Petition updateNON à l'ouverture d'un bar d'identitaires en plein centre de Lille. POUR sa fermeture.Mais alors, que faire pour le faire fermer ce bar de Fachos......
Joe DABITLille, France
Oct 6, 2016 — http://www.lepoint.fr/societe/bar-identitaire-a-lille-l-aveu-d-impuissance-des-pouvoirs-publics-06-10-2016-2073920_23.php Bar identitaire à Lille : l'aveu d'impuissance des pouvoirs publics. L'ouverture d'un cercle privé ouvertement xénophobe dans la préfecture du Nord suscite la bronca des associations antiracistes... Mais pas seulement. PAR BAUDOUIN ESCHAPASSE Publié le 06/10/2016 à 08:56 | Le Point.fr La polémique ne cesse d'enfler depuis l'ouverture de La Citadelle dans le centre de Lille. Cet établissement qui se présente comme un cercle privé a été inauguré le 24 septembre dernier par Aurélien Verhassel, 31 ans, chef de file de la cellule locale du mouvement Génération identitaire. Le lieu était, en réalité, ouvert aux adhérents de l'association La Citadelle depuis janvier 2015. "Nous avons juste voulu fêter la fin des travaux d'aménagement car lorsque nous avons pris possession du local, c'était une ruine", explique Aurélien Verhassel, fondateur en 2002 des Jeunesses identitaires de Flandres et du Hainaut. L'ancien étudiant en droit et en sciences politiques à l'université de Lille, qui se présente comme consultant en communication politique, a tout lieu de se réjouir de la médiatisation qui a accompagné l'inauguration de ce "bar associatif" (plutôt une "maison de l'identité", corrige-t-il). Selon lui, cette ouverture permettra de renforcer "l'enracinement local" de son mouvement, qui a multiplié depuis deux ans les opérations "coup de poing" dans le département. Qu'il s'agisse de la création d'une "milice anti-racaille" patrouillant dans le métro lillois en 2014. Ou de la manifestation d'une poignée de jeunes "identitaires" sur le toit de la gare d'Arras en août 2015, pour exiger "l'expulsion des islamistes". Les identitaires se sont aussi illustrés récemment en barrant l'accès de la "Jungle" de Calais aux migrants. C'était en mars dernier. 200 inscriptions en plus en septembre Les fondateurs de La Citadelle (association enregistrée bien avant janvier 2015 puisque ses statuts ont été déposés en préfecture en octobre 2013) revendiquaient, avant le 24 septembre, 300 adhérents. Ils seraient aujourd'hui 517 membres à jour de cotisation. Leur "maison de l'identité" n'est, de fait, accessible qu'aux seuls adhérents. Une association qui défend, selon Aurélien Verhassel, les "valeurs" de la culture flamande. Une "défense" qui prend la forme d'un club de "sports de combat" qui se réunit trois fois par semaine dans le bar. "On pousse les tables pour les entraînements", affirme Aurélien Verhassel, qui fait aussi office de moniteur de boxe thaïe. Un ciné-club se réunit également dans les lieux. Comme un négatif du "camp décolonial" qui s'est tenu à Reims à la fin du mois d'août et qui était "interdit aux Blancs", ce club est "réservé", selon les termes mêmes de ce militant d'extrême droite, aux "seuls patriotes sincères, helléno-chrétiens et Européens de souche". Ce qui, de facto, en interdit l'accès aux personnes de couleur. Quand on l'interroge sur ce point, la réponse d'Aurélien Verhassel est sans ambiguïté. "J'ai bien prononcé ces mots et je les maintiens ; (...) mais j'ai toujours nuancé mon propos en disant que la France était un pays de marchands, de marins et qu'il y avait toujours eu des apports extérieurs, mais que ces apports devaient rester d'infimes exceptions et non devenir la norme", nous écrit-il sans pour autant dévoiler le nombre d'"exceptions" qu'il a faites jusque-là en acceptant dans ses rangs des Noirs ou des Maghrébins. Il se contente de laisser entendre que des Antillais ont déjà été admis dans ses locaux. Une ségrégation qui s'assume Face à cette initiative, les associations antiracistes n'ont pas tardé à monter au créneau. L'antenne locale de la Ligue internationale contre la racisme et l'antisémitisme (Licra) a ainsi vigoureusement condamné l'association qui porte le projet "Citadelle". "En ces temps troubles, où les valeurs de la République sont menacées, il est inacceptable de voir apparaître des mouvements identitaires de tous bords (café identitaire d'extrême droite à Lille, camp anti-colonial à Reims)", dénonce Laure Michel, présidente de la Licra-Lille Métropole, qui entend "combattre" tous ceux qui "vont à l'encontre des valeurs de la République française et qui divisent le peuple français". "Ces individus qui se prétendent identitaires n'ont visiblement rien compris à ce qui fonde l'identité du Nord", confie, pour sa part, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, lui-même originaire de Valenciennes. "La culture nordiste s'est, en effet, forgée au contact des multiples peuples qui y sont venus au fil des siècles", affirme-t-il. "Hier les Belges, les Polonais, les Italiens ; plus récemment les immigrés d'origine maghrébine ou subsaharienne. Tous ont contribué à façonner cette identité du Nord", poursuit Dominique Sopo, qui souligne que, "chaque vague d'immigration s'est retrouvée critiquée par de pseudo-identitaires qui estimaient que l'ancrage local des nouveaux arrivés n'était pas assez ancien pour légitimer leur présence sur place". Une forte réaction populaire Le 24 septembre dernier, plus de 500 manifestants se sont pressés dans le Vieux Lille, à proximité de la grande place, pour demander la fermeture de La Citadelle. La préfecture, craignant des débordements et même des violences, avait pourtant interdit tout rassemblement dans le périmètre de la rue des Arts et de la rue Carnot. Une pétition lancée par Josiane Dabit, conseillère municipale Europe Écologie-Les Verts (EELV), a, à ce jour, recueilli plus de 67 000 signatures hostiles à ce bar identitaire. Elle sera remise prochainement à la maire de Lille et au préfet de région, Michel Lalande. Face à ce vaste mouvement populaire, seul Philippe Eymery, conseiller régional et élu municipal dunkerquois (FN), a apporté son soutien à l'initiative. Il est vrai qu'Aurélien Verhassel et lui se connaissent de longue date. Le jeune "identitaire" ayant été conseiller-presse de l'élu frontiste. "Je suis pour la liberté de réunion. C'est un club privé…", a déclaré Philippe Eymery dans les pages de La Voix du Nord, ajoutant qu'il viendrait "certainement" dans le club lillois. Des moyens d'action limités Martine Aubry, tout en dénonçant l'ouverture de ce cercle, a néanmoins reconnu que sa marge de manœuvre est réduite. "C'est un club privé, géré par une association autorisée", observe-t-elle. " Si l'on constate des troubles, des provocations, ou des atteintes à la loi, on répondra. Ça ira du procès-verbal jusqu'à la fermeture", ajoute-t-elle, soulignant "être extrêmement attentive". Mais son entourage reconnaît sans ambages que les leviers juridiques manquent pour "aller plus loin". Même son de cloche à la préfecture où l'entourage de Michel Lalande, préfet du Nord (et des Hauts-de-France), rappelle que la réglementation applicable à un "cercle privé" limite ses moyens d'action. Il avait reçu un courrier virulent du député communiste Jean-Jacques Candelier, le 27 septembre, dénonçant l'absence de réaction des services de l'État face à ce "lieu ségrégationniste" qu'il compare à une "boîte de Pandore"... L'ouverture d'un club comme La Citadelle est régie par l'article 1655 du code général des impôts mais aussi par des dispositions du code de la santé publique. Aurélien Verhassel se plaignait dans le journal Présent, paru le 5 octobre, d'avoir subi une visite de la "sûreté urbaine pour le débit de boisson alors que La Citadelle est un local associatif". Il y regrettait qu'on lui "colle" la même législation que les cafés et bistrots avec toutes les contraintes que cela comprend en termes de normes de sécurité. "Nous avons (même) eu droit aux huissiers et à la brigade financière", se lamentait-il.
Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X