En Allemagne, le temps partiel représentait près de 27% du total de l'emploi en 2017, selon Eurostat, contre 18% en France. L'écart est encore plus parlant si l'on observe le cas particulier des femmes: 47% d'entre elles travaille à temps partiel en Allemagne, contre moins de 30% en France.
De plus, les emplois dits «atypiques», autrement dit ceux «durant une période limitée, […] à temps partiel jusqu'à 20h hebdomadaires» ou proposés par une agence de travail intérimaire restent très présents. Selon Destatis, l'équivalent allemand de l'Insee, «une personne sur cinq âgée de 15 à 64 ans avait un emploi atypique en 2016», un taux relativement stable depuis trois ans, autour de 21% de l'emploi total. En 2017, 7,71 millions de personnes occupaient un tel type d'emploi, contre moins de 5 millions vingt ans plus tôt, avant les réformes. Ces salariés précarisés connaissent une situation financière délicate et enchaînent par la suite avec de petites retraites.
Le figaro.fr | Mis à jour le 05/03/2019 à 09:58/ Publié le 05/03/2019 à 06:00